‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 100 sur 273 · PÉRIOSTITE, OSTÉITE, CARIE ET NÉCROSE DE L'ORBITE. (P · texte numérisé non relu

PÉRIOSTITE, OSTÉITE, CARIE ET NÉCROSE DE L'ORBITE. (P

Il peut être bon, dans quelques cas, de mettre à nu l'os atteint de carie, afin de l'enlever au moyen d'un ostéotrite (1), instrument ressemblant à celui que les dentistes appellent millhead. On le fait pénétrer dans l'os par un mouvement de rotation, de façon à détacher la portion malade.

§ I. Périorbitis aiguë. (P. 40.)

Obs. 4. — Périostite de l'orbite et périneuritis du nerf optique (2). — Caroline Wrùgler, manouvrière,âgée de quinze ans, souffrait depuis le commencement de l'année 1862 de maux de tète violents et rémittents. Bientôt ses glandes sous-maxillaires droites devinrent le siège d'un gonflement qui la décida à se soumettre à un traitement. Dans les premiers jours d'avril, elle fut prise d'une céphalalgie intense, occupant surtout la région sus-orbitaire,el qui dura trois jours : au bout de ce temps, la malade avait perdu l'usage de l'œil droit. Le 23 avril 1862, nous voyons cette jeune fille : elle est chétive et anémique. Les glandes sous-maxillaires droites sont gonflées, la peau est légèrement rouge; nous ne percevons aucune fluctuation. La fente palpébrale droite est plus élevée que la gauche. Par suite d'une exophlbalmie, l'œil correspendant se meut très difficilement en dehors; il ne s'élève et ne s'abaisse qu'avec peine, mais se porte aisément en dedans. La pupille est modérément dilatée. L'examen ophthalmoscopique montre une hypermétropie plus prononcée à droite qu'à gauche; la papille est blanchâtre, opaque, irrégulière; les artères sont petites, les veines ont augmenté de calibre; les vaisseaux font, au bord de la papille, un léger coude. L'absence complète de douleur, de rougeur et de gonflement des paupières pouvait seule inspirer des doutes sur l'existence d'une inflammation du tissu graisseux de l'orbite ou d'une tumeur rétro-bulbaire; néanmoins le diagnostic fut suspendu. Nous prescrivîmes des lotions de teinture d'iode sur les glandes, et de l'huile de foie de morue à l'intérieur. Le 23, il survint une attaque violente de maux de tête qui se répétèrent jusqu'au 7 juin. Cependant la malade prit de l'embonpoint, et l'état local s'améliora pendant tout le mois de mai. L'exophlhalmie diminua notablement; l'œil recouvra sa mobilité normale en haut et en bas; en dehors, ses mouvements gagnèrent deux millimètres, mais l'amaurose resta ce qu'elle était. Le 31 juin, la malade, ayant, malgré nos recommandations, essayé de travailler, sentit ses maux de tête augmenter pendant la nuit et fut prise de vomissements : son pouls se ralentit, sa face se congestionna; mais l'exophlhalmie ne fit pas de progrès.

Une méningite devint manifeste : nous prescrivîmes des compresses glacées sur le front, du calomel à l'intérieur et des sinapismes. Pendant la nuit du 4 juin, la malade tomba dans le coma. Vers le soir du 5, nous ne pûmes constater chez elle aucun symptôme de paralysie; mais elle avait perdu toute connaissance, était fort agitée et poussait

(1) Voyez, sur l'ostéotrite, Marshall, Lancct, 1857, Jun. 20, p. 628.

(2) Horner. Klinische Monatsblitlter fur Augenh. 1865, B. I, S. 71.

Autres faits : Inflammation des membranes qui tapissent l'orbite, par Craig (Edinb. Med. Journ. 1855). — Von Graepe (Arch. fur Oph. B. I, Ab. 1, S. 450). — De la périostite aiguë et chronique de l'orbite, par White Cooper (Lancet, 1862, Jun. 7, p. 595). — Du diagnostic, etc. par DeGraefe (Oplilhalmic Review, 1864, n° 3, p. 157, ou Klin. Monatsb. f. Aug. 1865, B. I, S. 49). — Périostite du sommet de l'orbite, déterminant la paralysie des 5e, 4e et 6e paires et des branches orbitaires de la 5e, avec ophthalmoptose, par Workmann (Oph. IIosp. Rep. 1864 , Vol. IV, p. 114).) — Observation de carie et nécrose de l'orbite, par Hewett (Lancct, 1864, Fcb. 20, p. 205). — Tumeur de l'orbite, abcès cérébral, par Heymanw (Arch. fur Ophth. 1860, B. Vil, Ab. 1, S. 135.

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