III. Il
dent qu'il s'agissait d'un carcinome. La masse cancéreuse pénétrait dans les orbites, surtout dans le droit, et dans les fosses nasales. Il y avait aussi des dépôts cancéreux dans la paupière supérieure droite. La cavité de la tumeur, ainsi qu'on avait pu le reconnaître pendant la vie, était remplie de masses cancéreuses ramollies et nécrotiques. A la circonférence de la tumeur, le périoste était détaché de l'os, mais paraissait sain. Rien à signaler sur la partie supérieure du crâne.
I. La dure-mère est plus tendue à droite qu'à gauche. Lorsqu'on l'incise, il s'échappe une quantité considérable d'un fluide épais et fétide. Un liquide semblable recouvre la face interne de la dure-mère et la surface externe de la pie-mère. La face interne de la dure-mère a perdu son lustre, elle est vascularisée par places et recouverte d'exsudations qui y adhèrent fortement. On trouve en certains points, sous les exsudations, des taches d'un rouge sale foncé, restes d'anciens épanchements sanguins. Ces exsudations et ces taches sont surtout nombreuses dans les points qui correspondent aux lobes cérébraux antérieurs. La surface de la pie-mère est recouverte d'un pus qu'enlève facilement un filet d'eau; les parties latérales sont aussi recouvertes de pus, mais inférieurement on n'en trouve que sur les lobes antérieurs. En enlevant la pie-mère, on trouve une quantité considérable d'un pus jaune et épais, rassemblé entre le repli falciforme et les lobes postérieurs de l'hémisphère droit. Les vaisseaux de la pie-mère sont volumineux et gorgés de sang, la membrane elle-même est épaissie, plus résistante, et infiltrée de pus. L'hémisphère droit du cerveau contient deux abcès un peu plus volumineux qu'une noisette. L'un était dans le lobe antérieur, au-dessus du tractus du nerf olfactif et de la lame criblée de l'ethmoïde ; l'autre dans le lobe postérieur, près de la surface interne, où se trouvait la collection de pus. Le contenu des abcès et leurs parois consistaient en un magma de substance molle, déchiquetée et en voie de décomposition. Dans le voisinage des abcès, on apercevait les altérations propres à l'inflammation du cerveau. Ailleurs on ne trouvait qu'un pointillé sanguin.
IL La dure-mère enlevée, on n'observe pas à sa face interne les mêmes altérations que celles trouvées à droite. La pie-mère, qui recouvre le lobe antérieur, est recouverte de pus. Le lobe lui-même contient un abcès occupant le même siège qu'à droite. La substance cérébrale est dans le même état qu'à droite. Les plexus choroïdes ne sont point injectés de sang. En enlevant le cerveau, on constate que la dure-mère, en avant, au niveau de l'abcès, est ramollie, qu'elle se déchire aisément, et a une coloration grisâtre ; cependant elle est entière. La face externe de la dure-mère, qui tapisse les fosses antérieure et moyenne, présente de petites tumeurs cancéreuses isolées, comme de petites verrues, du volume d'un pois ou plus petites encore. Ces tumeurs sont granuleuses, assez dures et d'un rouge sale; les unes ont une base large, d'autres sont pédiculées; quelques-unes sont contenues dans des cavités de la table interne, d'autres dans le diploé. Il y a entre ces cavités des points où la table interne est amincie, molle, semi-transparente, vitreuse et ressemble à du cartilage. Au-dessous de ces points, il y a dans le diploé des masses cancéreuses. En 1857, le docteur J. Minkiewicz avait fait des expériences sur l'action de l'acide lactique sur les os. Il plongeait de petits morceaux d'os dans l'acide tartrique dilué et les y laissait macérer de une à deux semaines. Il se montrait alors vers les bords une couche mince d'apparence cartilagineuse, transparente, molle et élastique. La table externe du crâne présentait le même aspect dans les points où elle recouvrait des masses cancéreuses. Les principaux changements des os de la tête consistaient dans la destruction des portions horizontale et moyenne du frontal, et de l'os elhmoïde. Pour se livrer à un nouvel examen plus complet, on mit macérer la tête et l'on enleva les parties molles avec précaution; il devint alors évident que la destruction portait sur la portion inférieure et moyenne du coronal, sur les portions nasale et orbitaire du même os, sur l'ethmoïde, les os nasaux, une portion de la petite aile gauche du sphénoïde, sur toute la petite aile droite et l'apophyse ptérygoïde du même os, sur la partie supérieure de l'apophyse nasale du maxillaire supérieure. Les bords de la portion restante du frontal étaient partout irréguliers, brisés et comme corrodés. Les lamina externa ad lineas semilunares avaient perdu leur poli ; elles étaient poreuses et irrégulières. La lamina ad tineam mediam était tout à fait normale. On n'eut pas recours à l'examen microscopique.
Ce cas de cancer est remarquable en ce qu'il a été la conséquence d'un coup, et en ce que, malgré les désordres considérables des parties avoisinanl l'œil, celui-ci est resté