‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 123 sur 273 · III. vi · texte numérisé non relu

III. vi

ou applique alors sur le naevus un petit disque de bois, sur lequel on serre le fil de manière à agir ainsi en même temps par ligature, compression et effet chimique (1). On assurerait ce triple effet, si, au lieu d'un seul fil, on en appliquait deux, perpendiculaires l'un à l'autre, qu'on serrerait ensuite.

5. M. Gay (2) a fait l'excision de ces sortes de tumeur : il passe d'abord une ou plusieurs aiguilles à leur base, puis fait son excision au-dessus d'elles et rapproche ensuite les bords de la plaie au moyen de la suture entortillée, en plaçant un fil autour des aiguilles. Quand l'application en est possible, la pince à anneau de M. Desmarres peut être ici très utile en diminuant la perte de sang.

6. La ligature de la carotide externe, parfois celle de la carotide primitive ont été pratiquées. M. Bertherand a dû faire celle-ci, après que la première avait été reconnue insuffisante, sur un enfant de quatre mois et demi, apporté à l'hôpital d'Alger, pour un naevus couvrant toute la fosse temporale gauche, s'étendant en haut jusqu'au vertex, en arrière jusqu'à la protubérance occipitale, et occupant en bas les paupières qui ne pouvaient plus s'ouvrir. Il ne survint aucun symptôme fâcheux et le malade guérit (5).

7. Parmi les moyens médicamenteux qui comptent des succès, il faut citer la teinture d'iode, dont les applications topiques ont fait disparaître plus décent naevi qui existaient chez un seul enfant (4), et le collodion au sublimé (une once de collodion sur un gros de sublimé corrosif). Il se développe toujours, à la suite des applications caustiques ou seulement irritantes, de celles même de collodion simple, une certaine inflammation qui s'étend aux vaisseaux dilatés et se termine par la formation d'une croûte. M. Zicsel préconise un composé de diachylon et de tartre émétique; on l'applique sur le naevus, qu'il dépasse un peu et on le maintient en place à l'aide de bandes de papier gommé (5).

Obs. 39. — Tumeur érectile de la paupière, guérie par la cautérisation interstitielle (6). — Le malade n'élait âgé que de huit mois, lorsqu'il fut apporté, en octobre 4862, au London Ûphllialmic Hospital. Le naevus occupait toute la paupière supérieure gauche, qui ne pouvait être relevée. La peau était elle-même comprise dans la tumeur. Après avoir administré un peu de chloroforme, le chirurgien enfonça un grand nombre de fois dans la tumeur une aiguille chauffée à la lampe à alcool. On se contenta pour tout pansement d'une compresse trempée dans l'eau froide. Un mois environ après, le nœvus

(1) Lanect, 18ii7, Ang. 7, p. 143.

(2) Lancet, 18151, Dec. 14, p. S68.

(5) Wardiiop a opéré ainsi un enfant de six semaines, qui en mourut. Mato un sujet de cinq mois, chez qui il y eut récidive. AIayok a encore pratiqué la ligature sur un enfant de sept mois, Uogers sur un autre de huit mois, Pirocoff sur un troisième de neuf mois, et Zeis, sur un enfant de quinze mois : les deux premières de ces opérations furent suivies de succès, mais les deux autres entraînèrent la mort. (Gaz. méd. de Paris, 18G3, 21 mars.)

(4) Lancet, 1858, Jan. 10, p. 63.

(15) Mcd. Times and Gaz., 18(54, Oct. 215, p. 44Î5.

(6) WoitDswonTii. Lancet, 18(i3.

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