‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 137 sur 273 · INCISION DES POINTS LACRYMAUX · texte numérisé non relu

INCISION DES POINTS LACRYMAUX

I. Point lacrymal inférieur. — M. Bowman conseille d'introduire, jusqu'aux abords du sac, dans le canal lacrymal, une sonde cannelée d'un calibre approprié; puis, tendant la peau en dehors et en bas, au moyen de l'annulaire de la main gauche, de faire passer entre le pouce et l'index de la même main l'instrument que l'on tenait jusquelà de la main droite : cela fait, d'inciser le canal au moyen d'un couteau à cataracte conduit sur la cannelure, jusqu'à la caroncule. Un procédé plus simple consiste, après avoir bien tendu la peau, à passer dans le point lacrymal, et jusqu'à destination, la branche légèrement émoussée de petits ciseaux bien effilés, puis, en en rapprochant les branches, de faire la section voulue. 11 importe beaucoup, dit M. Oitchett (1), de n'inciser la muqueuse que dans le point où l'on coupe toute l'épaisseur du canal; il faut pour cela de très bons ciseaux. Après l'opération, il est nécessaire de revoir le sujet à des intervalles rapprochés, afin d'empêcher la réunion et d'obliger les bords de l'incision à se cicatriser isolément : si les parties se sont réunies, on déchire les adhérences au moyen de la sonde. Nous avons l'habitude deprescrire aux malades, pour prévenir cette agglutination, d'instiller dans le coin de l'œil, toutes les heures, une goutte de glycérine, et nous nous en trouvons bien.

Iî. Point lacrymal supérieur. — Les deux procédés que nous venons de décrire conviennent aussi , à la rigueur, pour les points supérieurs, mais ils y sont d'une application difficile. Pour les simplifier, M. Weber a fait conlruire un petit bistouri fa Ici for me, terminé par une extrémité mousse que l'on engage dans le point lacrymal ; il suffit de le pousser jusqu'au sac pour inciser largement le conduit. Malheureusement, cette lame concave, à la façon dont elle est disposée, n'agit guère que par pression, ce qui nécessite un assez grand effort, rendu plus indispensable encore par la défectuosité d'un tran-

interne de la paupière, évitant ainsi toule plaie extérieure. Il passait alors une sonde dans le canal nasal, qu'il faisait sortir par la narine, puis qu'il armait d'un fil à l'aide duquel il attirait, au bout de deux jours, une mèche dans le canal nasal. (Pouteau. Mélanges de chirurgie, Lyon, 17i0, pp. 100-104.)

(1) Critchett. Leçons sur les maladies de l'appareil lacrymal, professées à Moorfields Hospital. (Ann. d"Ocul.,'i864, t. LI, p. 83.)

chant, que sa forme permet rarement de rendre parfait. On a obvié en partie à cet inconvénient en diminuant la courbure de la lame jusqu'à en faire disparaître presque entièrement la concavité. Néanmoins, l'instrument à lame cachée fabriqué par M. Luër, sur les indications de M. Giraud-Teulon, y est encore de beaucoup préférable. L'extrémité très déliée de cet instrument étant introduite jusqu'au sac, une lame, cachée jusque-là dans sa cannelure, vient, poussée par le doigt indicateur posé sur le boulon, faire saillie et inciser le conduit (fig. 22). On a reproché à cet instrument la diflicullé de son entretien, mais on n'y a pas assez songé : la lame se retire, au contraire, le plus aisément du monde et se prête de même au nettoyage le plus minutieux. L'emploi en est commode, comme ingénieuse l'idée qui y a donné naissance.

Parfois, quelque déliés que soient les instruments, il est difficile ou même impossible de leur faire traverser un point lacrymal contracté ou rétréci, au point d'en être devenu presque imperceptible : nous conseillons, dans ces cas, de préparer la voie par l'introduction, toujours possible, d'une épingle ordinaire de forte dimension, représentant en somme une sonde conique, que l'on n'a pas toujours sous la main : quand on la retire, après l'y avoir laissée séjourner quelques instants, le point est béant et se prête aisément au passage des instruments.

M. Browne reproche à l'incision des points lacrymaux d'enlever à ces organes l'exercice intégral de la fonction qui leur est dévolue : pour le leur conserver, il laisse ces points intacts et incise les canaux lacrymaux jusque dans le sac. sans les intéresser (1).

Si l'incision des points lacrymaux présente en effet les inconvénients que M. Browne lui impute, ce que l'avenir apprendra, on pourra y suppléer par la dilatation tem- 22.) poraire de ces points, au moyen de sondes de laminaria, qui pourra, comme celle-ci, permettre l'introduction de sondes dilatantes du canal nasal. Seulement, ou bien la dilatation qui en résultera sera toute temporaire, et il faudra y procéder à chaque séance, ou bien elle sera définitive et participera, dès lors, des inconvénients éventuels de l'incision.

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