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DES DIFFÉRENTES ESPÈCES DE SONDES

A. Forme des sondes. — Les sondes de M. Bowman sont d'un

(1) Browne. On Watery Eyc. (Dublin Journal of Mcd. Science. 18C0.)

argent malléable, se prêtant aux différentes courbures qu'on peut vouloir y donner, cylindriques et comptant six numéros, depuis le n° \, delà grosseur d'un tort crin, jusqu'au n° 6, dont le diamètre est d'un millimètre environ. Elles ont une légère courbure qui leur permet de s'adapter à l'axe de L'orifice du canal nasal. Les nos 1 à 4 ne servent guère que pour les canalicules, les nos 5 et 6 pour les canalicules et le canal nasal (11g. 24). — M. Weber se sert, pour forcer les rétrécissements, d'une sonde métallique bicône (tig. 23), dont l'une des moiliés correspond, par sa petite extrémité, au n° 1 deBowman, et atteint, au bout de 50 à 55 millimètres, de 1 millimètre et demi à 2 millimètres de diamètre; l'autre moitié de la sonde oflfre, aux mêmes distances de son ex! rémité libre, une épaisseur de2à5 millimètres et demi. Celle sondeesl graduée et répond au double but de déterminer le siège du rétrécissement et de forcer celui-ci pour l'introduction des bougies qui correspondent aux nos 5 et 6 de Bowman (1). iXous nous servonsdepuislongtempsd'unesonde conique, établie sur ces mêmes principes, et dont l'introduction, lors des premières tentatives, prépare admirablement la voie à l'introduction des autres. La forme recliligne ne convient pas aux sondes métalliques, rigides,, que l'on veut faire pénétrer jusqu'au plancber des fosses nasales; la forme et la direction du canal ne s'y prêtent pas; pour le calbétérisme à fond, M. Bowman leur a donné une courbure spéciale (il en faut une pour cbaque côté), moyennant laquelle elles descendent facilement, si on leur fait subir un léger mouvement de rotation; elles sont assez résistantes pour franchir les obstacles qu'elles peuvent rencontrer.

B. Substance des sondes. — a.) Sondes métalliques. Elles sont d'argent ou de plomb : les premières, auxquelles appartiennent celles de .AI. Bowman et de M. Weber, sont d'un excellent usage : il faut se méfier d'elles néanmoins, lorsque, après avoir franchi le détroit supérieur (entrée du canal nasal), on rencontre quelque résistance dans le reste du parcours : en voulant la forcer, on s'expose à causer des

(Fig- 25.)

(Fig- 24.)

(1) Weber. Arehiv fur Opht., 1861, B. VIII, Ablh. 1, S. m.

désordres et surtout des éraillures de la muqueuse, qu'il faut éviter avec soin. Les sondes de plomb, plus flexibles, sont peut-être moins dangereuses, et partant préférables dans ces circonstances.

b.) Sondes de baleine. — Flexibles, mais offrant néanmoins une suffisante résistance, ces sondes conviennent dans tous les cas où il est nécessaire de faire un certain effort, qu'elles rendent moins dangereux que la sonde de métal rigide. En général, elles plaisent davanlage aux malades, qui les trouvent non-seulement moins inflexibles, mais, nous disait l'un d'eux, moins inexorables ; car elles se plient aux embarras du chemin, égards qu'il ne faut pas attendre des sondes d'argent, devant lesquelles tout ce qui ne cède pas doit se rompre, si l'on y met de l'insistance et l'effort souvent nécessaire à leur marche.

c.) Bougies élastiques. — M. Weber les a substituées, dans sa pratique, aux sondes métalliques (1) : La plus mince correspond au n° 5 de M. Bowman; il y ajoute, comme dernier moyen de dilatalion, des bougies de cire qui, larges, à Tune de leurs extrémités, de un millimètre etdemi à deux millimètres, s'accroissent assez brusquement jusqu'à quatre millimètres. Elles sont munies d'un mandrin, qui doit les traverser jusqu'à leur extrémité, dépourvue de renflement olivaire. M. Weber commence le sondage avec les bougies les plus faibles, et arrive vite aux bougies d'une épaisseur de trois millimètres et aux bougies de cire, dont l'introduction l'oblige à ouvrir largement le conduit lacrymal supérieur, et même à inciser en partie le ligament palpébral interne.

d.) Sondes de laminaria digitata. — Recommandées, pour le traitement des coarclations des voies lacrymales, par M. Critcbett (2), ces sondes ont pour objet la dilatation excentrique et progressive des conduits dans lesquels on les a introduites. La substance dont elles sont formées appartient à une plante marine, signalée parle docteur Sloan (d'Ayr) et ayant pour propriété de se gonfler au contact de l'humidité, jusqu'à atteindre un volume considérable et en rapport avec la durée de ce contact. M. krohiie, de Londres, en a fabriqué de quatre calibres différents, répondant à peu près aux nos un à quatre de M. Bowman. Privées, par cet habile fabricant,- des matières salines qui les rendaient irritantes et raboteuses, ces sondes sont aujourd'hui parfaitement lisses et rigides, au même degré que les sondes de baleine du calibre correspondant. Placées dans le canal nasal, elles s'y gonflent plus ou moins, selon la résistance qu'elles y rencontrent; il en résulte que les parties situées au-dessous des rétrécissements y prennent des dimensions telles, qu'il est difficile ensuite de leur faire franchir ces derniers. Pour pallier ce que cet effet peut

(\) \Vi:i)En. Loc. cit.

' Critcbett. Loc. cil.

avoir d'excessif et partant de fâcheux, il suffit, ou bien de recouvrir de vernis au copal la partie delà sonde dont on veut empêcher legonflement, ou bien, la sonde une fois placée et destinée à séjourner un temps plus ou moins long, de la retirer d'un millimètre ou deux toutes les deux ou trois minutes, de façon à rendre la différence du calibre moins sensible et parlant la dilatation successivement plus étendue.

Si l'on préfère employer le vernis, il faut prendre d'abord l'empreinte du rétrécissement, au moyen d'une bougie de laminaria de petit calibre, que l'on relire bientôt, après avoir marqué d'un trait le point exact de son émergence extérieure : ces deux points de repère établis, il n'est pas diflicile de remettre en rapport le rétrécissement et la partie de la sonde destinée à le dilater et laissée, par conséquent, dépourvue de vernis, tandis que tout le reste en a été revêtu. Moyennant cette précaution, ou la manœuvre que nous avons indiquée, l'emploi des sondes de laminaria peut être très utile et l'est, en effet, surtout au début du traitement, dont elle accélère incontestablement la marche, en permettant, au bout de très peu de jours, l'introduction de soudes métalliques de fort calibre.

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