RÉFRACTION STATIQUE ET RÉFRACTION DYNAMIQUE. XIII
en des instants différents, c'est-à-dire lors d'éclairages variables, aux distances les phts différentes.
3° Mais la démonstration péremptoire de l'indépendance de l'accommodation, eu égard ù l'iris, a été donnée par une observation de M. de Graefe : Dans un cas de traumatisme de l'œil, suivi d'aniridie (ablation de l'iris) complète, avec conservation de la faculté visuelle, l'accommodation était demeurée intacte; ajoutons que, dans cette même expérience, on a constaté que, pendant l'accommodation rapprochée, les procès ciliaires, auxquels M. Rouget avait attribué un rôle compressif sur le cristallin, ne se sont jamais mis en contact avec cette lentille, non plus que le muscle ciliaire (de Graefe).
24. Démonstration directe. — L'accommoda lion de la vue aux objets rapprochés est procurée par une modification éprouvée par le cristallin. Cette modification consiste dans une altération de sa forme. Le caractère saillant de cette altération consiste en ce que sa surface antérieure devient notablement plus convexe et se rapproche d'une façon marquée de la cornée; la surface postérieure, dont la courbure augmente aussi un peu, ne change pas de situation.
La démonstration directe de cette proposition est fournie par l'observation, au moyen d'instruments amplificateurs des trois images par réflexion que donnent, d'un objet brillant, la surface de la cornée, la surface antérieure du cristallin et sa surface postérieure. Ces images sont connues sous le nom dunages de Purkingé et de Sanson. Les deux premières sont droites, la troisième est renversée.
Les figures ix et x montrent ce que deviennent ces images pendant le passage de la vision distante à la vision rapprochée.
A représente leur situation dans l'œil accommodé à distance; B dans l'œil adapté pour la vision rapprochée. Dans les deux figures, a est l'image réfléchie donnée par la cornée, b celle de la surface antérieure, c celle de la surface postérieure du cristallin. Dans la figure B, on remarque que l'image b est notablement plus petite et qu'elle s'est rapprochée de l'image cornéenne, ce qui implique une augmentation de la courbure de la surface correspondante ou antérieure du cristallin. Helmholtz a reconnu, en outre, un changement analogue dans l'image c, mais peu marqué relativement; la surface postérieure de la lentille devient donc aussi quelque peu plus concave en avant; mais la différence est légère.
L'image cornéenne demeure, elle, absolument invariable.
Les changements éprouvés par lesdites surfaces peuvent être formulés schématiquement dans la figure x (V. page xiv) :
AA' est l'axe de la cornée que nous supposerons être aussi celui du cristallin. C représente la cornée, L le cristallin ; la ligne ponctuée de celui-ci donne la forme correspondante à la position des images en B dans la figure précédente.
/"est la flamme objective; o l'œil observateur; II' le plan de projection monoculaire desimages vues par réflexion, a, b, c, la position des images dans l'expérience A; a, b',c, dans l'expérience B.