Si la rétine ne s'éloigne pas du cristallin, pour les
besoins de l'accommodation, le cristallin ne s'éloigne pas davantage
de la rétine.
La lentille oculaire étant suspendueen équilibre entre deux liquides contenus en espaces clos (humeur aqueuse, humeur vitrée), ne saurait, en effet, changer de place, avancer vers la cornée, sans comprimer ou déplacer l'humeur aqueuse. Mais celle-ci est incompressible et il n'y a point de communication connue entre elle et le corps hyalin. Le cristallin ne peut donc se mouvoir en avant sans éprouver en même temps une altération de forme. D'après cela :
20. — C'est la force réfringente propre du système dioptrique qui doit, par ses modifications, répondre aux nécessités de l'accommodation aux distances.
Or, nous avons vu plus haut ( 6 ) que le système dioptrique pouvait être considéré comme formé de deux lentilles collectives, agissant cumulativement; la première, de 31mra69 environ de longueur focale, représentant l'action de la cornée unie à l'humeur aqueuse; l'autre de 22mn,50, représentant le cristallin uni à l'humeur vitrée, et placée à 4 millimètres de la première. L'action totale de ces deux lentilles répondant à une longueur focale de llram50 ( 15 ).
La modification de cette action totale ne peut évidemment dépendre que de l'une ou de l'autre de ces deux parties élémentaires ou de toutes deux ensemble. Or, les expériences caloptriques de Young, de Haldat, Max Langenbeck, Cramer, Helmholtz, ont fait voir que les images par réflexion d'un objet brillant dans la cornée, ne variaient aucunement pendant le passage de la vision distante à la vision rapprochée.
21. — La cornée est donc invariable de forme pendant l'exercice de l'accommodation.
D'autre part, étudiant les modifications de l'exercice de la vue chez deux sujets privés de cristallin, par l'opération de la cataracte, M. Donders a établi que:
22. — En l'absence du cristallin, il n'y a plus trace de pouvoir accommodatif.
Tout indique donc déjà que c'est dans les fonctions du cristallin que devra siéger la faculté accommodalive, que c'est cette lentille dont la forme devra varier. Avant d'arriver à la démonstration directe de celle vérité, un mol encore sur une hypothèse, la dernière de celles qui ont été émises sur ce mécanisme.
25. — L'iris, dont les mouvements sont isocbrones avec ceux de l'accommodation, est cependant indifférent à cet acte ; il ne le tient pas sous sa dépendance.
1° En effet, la dilatation et la contraction de l'ouverture pupillaire s'exécutent en sens inverse de ce qu'il devrait être si le degré de celte ouverture avait pour objet d'éliminer, à un instant donné, les rayons périphériques, rayons dont le foyer est le plus rapproché de la lentille.
2° L'expérience enseigne qu'avec un même degré d'ouverture pupillaire, on voit,