V. Rupture spontanée du globe de l'œil
L'observation suivante qui, à notre connaissance, est unique dans son genre, démontre que l'œil peut se rompre spontanément, ou du moins sans l'intervention d'une cause vulnérante extérieure.
(Il Testeux. Inédile.
Obs. 160(1).— Reoijen Pond, matelot, âgé de 50 ans, entrai l'hôpital de Pensylvanie, le 22 septembre 1856. Il avait eu, deux ans auparavant, une affection de l'œil droit qui s'était terminée au bout d'un mois par la perle de la vuedececôlé; depuis lors, il n'y avait rien éprouvé de particulier; seulement, dans les deux jours qui avaient précédé son accident, son œil avait été le siège de battements très douloureux, mais il n'avait pas augmenté île volume. Après une journée passée à un travail qui l'obligeait à se baisser souvent, Pond s'entretenait avec l'un de ses camarades, lorsque subitement il sentit une douleur aiguë dans son œil droit, qui laissa presque aussitôt échapper un jet de sang. Il entra ;'i l'hôpital, en proie aux plus vives souffrances. Du sang artériel continuait à s'écouler, à travers une déchirure transversale de la cornée; en introduisant un stylet, on ne renconlrait pas de traces du cristallin ni de son enveloppe; à tout autre égard, l'œil ne différait pas de celui du côté gauche. On arrêta riiémorrhagie en introduisant, à travers la fente de la cornée, une mèche trempée dans du perchlorure de fer, et l'on fit ensuite des applications froides. La suppuration s-'établit, puis des bourgeons de bonne nature se développèrent, et la déchirure de la cornée se cicatrisa. Le globe oculaire avait un peu diminué de volume quand le malade, guéri, sortit de l'hôpital le 31 octobre.
Il est fâcheux que, dans cette intéressante observation, l'état antérieur de l'œil n'ait pas été mieux connu, et que l'auteur n'ait pas jugé à propos de donner une description plus complète de celui dans lequel il se trouvait au moment de la sortie du malade.
SECTION VIII