‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 194 sur 273 · PIITUALM1TIS RÉFLEXE OU SYMPATHIQUE · texte numérisé non relu

PIITUALM1TIS RÉFLEXE OU SYMPATHIQUE

seul de l'action réfiexe partie du premier. De là la nécessité d'agir spécialement sur celui-ci, en vuedes accidents dont il menace son congénère, si celle influence réflexe promet de se faire sentir ou a déjà manifesté ses premières atteintes.

Les maladies susceptibles de donner lieu au développement de désordres sympathiques sont: l'iritis, l'irido-choroïdile, la choroïdite chronique, les slaphylômes irido-cornéens ou choroïdiens antérieurs, et le glaucome consécutif.

1° Iritis. — En dehors des cas déterminés par la dyscrasie syphilitique, qui donne lieu au développement du mal à peu près en même temps dans les deux yeux, l'iritis, due aux autres causes, reste souvent bornée à un seul œil, à la seule condition quecelle-ci ait été guérie radicalement, c'est-à-dire sans synéchies. Quand, au contraire, il est resté des synéchies postérieures nombreuses, l'affection du second œil est la règle. Dans ces cas, celui-ci devient le siège de poussées inflammatoires réitérées se terminant par des altérations souvent très graves, si l'on n'est pas parvenu à éloigner les synéchies du premier, qui doivent en être considérées comme le point de départ. Quand celles-ci ont été détruites, tout symptôme morbide réflexe disparaît d'ordinaire. On a remarqué que l'iritis sympathique survient plus promptement à la suite de l'iritis traumatique qu'après l'iritis spontané; mais, dans les deux cas, les conséquences en sont les mêmes. Dans un cas cité par Wardrop (1), l'inflammation frappait le second œil, trois semaines seulement après une lésion traumatique de l'autre.

2° Irido- choroïdite. — Un œil atteint de cette affection, fût-elle passée à l'état chronique et eût-elle déterminé l'atrophie du globe, peut réagir sympathiquement sur son congénère, même dans le cas où cet œil n'est le siège que d'une irritation à peine appréciable, s'exprimant seulement par une légère sensibilité de l'œil au toucher, principalement dans la région ciliaire: l'existence de cicatrices de l'œil, la présence, dans son intérieur, de corps étrangers, de cristallins blessés ou luxés, de tumeurs, d'exsudals hémorrhagiques, de toutes les causes en un mot, capables d'y maintenir un état continu d'irritation, peuvent donner lieu à des désordres sympathiques sur l'œil jusque-là demeuré sain.

5° Staphylomes. — Les synéchies antérieures, avec ou sans staphylôme de la cornée, donnent lieu à un état anormal de l'iris, à des tiraillements de cet organe et, par suite, à un état d'inflammation chronique ayant une grande tendance à se communiquer au muscle ciliaire et à la choroïde: de là une irritation sourde, cause de phénomènes sympathiques fréquents et qui ne disparaissent que par l'atrophie du globe malade ou son énucléation. C'est surtout dans les cas

(1) Morbid Analomy of tlie liuman Eye. Vol. Il, p. 140.

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où tout l'hémisphère antérieur du globe est propulsé en avant que ces désordres sont imminents.

4o Glaucome. — Quand le glaucome chronique est consécutif à des lésions ectasiques de la nature de celles renseignées ci-dessus, il peut donner lieu à des réactions réflexes. Il n'en est pas de même du glaucome primitif.

2. Les désordres sympathiques, survenant à la suite d'affections non traumatiques, peuvent être les mêmes que ceux qui accompagnent les blessures de l'œil; il faut dire cependant que ces désordres ont une grande tendance, en vertu de ce consensus oculorum dont on ne saurait méconnaître l'existence, à prendre le caractère de l'affection dont ils sont le contre-coup. C'est ainsi que l'iritis et l'irido-choroïdite donnent lieu d'ordinaire à une maladie de même nature à l'autre œil, et que le glaucome et les synéchies antérieures éveillent de préférence des désordres ressortissant à une exagération de la pression intra-oculaire. On comprend dès lors que ce genre d'ophthalmies sympathiques diffère, jusqu'à un certain point, de celui qu'occasionnent les désordres traumatiques, qu'ainsi la gravité n'en est pas aussi élevée et que les ressources de la thérapeutique n'y sont pas aussi impuissantes.

Quoi qu'il en soit, la première indication qui se présente est de faire disparaître l'œil primitivement affecté, soit par énucléalion, soit en y déterminant, ainsi que l'a conseillé M. de Graefe, une choroïdite purulente, en passant au travers du corps vitré, un fil qu'on y laisse pendant plusieurs heures, et qu'on en relire dès que des signes d'inflammation s'y produisent.

Quant à l'œil sympathiquement affecté, l'iridectomie peut-être très utile dans tous les cas où les désordres se bornent à des synéchies postérieures et que le cercle ciliaire n'est pas encore affecté.

5. L'ophthalmie sympathique n'est pas toujours de nature inflammatoire. Ainsi M. de Graefe a cité une observation d'où il résulte que le mal qui avait fini par atteindre l'œil resté sain appartenait à la classe des amauroses (obs. 225). Dans ce cas, l'action sympathique s'était évidemment propagée par l'intermédiaire des nerfs optiques, et il est permis de se demander si la section de ce nerf, du côté de l'œil primitivement atteint, n'aurait pas suffi à l'arrêter. Dans un cas où une maladie de la rétine et du nerf optique d'un œil avait été suivie d'une affection semblable du second œil, que tout indiquait être sous la dépendance du premier, M. Reindorf eut recours à ce moyen, dont il relira immédiatement un avantage marqué (obs. 224).

Obs.2'23(l).— M. S..., âgé de trenle-septans, entredans ta cliniquedeM.de Graefe pour une céeiié de l'œil gauche, à laquelle se sont joints récemment, des symptômes inquiétants

(I) De Graefe. Arcli. fur Ophtli. 18G0, B. VI, Ablh. 2, S. 2C7.

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