‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 199 sur 273 · OPACITÉS DE LA MEMBRANE HYALOÏDE ET DU COUPS VITRÉ · texte numérisé non relu

OPACITÉS DE LA MEMBRANE HYALOÏDE ET DU COUPS VITRÉ

rare, on les voit reprendre leur position primitive, après avoir été un moment ébranlées : autre chose est des corps tenants, proprement dits, dont le poids spécifique leur permet de tomber au fond d'un corps vitré liquéfié, où ils se précipitent dès que l'immobilité de l'œil est rétablie : ce qui se passe ici ne saurait être mieux comparé qu'au trouble qui se produit dans un flacon renfermant un liquide dans lequel se trouvent des substances solides non dissoutes, et qu'on secoue violemment; ce liquide se trouble pour reprendre sa limpidité, quand il s'est longtemps reposé. Quand les choses se passent de la sorte, c'est que les corps solides sont plus pesants que l'humeur vitrée; ils ne peuvent alors être la cause des mouches volantes qui, on le sait, sont plus légères qu'elle.

Tantôt le repos rend aux malades une vision nette que l'agitation du globe vient troubler de nouveau; tantôt, au contraire, et c'est ce qui arrive quand les opacités sont très nombreuses et ne se précipitent pas complètement, ce n'est qu'en faisant subir à l'œil un mouvement brusque que le champ visuel peut se procurer quelques éclaircies qui, malheureusement, ne sont jamais que de très courte durée. En général, le trouble de la vision est plus grand quand les opacités sont petites et très nombreuses, parce qu'alors il n'existe pas entre elles d'espace transparent suffisamment vaste, à travers lequei la vue puisse s'exercer, que dans le cas de membranes larges et rares, laissant entre elles des lacunes que les rayons lumineux peuvent traverser. Quand le malade regarde le ciel, à travers une carte percée d'un trou d'épingle, il voit flotter ces filaments et débris membraneux.

Les opacités du corps vitré sont tantôt constituées par une multitude de petits points, donnant à l'ensemble du fond de l'œil un aspect nuageux qui voile l'intégrité de l'image ophthalmoscopique (corps vitré jumenteux de Desmarres), tantôt par des flocons et des filaments susceptibles de se déployer, tantôt encore par de véritables fausses membranes, parfois assez fines pour pouvoir s'enrouler sur elles-mêmes dans les mouvements du globe, le plus souvent épaisses et assez opaques pour masquer certaines parties du fond de l'œil : dans ce dernier cas, elles sont ordinairement adhérentes par une de leurs extrémités, aux membranes profondes, et troublent d'autant plus l'intégrité de la vision qu'elles sont fixées plus près de la rétine, plus près surtout des parties essentielles de celte dernière (macula lulea). C'est dans des cas de ce genre que M. de Graefe a tenté, non sans succès, de déchirer l'opacité au moyen d'une aiguille, de façon à dégager la tache jaune (1).

2. Généralement, ces différentes opacités sont la conséquence de l'inflammation de quelqu'un des tissus internes de l'œil, et particu-

(1) Archiv fur Ophtalmologie, 1863, B. IX, Abth. 2, S. 101.

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