‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 200 sur 273 · III. XXXIV · texte numérisé non relu

III. XXXIV

lièrcment de la choroïde et de la rétine. Dans loute inflammation un peu intense de Tune ou de l'autre de ces membranes, l'humeur vitrée perd plus ou moins de sa transparence; il en résulte un trouble général, une sorte de nuage qui voile le fond de l'œil et empêche de voir distinctement la papille optique ou la cache même complètement, et dans lequel on aperçoit fréquemment de petites particules ou des lambeaux flottant épars au milieu de la masse devenue d'un blanc jaune : cet aspect est dû à des épanchemenls de sérosité ou de lymphe plastique, qui se résorbent quand l'inflammation tombe, et l'humeur vitrée reprend alors sa transparence normale. M. Desmarres (1) fait remarquer qu'à la suite de l'iritis, certains corpuscules mobiles, qui ne décèlent leur présence clans l'humeur vitrée que par un léger nuage, donnent lieu à une myopie, qui se corrige parfaitement par les verres concaves et qui disparaît ordinairement deux ou trois mois après que tout signe d'inflammation a cessé d'exister. Si cet élat résiste au traitement de l'iritis, l'usage interne de l'iode et les collyres et lotions à l'iodure de potassium en ont ordinairement raison. M. Mackenzie s'est bien trouvé, dans ces mêmes cas, de l'usage interne du sulfate de fer.

Des épanchemenls de sang, provenant d'ordinaire des vaisseaux delà choroïde, dans les parties les plus antérieures de celle-ci, sont une des causes les plus fréquentes des opacités du corps vitré, et les malades qui en sont atteints se plaignent alors de voir les objets comme au travers d'un nuage rouge ou verdàtre. Ils sont souvent le résultat des opérations dont l'effet immédiat est de diminuer une pression intra-oculaire exagérée, telles que la paracentèse ou l'iridectomie dans le glaucome, et de certaines altérations des parois des vaisseaux cjui accompagnent si fréquemment un grand nombre de maladies de la choroïde ou de la rétine.

On voit parfois aussi, dans l'humeur vitrée, des flocons de pigment, qui sont réellement noirs et ressemblent à de petits lambeaux de dentelle : quand ce sont des exsudations recouvertes de pigment, elles sont ramiformes. Ces flocons sont fréquents dans le staphyloma posticum.

La vascularisalion du corps vitré et la persistance de sa membrane hyaloïde sont deux causes fort rares, susceptibles d'en altérer la transparence. M. Coccius a rapporté un cas de cette première altération (obs. 231), que l'on considère comme étant presque toujours liée à une forme particulière de la rélinite parenchymaleuse. Quant à la persistance de l'artère byaloïdienne, elle se décèle par la présence d'un cordon opaque, entouré d'un second contour faiblement grisâtre, tendu entre la papille et le pôle postérieur du cris-

1) Traité théorique el pratique des maladies des yeux, 1858, t. III, p. 38S.

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