ADAPTATION DIN OEIL ARTIFICIEL
ainsi les cils el la muqueuse dans un état permanent d'irritation qui a pour résultat presque inévitable le trichiasis ou l'entropion.
» A ces états, que complique encore l'action des courants d'air et des corpuscules poussiéreux s'inlroduisant sous les paupières, vient s'ajouter celui qui résulte de l'action de la lumière, sur des moignons auxquels certains états anormaux de leurs parties internes donnent une grande sensibilité. C'est ici que la thérapeutique et la prophylaxie de l'œil artificiel se manifestent le plus favorablement, en amenant, par sa protection et le rétablissement des fonctions lacrymales, la disparition instantanée de ces diverses affections.
» Dans les cas d'entropion, la pression qu'exerce la section palpébrale inférieure de l'émail sur la muqueuse conjonclivale, redresse la paupière correspondante par une action mécanique spontanée, el le trichiasis disparaît avec la même promptitude par le simple effet propulsif de sa convexité.
» Un autre fait digne de remarque, c'est qu'au bout de quelque temps de l'usage d'une coque artificielle, les granulations palpébrales s'aplalissent, prennent un ton moins vif et souvent disparaissent complètement.
» Employée par segments de diverses formes, la coque d'émail joue parfaitement le rôle d'isolateur, pour empêcher le contact des paupières avec le globe de l'œil, dans les cas de cautérisations profondes ou de débridemenls d'adhérences partielles et isolées. M. Boissonneau exprime la croyance que des coques sclérolicales, présentant à leur centre une large ouverture, dans laquelle passerait la cornée de l'œil naturel, offriraient pour quelques maladies le moyen d'appliquer exactement les topiques et de les maintenir à demeure; méthode qui conduirait probablement à de bons résultats dans les cas de granulations. »
Debout a signalé également (1) l'utilité des coques, pour mettre des moignons, non encore privés de sensibilité, à l'abri de l'influence de la lumière. Souvent il arrive, dit-il, dans les ophlbalmies externes qui amènent la destruction de la cornée, que cette partie n'est pas complètement désorganisée et laisse pénétrer encore quelques rayons lumineux à l'intérieur de l'œil. La rétine n'étant pas paralysée, les malades perçoivent un reste d'impression quantitative de la lumière, et l'observation clinique démontre que cette impression sensorielle incomplète réagit sur la vision de l'œil sain, de façon souvent à donner lieu à des troubles de la vue dont la cause est la plupart du temps méconnue. La coque d'émail est alors une sorte d'ècron, qui s'oppose à lentréc de la lumière, el pare ainsi du même coup à l'infirmité et à
il] Rpslaarotion de l'organe de la vision. (Bull. deHhérap. 1802, t. LXIII.j.p. 417-329; 1863, t. XI.1V, p. 188, cl Dubl. Quart Journ. of Sied. Science, Aug. 1863, p. 67).