‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 206 sur 273 · ADAPTATION D*UN OEIL AHTIFICIEL · texte numérisé non relu

ADAPTATION D*UN OEIL AHTIFICIEL

la difformité, de façon qu'au bout d'un certain temps, les malades accusent une amélioration de leur vue.

Obs. 234 (1). — Perte de Vœil droit; globe peu atrophié; slaphylôtne de l'iris et de la cornée; impression sensorielle de cet organe gênant la fonction de Vœil sain. — Adaptation d'un œil artificiel ; amélioration rapide de la vue. — Marie G***, âgée de 19 ans, est admise, en mai 186*2, dans le service des femmes de l'Iiôpilal des Cliniques, pour un slaphylôme de l'iris el de la cornée. La perle do l'œil remonte à deux mois; elle a élé provoquée par une violente oplillialmie interne. Bien que la fonction visuelle soit complètement abolie el ne permette plus à la malade de distinguer aucun objet avec cet organe, elle perçoit encore une impression qualitative, el peut indiquer de quel côté la lumière pénètre dans la salle. Ce reste d'impression sensorielle suffit pour gêner l'exercice de l'œil sain ; mais la malade n'en a pas connaissance encore, puisqu'elle n'a pas repris ses travaux. Elle s*esl présentée à l'bôpilal seulement pour se faire enlever sa tumeur, opération indispensable, lui a-t-on dit, pour qu'on puisse lui poser un œil artificiel.

Le globe oculaire était peu atrophié, et de plus, la cornée, complètement désorganisée, présentait un stapliylome très étendu, à la surface duquel on remarquait trois points moins solidement cicatrisés, par lesquels l'iris faisait hernie. De plus, l'ouverture palpébrale était sur un plan horizontal inférieur à celle de l'œil sain ; ce qui arrive toujours lorsque, pendant le cours de l'oplilhalmie, l'œil a acquis un développement qui dépasse son volume normal. Pour répondre à ces particularités, il fallut une pièce qui ne pût exercer sur le slaphylôme. comme sur les autres parties du globe, qu'une pression légère et régulière, el ménager même dans la partie de la pièce qui devait correspondre au slaphylôme, une concavité destinée à recevoir celle saillie cornéenne, afin de prévenir toute cause d'inflammation du bulbe oculaire.

La malade supporta la pièce sans aucune gêne, el au bout de quelques jours, lorsqu'elle y fui complètement habituée, assura qu'elle était plus à son aise avec son œil artificiel. Ce qui la frappait davantage et dont elle ne pouvait se rendre compte, était l'amélioration qui se produisit dans la vue de l'œil sain.

Obs. 233 (2). — Destruction incomplète de la cornée. — Troubles fonctionnels de la vue de l'œil, sain, réclamant la séquestration de la malade pendant huit années. — Application d'une pièce artificielle; guérison rapide. — Madame X***, parente de l'une de nos célébrités médicales, à la suite d"une ophthalmie intense, perdit l'œil droit, en 1848. Quoique la vue fût abolie, comme la cornée n'élail pas entièrement désorganisée, l'impression sensorielle persista assez pour troubler la fonction de l'œil resté sain. De plus, cet organe était si sensible à l'action du vent, du froid el de l'humidilé, que, malgré l'emploi de lunettes bleues très foncées, elle souffrait au point qu'elle finit par se confiner dans son appartement. Tous les moyens employés restèrent sans effet, et elle se croyait atteinte d'un mal incurable. Enfin, après une réclusion de huit années, dans une obscurité presque complète, elle se décida à venir consulter M. Desmarres, qui, ne trouvant aucune inflammation du globe oculaire détruit, lui conseilla d'essayer l'emploi d'un œil artificiel. L'œil n'avait perdu qu'un cinquième de son volume, de sorte que la cornée, non complètement désorganisée, étant demeurée très sensible, la pièce prothélique dut être construite de manière à éviter tout contact avec celle partie. Après quelques tâtonnements, on arriva à fabriquer une coque d'émail que'la malade put porter el qu'elle garda d'abord une heure, puis deux. Enfin le cinquième jour, elle conserva sa pièce toute la journée. Sous l'influence de l'action de celle sorte d'écran, les accidents cessèrent très promplemenl, el la santé et le moral ne tardèrent pas à revenir ce qu'ils étaient autrefois.

(1) Debout. Loc. cil. I. XLIII, p. 418.

(2) Ibid. Id. p. 149.

i|L> AUGMENTATIONS DU VOLUME DU GLOBE DE LOEIL.

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