CHAPITRE XVII
AFFECTIONS MALIGNES DU GLOBE DE l'OEIL (l). (T. Il, p. 274.)
Dans tous les cas d'affections oculaires offrant l'aspect d'une affection maligne, il importe de s'assurer de l'état de la santé générale du sujet, et surtout de rechercher s'il n'existe pas dans une autre région quelque maladie semblable à celle dont l'œil est affecté. Cet examen révèle souvent l'existence d'une affection cancéreuse interne ou externe, qui rend le pronostic tout à fait défavorable et contre-indique toute opération (2).
SECTION II
FONGUS HÉMATODE OU TUMEUR ENCÉPHALOÏDE DU GLOBE DE L'CEIL. (p. 277.)
Syn. — Fongus médullaire. — Encephaloma. — Encéphaloïde interne de l'œil. Fig. — SicHEt. PI. LXXIII
Les symptômes subjectifs sont, au début : des douleurs névralgiques dans l'œil, des attaques temporaires d'obscurcissement de la vision, le rétrécissement du champ visuel, parfois la limitation de la vision à un côté de ce champ, comme dans le décollement de la rétine, puis la cécité complète. On observe en même temps de la lassitude, du découragement, parfois des douleurs vagues dans l'abdomen, annonçant l'existence d'un cancer interne; l'œil s'enflamme et devient le siège de douleurs constantes; il est rouge et larmoyant, souvent dur au loucher, ce qui permet d'écarter l'idée de décollement, parce que l'augmentation delà pression inlra-oculaire n'accompagne jamais l'hydropisie sous-rétinienne.
Dans l'immense majorité des cas, la tumeur naît du nerf optique; dans des cas rares cependant, elle part de la choroïde (3). On y
(1) Spencer Wells : Comparaison des tumeurs malignes et non malignes. (Brit. Med. Journ. 1861, Dec. 17, p. 685.)
(2) Bctcher. Observation de squirhe affectant presque exclusivement la cornée (Dublin Quart. Journ. of Med. Se. 186! , febr., avec fig.).
(5; Whartos Jûses. Dissection d'un œil atteint d'encéphaloïde (Med. Times and Gaz. 1858, feb. 13, p 164.] — Hclke. Ophib. Hosp. Rep. 1860-1861, Vol. III, p. 279, 1865, Vol. IV, p. 82, et Annales d'Oculislique, 1865, t. XLIX. p. 41 . Pour les caractères microscopiques des cellules, Loc. cit. t. IV, p. 85.
remarque deux espèces de vaisseaux; les uns, qui appartiennent à la rétine, occupent généralement la face postérieure, mais se remarquent parfois aussi à l'antérieure; les autres, appartenant essentiellement à la tumeur et pénétrant dans sa substance, proviennent de l'artère centrale de la rétine et des artères de la choroïde voisines de la papille optique. M. Dixon a observé un cas d'encéphaloïde de l'œil, naissant des procès ciliaires (1).
La récidive, très rapprochée de l'extirpation, est la règle la plus ordinaire. Cependaut M. Hulke rapporte trois observations où la maladie n'avait pas reparu après 15, 17 et 22 mois (2). Dans un cas de la pratique de M. Horner (3), l'enfant succomba à une méningite purulente, six jours après l'opération.
SECTION III