‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 225 sur 273 · DIVISION · texte numérisé non relu

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dues à des adhérences à la capsule. Le calomel uni à l'opium et l'atropine à doses élevées et fréquemment répétées doivent faire la base du traitement. Quelquefois cet état s'accompagne de douleurs névralgiques intenses dans le sourcil et la tempe, qui ne cèdent ni au mercure, ni auxdéplétifs et dont les paroxysmes surviennent d'ordinaire à trois heures du matin, parfois aussi à d'autres moments du jour ou de la nuit; il y a lieu de craindre, dans ces cas, que l'inflammation ne se soit propagée à la rétine et au nerf optique et que la vue ne soit sérieusement compromise ; le sulfate de quinine uni à l'opium, la teinture d'aconit et celle de muriate de fer sont ici d'un grand secours (1).

2. L'opération par division peut èlre suivie de complication glaucomateuse. M. de Graefe, après avoir signalé, dans ces cas, le développement de l'iritis et de l'irido-cyclite, affections qui s'accompagnent d'altérations permanentes des membranes internes et se terminent par la cécité, s'exprime ainsi : « Nous avons observé une autre terminaison qui n'a pas été suffisamment signalée, quoiqu'elle survienne fréquemment, terminaison que nous avons toute raison de désigner sous le nom de glaucome traumatique. Pendant que le cristallin se gonfle, l'œil devient très-dur, les cicatrices qui peuvent exister à la cornée, à la suite de blessures ou de toute autre cause, deviennent proéminentes, la cornée devient même insensible, la chambre antérieure s'aplatit, l'iris change de couleur, non par inflammation ou hypérémie, mais parce qu'il prend une teinte gris sale, la pupille a de la tendance à se dilater, surtout dans les points où il n'y a pas de synéchie postérieure, de sorte qu'on ne peut se refuser à reconnaître un certain degré de paralysie de l'iris. Si l'empêchement à l'arrivée de la lumière ne s'oppose pas encore entièrement à l'exploration du champ visuel, on reconnaît qu'il a diminué latéralement, tandis que la vision centrale peut être encore satisfaisante. Si le cristallin gonflé empêche encore plus le passage de la lumière, sans toutefois en abolir la perception, on pourra soupçonner que le champ visuel s'est rétréci, si une lumière mue çà et là devant l'œil n'est pas vue exactement, ou si le sujet n'en découvre la direction que lentement ou pas du tout. Si le chirurgien n'intervient pas, en pareil cas, il se pourra que la pupille ait repris sou aspect normal après que le cristallin se sera résorbé, mais il n'y aura que peu ou pas de vision. Les symptômes d'irritation qui existaient à un degré plus ou moins élevé rétrogradent, et l'état antérieur ne se révèle plus que par une certaine décoloration et une paralysie de l'iris souvent peu marquée. On suppose d'ordinaire que la cécité est occasionnée par l'irritation prolongée de la choroïde ou une choroïdite, des épan-

(I) JicoB. Traité de l'inflammation du globe de l'œil. Dublin, 1849, p. 331.

chcments à l'intérieur de l'œil, des décollements de la rétine, etc. C'est à tort, car l'ophthalmoscope ne décèle aucune trace de ces affections. Mais, d'un autre côté, il fait voir une excavation de la papille optique. Voici quelle a été la marche des choses : par suite de l'irritation occasionnée par le cristallin gonflé, il survient une congestion interne, une hypersécrétion de liquide dans le corps vitré, et par suite un accroissement de la pression intra-oculaire, qui, se continuant pendant un certain temps, détermine l'excavation de la papille optique. Si, à une certaine période du développement de ces phénomènes, ou pratique l'extraction linéaire, alors que le cristallin gonflé est suffisamment ramolli, ou bien, en cas contraire, l'iridectomie, on voit tous les symptômes menaçants disparaître, exactement comme dans la période aiguë du glaucome ; si, toutefois, ils ont existé pendant un certain temps et atteint un degré moyen, on voit souvent persister une diminution plus ou moins étendue du champ visuel, et un. certain degré d'altération du nerf optique, comme dans les dernières périodes du glaucome. J'ai observé toutes les périodes de ce processus morbide dans des cas de cataracte, à un léger degré dans les cas d'opération par discision, à un degré plus marqué dans les cas traumatiques, et c'est de là que j'ai déduit mon opinion sur le traitement. Je pratique l'irideclomie exactement pour les mêmes raisons que dans le glaucome, et j'évite soigneusement de toucher au cristallin gonflé, quand je ne suis pas certain de pouvoir l'enlever en entier ou tout au moins son noyau. Lorsque le cristallin est assez gonflé pour provoquer des accidents, il est généralement, chez les personnes jeunes, assez mou pour pouvoir s'échapper par une incision linéaire. Chez les adultes, toutefois, et chez les personnes âgées, il en est autrement, car les couches corticales peuvent être assez gonflées pour provoquer du danger alors que le noyau est encore dur. Dans le premier cas, c'est l'extraction linéaire qui convient, dans le second, l'irideclomie. Il est bon de combiner ces deux moyens dans certaines circonstances. Les mêmes symptômes peuvent survenir après la réclinaison. La cécité qui succède à celte opération ne dépend que dans une certaine mesure de changements organiques permanents dus à l'inflammation, au décollement de la rétine, etc. Dans un grand nombre de cas, l'œil revêt l'apparence glaucomaleuse par un processus exactement semblable à celui que nous venons de décrire. L'examen fonctionnel de l'organe montre qu'il y a rétrécissement du champ visuel, et finalement il n'y a plus que la vision excentrique; l'ophlhalinoscope montre l'altération caractéristique du nerf optique. C'est ce que voulaient dire les opérateurs à l'aiguille, lorsque, s'exprimant suivant les données scientifiques d'autrefois, ils disaient : « La goutte est survenue, il s'est développé une ophthalmie arthritique, etc. » Il n'est pas rare, après la réclinaison, de voir la

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