III. XLIV
§ II. Astigmatisme. (P. 651.)
Ce point de pratique a été traité plus haut (page cvi). Les recherches modernes de MM. Knapp, Donders et les travaux ingénieux de M. Javal ont remis à l'ordre du jour cette question, dont l'étude fait chaque jour de nouveaux progrès (1).
La détermination de l'astigmatisme et le choix des verres cylindriques, applicables à chaque cas, ont été rendus faciles, grâce aux appareils de M. Javal, dont il indique ainsi la constitution (2) :
« 1° Détermination monoculaire. — Tracez un cercle, dans ce cercle des rayons espacés de 15 en 15 degrés, et failes regarder celte figure au malade au travers d'une lentille sphérique convexe que je supposerai de 3°, pour fixer les idées. Éloignez peu à peu la figure jusqu'à ce que toutes les lignes pâlissent ou disparaissent, sauf une. Essayez alors successivement, en commençant par le plus faible, tous vos verres cylindriques concaves, en mettant les axes perpendiculairement au rayon qui était resté noir, et cela jusqu'au verre qui rend tous ces rayons également noirs. Vous avez ainsi d'un seul coup diagnostiqué l'astigmatisme et déterminé le numéro et la position du verre correcteur...
» Pour toute personne jouissant de la vision binoculaire, on emploiera avec beaucoup plus d'avantage le procédé qui suit :
» 2° Détermination binoculaire. — Ajoutons maintenant devant l'autre œil une lentille et un cercle identiques aux précédents, les cercles étant d'abord aux foyers des lentilles et l'écarlement des centres étant égal à celui des yeux. On ne peut fusionner les cercles qu'à la condition de tenir les axes optiques parallèles et la tète droite. La fixité de la position relative des axes optiques immobilise suffisamment l'accommodation (3). »
SECTION VIII
INHABILETÉ A DISTINGUER CERTAINES COULEURS. (P. 674.) Syn. A m au rose chromatique, W'ilson. Chroinalopscmlopsie, Kelland.
Cette question a été traitée avec un très grand soin par M. Wilson (4). Il rappelle qu'un médecin italien, Trinchinelli, croyant que
(1) Voir, pour la bibliographie, Annales d'Oculistique, 1866, t. LV, p. 125.
(2) Annales <rOculistiquc, I86:>, t. LUI, p. 50.
(3) Voir la description de t'optomèlre de M. Javal, pour le choix des verres cylindriques Ann. d'Ocol. 1866, t. LV, p. 5).
(4) On Colour-Blindness (Monlhly Journ. of Mcd. Se , Edinli. 1853, et Ann. d'Ocul. 1856, I. XXXVI, p. iii). — Sedgwick. Sur la Colouv-BHndnem héréditaire. (Brit. and forèign Med. Chir. Rev. 1861. — In. Research es on Colour-Blindness. Edinb. 18135, Apr. p. 486).
MYODÉSOPIE. 519
la maladie siégeait dans le cristallin, avait gravement proposé l'extraction de celle lentille comme moyen de guérison radicale. M. Wilson cite le cas d'un M. J..., qui avait subi l'opération de la cataracte aux deux yeux, et dont, en temps ordinaire, la vue était normale; or, pendant une atlaque de vertige, auquel il est sujet, loules les personnes lui paraissaient habillées de vert, preuve que le cristallin n'est pas, au moins, le seul facteur de la chromalopseudopsie.
Il importe à un haut point de constater chez les enfants, dès qu'il y a du doute à cet agard, s'ils ne sonl point affectés de celle anomalie visuelle, qui les rendrait impropres à l'exercice de cerlaines professions, dans lesquelles la connaissance des couleurs joue un grand rôle, telles que celles de peintres en bâtiments, teinturiers, tisserands, etc. On comprend aussi qu'en ce qui concerne les beaux-arts, ils doivent s'y restreindre à ceux dans lesquels la forme, les contours, la lumière et l'ombre sont seuls enjeu : la lithographie, le dessin à la sépia, la gravure et la sculpture ne leur seront donc pas interdits.
Chez les chromamaurotiques, l'œil est sensible à tous les rayons du spectre prismatique, en tant que lumière; seulement les rayons rouges semblent y manquer de puissance pour stimuler les nerfs de la vision, ce qui fait que toutes les couleurs qui fournissent un grand nombre de rayons rouges leur semblent des leinles sombres. De plus, deux des rayons primaires colorés, le rouge et le vert, paraissent produire sur leurs nerfs la sensation de couleurs à peu près similaires. En réalité, leur vision est dichromique, puisque toutes les couleurs composées se résolvent pour eux en deux éléments au lieu de trois. Ils voient probablement le bleu comme lout le monde, mais comment s'en assurer? (1)
SECTION IX
.MYODÉSOPIE. (P. 682 ET T. III, V. I.XXII.) (â). Fig. Listing. Beitrag. Taf. 11. — Dobders, |». 199.
La branche de la science qui comprend l'inspection, la situation cl la nature des objets situés sur ou dans l'œil de l'observateur lui-
;i) Memoir on Colour-Blindness (Cornliill Magaz. 1860, April, p. 403).
(2) A consulter: Listisg. lieitrag znr Pliysiologischen Oplik; Gœllingen, 1843. — Arlt. krankheilcn des Auges. 1855, B. III, S. 37. — Schadehborc. Ophllialmialrik, 1838, Luhr, >. 191. — DoNDtns. On llie Anomalies, elc. London 1864, p. 197. — Kako. lissai sur la myo- <lésopie (Union mé.lic., 1864, nos 83, 86, 89,91). —
A corriger ■■ t. Il, p. 685, lig. 26. — Au lieu de : « Chaque globule agit sur » lisez :
Chaque globule agii sur la lumière qui lombe sur lui, de façon à produire un trouble borné ô une aire 1res petite, dans la distribution de la lumière qui tombe sur la rétine; l'ensemble
même a reçu le nom d'« entoptique » (Listing). Les lésions anatomiques propres à la myodésopie sont encore mal définies : les corde ces globules arrivera rarement, si jamais il le fait, à réunir exactement la lumière en un foyer unique sur cette membrane. »
Page 684, ligne 7. — Au lien de : « corpuscules entre » lisez : « corpuscules dans la cornée, l'humeur aqueuse et le cristallin. »
Id. ligne 24. — Au lieu de : « et par la facilité jusqu'à la fin du paragraphe » lisez : plus
largement espacés, quand on les voit à l'aide de rayons divergents, et par la période à laquelle leur spectre devient renversé quand on a recours à l'expérience suivanle, avec un rayon convergent. Tous les objets situés sur et dans l'œil sont vus renversés quand on les regarde à travers une double lentille concave. Mais si l'on vise une bougie placée à vingt pieds de distance ou une lampe distante de soixante, à travers un verre convexe de un et demi-pouce de foyer et placé tout contre l'œil, la lumière est rassemblée en foyer en un point situé à l'intérieur de l'œil, et les objets situés dans l'œil et au-devant de ce foyer sont vus dans leur position naturelle, tandis que ceux situés en arrière sont vus renversés. Si maintenant on éloigne la lentille de l'œil, le foyer se meut en avant, et les objets qui d'abord paraissaient droits, deviendront d'abord indistincts, puis se verront renversés. Les objets qui subiront les derniers cette transformation sont ceux situés le plus loin en avant de l'œil. A la fin, quand la lentille en est assez éloignée pour que la cornée ne soit plus à sa distance focale, tous les objets situés sur ou dans l'œil seront renversés.
Id. lig. 12 en rem. — Au lieu de : « Si l'on place alors Jusqu'à la fin du paragraphe »
li.iez : « Si maintenant on prend une carte percée d'un trou d'épingle et qu'on la tienne audevant de l'épingle, à un demi-pouce environ de dislance de l'œil, de façon que l'épingle, le trou et l'œil soient sur une même ligne, on apercevra assez distinctement l'ombre renversée de l'épingle. A l'aide du même moyen, qui équivaut à limiter simplement à un seul faisceau de rayons, la lumière qui parvient sur la rétine, l'ombre de tout objet qui intercepte quelquesuns des rayons qui composent le faisceau sera bien marquée sur la rétine. Ainsi, un corpuscule ou un dépôt sur ou dans l'œil peut devenir visible, bien qu'à l'œil nu il ne produise qu'une impression imperceptible. Le trou d'épingle ou la petite image que produit une lumière éloignée, vue par une lentille d'un court foyer, peuvent en pratique être considérés comme un point. Les rayons qui proviennent de ce point focal ou qui marchent vers lui, ou bien ne se coupent pas dans leur passage à travers l'œil, ou bien se coupent tous en un même point. C'est ce qui fait qu'un point d'un objet interposé n'intercepte qu'un seul rayon, à moins qu'il ne soit situé dans le foyer d'un faisceau convergent; et il n'y a qu'un rayon qui tombe sur <-!inque point de la portion de la rétine éclairée, à moins que le foyer des rayons ne soit sur la rétine. Il suit de ceci que l'ombre de chaque point de l'objet tombe en un seul point sur la rétine, et une ombre bien définie de l'objet, ou d'une partie de l'objet, en est le résultat, exceplé dans les deux cas mentionnés ci- dessus. Dans le premier de ces cas, où l'objet est placé au foyer du faisceau, il survient une dispersion générale de l'ombre sur tout le champ; dans le second, qui ne doit pas se rencontrer dans la pratique, l'ombre disparaît, et le champ lumineux se contracte à un point. Sans doute, il y a quelque modification à apporter aux règles que nous posons, lorsque l'on lient compte de l'effet produit sur la lumière par la réfraction, la diffraction, etc., sur les surfaces et les arêtes des corps intra-oculaires qui donnent naissance à l'apparition de mouches volantes; mais on peut les accepter comme fournissant une explication grosso modo du sujet. Toutefois, quand la lumière pénètre librement de toute part dans l'œil comme dans les conditions de la vision ordinaire, les rayons s'entre-croisenl dans tous les points et sous des angles variés. D'où il résulte qu'un point opaque dans un objet entoptique intercepte la lumière qui se portait vers différents points de la rétine; et, à moins que l'objet ne soit siluc très près de cette dernière, l'ombre est largement dispersée, et tombe sur des parties éclairées par des rayons qui passent sur les côtés de l'objet. Les ombres des petits corps situés dans la partie antérieure de l'œil sont, en pareil cas, si mal définies et si diluées qu'elles sont imperceptibles, quoiqu'elles puissent obscurcir tout ou partie du champ de la vision, à un degré plus ou moins marqué.
Page 685, ligne 7. — Au lieu de : § III. « Mouches volantes, etc » lisez : « Mouches volantes dépendant de la présence de corpuscules entre la face postérieure du cristallin el la rétine. — Mouches ento-hyaloïdiennes. — Mouches flottantes. »
Id. ligne 4 en rem. — Au lieu de : « Placez deux bougies Jusqu'à la page 686, ligne 6,
doubles muco-lacrymales,» lisez : « Placez deux bougies devant l'œil à la distance de quelques pouces l'une de l'autre. Regardez-les à travers une lentille biconvexe, de façon à ce que les deux champs lumineux se recouvrent. (Quand on regarde ainsi deux chandelles à travers un trou, on ne peut pas obtenir deux champs lumineux qui se recouvrent, on voit simplement deux chandelles à travers un trou. Lorsqu'on se sert de la lentille convergente, il faut la tenir au-devant de la cornée, à une dislance plus grande que celle de sa distance focale, autrement