‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 247 sur 273 · MALADIES DU NERF DE LA CINQUIÈME PAIRE, ETC · texte numérisé non relu

MALADIES DU NERF DE LA CINQUIÈME PAIRE, ETC

ficielle de la dure-mère remarquablement amincie. Le Ironc de la 5e paire paraissait entrer dans la partie postérieure de la tumeur; toutefois l'intérieur de celle-ci ne présentait aucune trace de structure nerveuse ; la branche ophlbalmique traversait la partie antérieure de la surface supérieure; le maxillaire supérieur en émergeait au niveau du trou rond; la troisième division semblait identifiée avec un remarquable prolongement de la tumeur, qui passait à travers le trou ovale dont la circonférence avait plus du double de ses dimensions naturelles.

La surface de la portion pétreuse du temporal, qui supportait la partie postérieure de la tumeur, était résorbée, aussi bien que la paroi supérieure de la portion horizontale du canal carolidien. Entre cette portion rugueuse et dénudée de l'os et la surface profonde de la tumeur passait le nerf vidien qui, dans tout son trajet, du ganglion de Meckel à l'hiatus de Fallope, était beaucoup plus volumineux qu'à l'état normal. La tumeur était solide et de consistance uniforme; sa coupe offrait une structure celluleuse, sans trace aucune de tissu nerveux; toutefois, à l'aide du microscope, on pouvait découvrir quelques fibres nerveuses en divers points de sa surface. La portion non ganglionnaire du nerf était comprimée, mais non augmentée de volume.

§ II. Névralgie ciliaire.

Syn. Ciliary neuralgia. Angl. — Ciliar neurose. AU. (1).

La névralgie ciliaire peut exister comme maladie idiopathique, mais n'est, le plus souvent, que le symptôme de l'irilis, de la choroïdite ou du glaucome. A l'état idiopathique, elle se développe d'ordinaire à l'instar des névralgies des autres branches de la 5°paire, d'une manière lente et sous la forme d'accès irrégulièrement intermittents : c'est d'abord une douleur sourde, occupant la partie supéro-externe de l'œil, s'éveillant au moindre effort pour voir de petits objets et devenant plus tard gravalive, profonde; l'œil est alors tout entier douloureux, la pupille se contracte, la photophobie et le larmoiement surviennent, puis le clignotement et une sécrétion spumeuse de la conjonctive. Rarement la douleur et les autres symptômes disparaissent dans les intervalles des accès; presque toujours ils persistent avec des exacerbalions nocturnes. Quand la maladie dure longtemps et qu'elle est intense, elle peut donner lieu à une hypersécrétion des liquides de l'œil, et par suite, à une pression intra-oculaire exagérée, entraînant à la longue l'état glaucomaleux. L'usage interne de la quinine et du carbonate de fer, et les anodins indiqués au § précédent sont les moyens à employer. On comprend que, lorsque la maladie est sous la dépendance d'un état inflammatoire des membranes internes, c'est à cet état que la médication doit s'adresser.

§ III. Névralgie oculo-dentairc.

Syn. Oculo-dental neuralgia. Angl. — Névralgie dentaire. Fr.

Le travail de la dentition et les caries dentaires peuvent donner lieu à des douleurs névralgiques capables de réagir sur l'organe vi-

(I) Mauvaise dénomination, neurosis indique une maladie nerveuse en général (V. Nosologie de Cilleh. — Desmarres, t. NI, p. 580. — Romberg. Manuel, etc. Vol. I, p. 56. Lond. 1855.

ANESTlfÉSlE ET ARRÊT DE NUTRITION DE L 'APPAREIL, ETC. 541

suel: de là des névralgies oculaires, des inydriases et des amauroses, qui cessent subitement par l'arrachement de la dent malade. L'avulsion des dents peut, elle-même, donner lieu à des accidents graves du côté de l'œil, et leur remplacement provoquer des symptômes amblyopiques (dents à pivots). M. Desmarres cite l'exemple d'un monsieur dont la vue était devenue confuse, la pupille large et l'œil douloureux, par la présence de la 2e molaire gauche, cariée jusqu'au sommet; l'extraction de celte dent lit cesser immédiatement tous les accidents (1).

SECTION II

ANESTHÉSIE ET ARRÊT DE NUTRITION DE L'APPAREIL DE LA VISION A LA SUITE DE MALADIES DES NERFS DE LA CINQUIÈME PAIRE. (P. 759.) (2).

L'ulcération de la cornée et la gangrène de l'œil surviennent assez souvent à la suite de lésions traumaliques de la protubérance annulaire. M. Brown-Séquard affirme que, dans beaucoup de cas, une blessure du pont de Varole détermine la perte des cinq sens : cela arrive lorsque le trijumeau est irrité, à son point d'émersion de la protubérance (3).

Obs. 276 (4). — M. Trepte, maçon, 47 ans, d'une bonne santé, tombe, au commencement de septembre I86'2,surune pierre qui lui fait, dit-il, une blessure pénétrante au côté droit de l'occiput. Huit jours après, la sensibilité du côté droit de la face devient obtuse. Six semaines plus lard, le malade a l'œil voilé d'un nuage. L'œil rougit et, au bout de quinze jours, on y aperçoit une lacbe. — Le 28 novembre, les paupières sont gonflées, la conjonctive très rouge en bas et affectée de cliémosis (peut-être consécutivement à l'application d'un collyre au nitrate d'argent). La cornée offre, près de son bord inférieur, un ulcère de deux millimètres de diamètre et d'un demi-millimètre de profondeur. Son bord semi-lunaire blanchâtre a sa concavité tournée en bas. Le bord supérieur, qui s'élargit notablement, tranche avec les parties saines. L'ulcère est dépourvu de vaisseaux, bien que le limbe conjonctival soit fortement injecté. Le reste de la cornée est un peu terne, mais permet néanmoins d'examiner l'iris réduite une bandelette de deux millimètres de largeur. Ce voile membraneux est gonflé et ecchymose par places. Son bord pupillaire est dentelé. La capsule du cristallin est couverte d'un tissu qui a le brillant de la soie. Le malade perçoit les mouvements de la main jusqu'à une dislance de trois pieds. Il existe une aneslhésie complète du bord de l'œil, des paupières et de toute la moitié droite de la face, aneslhésie qu'il faut attribuer à une lésion traumalique de la cinquième paire, résultant de la commotion et de l'inflammation consécutive des méninges à la base du crâne. Aucun autre nerf, notamment le nerf facial, ne participe à la paralysie. Le traitement consiste dans l'emploi du sublimé, dans les émissions sanguines locales, et dans l'usage de compresses astringentes, prescrites dans le but de

(1) Loc. cit. l. III, p. 58*. Voir : Ami. dOcul. 1816, t. XV, p. 229, et Teirlisck. Essai sur les rapports p itho'ogiques du système dentaire cl de l'appareil visuel. (Aun. d'Ocul. 1848, t. XIX, p. 198) — Wecker et Delg.do. Ann. d'Ocnl. 1866, t LV, pp. 150 et 140.

(2) Consultez : Sur les affections de l'œil, suites de bles.-ures et des maladies de la b« paire. Hctchisso>-. Oj>hth. Hosp. Rcp., 1863-65, Vol. IV, pp. 120, 189, et 1866, Vol. V, p. 53.

(5, Bril.Med. Journ. 186), .Mardi 16, p 279.

(4) Heyuas.n. Klin. Monatsbl. 1863, 1. 1, p. 204, et Ann. d'Ocul. 1864, t. LI, p. bO. m. xlvi

])k*2 AMAl'ROSE.

garantir l'œil. — Le neuvième jour, on pratique une paracentèse pour évacuer l'humeur aqueuse devenue floconneuse. L'œil reste très mou; l'humeur aqueuse se reproduit incomplètement: l'ulcère fait des progrès en même temps que la pupille se rétrécit de plus en plus, et finit par disparaître derrière. Elle reste inerte à l'action de l'atropine. L'anesthésie commence à se dissiper parle bas du visage; les paupières seules restent complètement insensibles. Pour combattre cet étal, on recourt à l'électro-magnélisme, et cela avec un succès surprenant. Après peu de séances, la rougeur de la paupière diminue, l'ulcère commence à se guérir, et une cicatrice leucomateuse prend sa place. Grâce à un emploi non interrompu de l'électricité, qu'on fait agir directement sur le globe de l'œil, cet organe recouvre, au bout de six semaines, sa sensibilité.

SECTION III

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