AFFECTIONS DOULOUREUSES DE LA CINQUIÈME PAIRE
ayant un rétrécissement urétral contre lequel il faisait usage de l'iodure de potassium, qui fut pris tout à coup d'une violente douleur au dedans et au pourtour de son œil gauche, avec rougeur des tuniques externes, chémosis, affaissement et obscurcissement de la cornée, sans changement de la coloration de l'iris ni épanchement plastique dans les chambres de l'œil . L'application de sangsues et l'administration du calomel avec l'opium n'amenèrent aucun amendement de cet état, mais l'emploi du sous-carbonate de 1er en eut raison. Traitement. — Les moyens de traitement récemment recommandés sont : 1 . Le « fomentum anti-ncuralgieum » de Mialhe, composé de 2 grains d'acétate de morphine, 2 gouttes d'acide acétique et deux gros d'eau de Cologne. — 2. Les injections hypodermiques (t) (y. p. 283) et la teinture d'iode morphinée (id.). — 5. Le valérianate d'ammoniaque. — 4. L'acupuncture, au moyen d'aiguilles enfoncées sur le trajet des nerfs affectés jusqu'au contact du nerf (2). — 5. Les inhalations d'élher et de chloroforme. — 6. Dans trois cas de névralgie de la joue et de l'orbite, Carnochan sectionna la 2e branche de la 5e paire, au delà du ganglion de Meckel, opération formidable, dont le résultat fut heureux (5). — 7. M. Hulke a sectionné avec succès le nerf dans une névralgie du sourcil et de la tempe, causée par une plaie cicatrisée (4).
Obs. 275. — Névrome du ganglion de Gasser (5). — En 1836, une femme mariée et d'aspect maladif fui admise à l'hôpital de Richmond, dans le service du Dr Hulton, se plaignant de douleurs névralgiques du côté droit de la face. Ces douleurs avaient commencé plusieurs mois auparavant, s'étaient accrues graduellement et étaient devenues presque insupportables. Elle avait maigri et perdu le sommeil et l'appétit. Sa physionomie indiquait une extrême souffrance; la douleur qui, quoique sujette à des exacerbations, ne cessait jamais complètement, était exactement limitée au côté droit de la face et du front, et lorsque la malade marquait du doigt les endroits où elle était le plus intense, elle indiquait le trajet des branches de la 5e paire, et plus spécialement le point de sortie du maxillaire supérieur par le trou sous-orbilaire. La mastication et l'action de parler aggravaient tellement ses souffrances qu'elle mangeait fort peu et gardait toujours le silence, à moins qu'on ne l'interrogeât, et même alors elle ne répondait souvent que par signes. Pendant le jour, ses souffrances ne lui donnaient aucun répit, et la nuit le sommeil venait rarement la soulager; aucun des remèdes employés ne réussissait à lui procurer un bien-être même temporaire. Après avoir enduré des souffrances si intenses et si continuelles que le Dr Smitb, rédacteur de l'observation, déclare n'en avoir jamais observé de semblables, la mort vint terminer celle agonie prolongée, quatre mois après son admission à Pliôpilal.
Lorsque l'on eut ouvert le crâne et enlevé le cerveau, on aperçut une tumeur dans la division droite de la fosse sphéno-lemporale. Elle avait à peu près la forme et la dimension d'une noisette, s'élendanlà travers l'exlrémilé interne de la grande aile du sphénoïde, se portait en avant jusqu'au trou déchiré et élait recouverle par la lame super- Ci) Al. VVood. A new Metliod of Ireating Neuralgia, Edinb., 18iia, el Von Graefe, Arch. fur Ophth. 1865, B. IX, Abth. 2, S. 62.
(2) Craig. Med. Times and Gaz. 1864, Sepl. 10, p. 277. (5) Amer. Journ. of .Med. Se., 1858, Jau. ou Edinb. Med. Journ. 1839, Vol. IV, p. Mo.
(4) Med. Times and Gaz. 1862, p. b86.
(5) Robert Smith. T realise on tlte Pathology, Diagnoslic and Trealment of Neuroma. Dublin 1849, p. 20, PI. XIII, fig. 12; PI. XV, fig. 11.