III. XliVlll
5G6 ENTOZOAIRES A l/lNTÉRIEUR DE L'ORGANE DE LA VISION.
adhérent par sa partie convexe à la choroïde. Il n'occupe aucun point du champ de la pupille et jouit d'une immobilité parfaite, ce qui a fait croire à M. Williams que ce parasite, d'ailleurs entouré d'un kyste à parois très épaisses, a cessé de vivre; la forme particulière du corps, sa transparence et sa couleur jaune verdâtre caractéristique l'ont convaincu que c'était un cysticerque ayant la tête en bas : l'appendice situé à la partie postérieure est probablement un canal formé de membranes fines et opaques qui se sont développées aux premiers temps de l'existence de l'animal.
Obs. 280 (4).— Ce cas se distingue des aulres analogues en ce que 1'entozoaire était parfaitement libre de toute enveloppe à l'intérieur du corps vitré. Le malade, cultivateur, âgé de 56 ans, se présenta à la clinique pour un obscurcissement de la vue de l'oeil gauche. Le trouble de la vision dépendait de la présence, dans Phyaloïde, d'un cysticerque et d'un commencement de désorganisation des parties profondes de l'œil, provoqué par le parasite. L'œil droit souffrait par sympathie, l'œil malade s'altérait tous les jours davantage; dans ces circonstances, l'auteur se décida à extraire le corps étranger. Il pratiqua d'abord une irideclomie à l'œil malade, afin d'éclairer plus fortement le fond de l'organe et pour prévenir, autant que possible, les accidents que pouvait déterminer l'opération principale. Quelque temps après la section de l'iris, le cysticerque fut extrait du corps vitré par le procédé suivant : La sclérotique ponctionnée avec une aiguillée cataracte, à deux lignes plus en dehors que pour l'opération par abaissement, on introduit parla blessure une pince capsulaire de Luër, qu'on enfonce dans le corps vitré et avec laquelle on saisit l'animal. Le cysticerque, saisi par son cou, sortit par la ponction scléroticale, et l'opération se termina heureusement. Cependant, malgré toutes les précautions prises pour ne pas blesser la capsule cristullinienne, le patient fut atteint plus tard d'une cataracte traumalique à l'œil opéré.
Obs. 281 (2). — C. K., jeune homme de 25 ans, d'une bonne santé, n'ayant jamais eu de ténia, remarqua, au mois de décembre 1857, au-devant de l'œil gauche, une espèce de reflet ou d'éclair qui ne changeait pas de place dans le champ visuel. A ce point brillant succéda une tache noire, et peu à peu tout le champ visuel autour de celle-ci se recouvrit d'un brouillard qui gênait fortement la vision. En mars 1858, on diagnostiqua une rélinite exsudative; un traitement institué en conséquence amena une amélioration marquée dans l'état du malade. Au mois de juin, la vue s'était de nouveau fortement affaible, sans qu'il y eût de symptômes d'inflammation. A l'ophthalmoscope, on reconnaît un cysticerque nu appliqué contre la région supérieure externe du fond de l'œil. Le mouvement de l'animal, les différentes parties de son corps étaient parfaitement visibles. La rétine présentait tous les caractères d'une phlegmasie chronique : hypérémie veineuse, troubles diffus, et probablement une dégénérescence graisseuse analogue à celle qu'on observe dans la maladie de Bright. L'entrée du nerf optique, à contours mal limités, forme au fond de l'œil une tache opaque jaunâtre ; toutes traces de vaisseau ont disparu à sa surface. Une large bande blanche s'étendait du côté interne de la région équaloriale jusqu'à l'endroit où se trouvait le cysticerque, en passant par l'entrée du nerf optique. Elle semblait se rapporter à des déplacements successifs de l'entozoaireet être constituée à la fois par des exsudais rétiniens et des dépôts de graisse. Le corps vitré avait conservé sa transparence, sauf en quelques endroits, où il était coupé par des membranes opaques minces. Une opération entreprise par un aulre que M. Nagel, n'eut pas un succès heureux; la vue finit par se perdre complètement par suite d'une choroïdite chronique.
Obs. 282 (3). — G. Ebel, cultivateur, âgé de 26 ans, se présenta à la clinique le 13 mai 1858. La vue avait commencé à diminuer à droite, à partir du mois de décembre 1857. Plus tard étaient survenues des douleurs de tète semblables â celles que détermine une névrose ciliaire rémittente. L'œil gauche est parfaitement sain. A droite, le malade distingue les doigts à la distance de six à huit pieds, mais il ne reconnaît aucune
(t) De Graepe. Arch. f. Ophlh. 1857, B. III, Abth. 2, S. 312, etAnn. d'Ocul. 1860, t. XLIV, p. IU.
(2) Nacel. Loc. cit.
(3) De Graefe. Arch. f. Ophth. 1858, B. IV, 2, S. 171, et Ann. d'Ocul. 1861, t. XLV, p. 181.