‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 253 sur 273 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

EISTOZOAIRES A i/lNTÉRIEUR DE L'ORGANE DE LA VISION. (T. Il, pp. xxxv et 800.)

§ II. Cysticercus telœ cellulosae. (P. 86*2.)

l'ig. Oplith. Arch. fur Ophili. B. I, I. Taf. III, flg. 2, 3. — ld. 1,2. Taf. VI, flg. 2. — Nacel. Cyslic a. d. Nelzliaut, Berlin. — Liebreich. Allas, Tab. Vil, fig. 5,6.

La présence de cysticerques dans l'hémisphère postérieur du glohe de l'œil est loin d'être rare, ainsi qu'on a pu s'en assurer depuis la découverte de l'ophlhulmoscope (1). M. de Graefe en a signalé pour sa part un grand nombre d'observations (2). D'autres appartiennent à MM. Liebreich (3), Williams (4), Busch (5), Nagel (6), Soelberg Well's (7), Galenzowski (8), etc. La façon dont ces enlozoaiics manifestent leur présence dans la rétine et le corps vitré a déjà été décrite (voir t. II, p. xxxv). Dans un des cas de cysliceique du corps vitré signalés par M. de Graefe, l'ophlhalmoscopc faisait voir au centre de la pupille une opacité allongée, circonscrite, qui paraissait, à un simple éclairage de l'œil, élre une cataracte polaire postérieure. Un peu eu arrière d'elle était un petit corps bleuâtre qui, adhérant en bas à une petite vésicule parfaitement ronde, semblait nager en haut et en bas dans le corps vitré pendant les mouvemeuls de l'œil.

(1) Voir : Kcchenmeister. Manuel «les pnrasiles, New Sydcnham Soeiely, Vol. I, p. 125, London, 1837.— Id. (Med Times and Gaz. 1860, Oct. 27, p. 414.)— Learld. On Cyslic Diseuse in Iceland (ld 1 8(30, Sept. 12, p. 270.

2) Cysiicerque de la réline el du corps vitré. (Arch. f. Ophth. 1854-55, B. I, Ablh. 2, >. 326 ;\ 813-56, B. Il, Abtli. I, S. 334; 18i7, B. III, Ablh. 2, S. 512; 18.8, B. IV, Ablli. 2, S. 171 ; I8>i0, B. VII, Ablh. 2, S. 48, et Ann. d'Ocul. 1836, I. XXXVI, p. 181 ; 1858, t. XXXIX, p. 180; 1860, t. XUV, p 134; 1861, t. NLV. p 181 ; 1863, t. L, p. 518.)

(5) Cysiicerque dans le corps viirc. (Arch. f. Oplith. 1855-56, B. 1, Ablh. 2, S. 343; Annal. ■ recul. 1856, l. XXXM, p. 2-.;6, et Allas, lab. VII, ffg. 3 et 6.;

i Cvsiircrque dans l'humeur vitrée. (The Cincinn. Lanc. andObserv., n° 5, mai 1858, et Ann. d'Ocul. ^63, l. Xl.lll, p. 155.)

(5) Cysliceique du roi ps vitre. (Arch. f. Ophth. 1858, B. IV, Ablh. 2, S. 99, et Anu. d*Ocul. 1861, t."xi.V, p. 178.)

(6) Cystio-rqne sur la rétine. (Arch. f. Ophth. 1859, B. V, Ablh. 2, S. 185, et Ann. dOcul. 1862 t- XLVIII. p. 174.)

(7) Cvsiio-rque de l'iniérieur de l'œil. (Ophth. Hosp. Rep. 1860-61, Vol. III, p. 324, et Ann. d'Oeul.'l 863, t. XLIX, p. 152.)

(8; Cyslicerqae du corps vilré et de ta réline. (Ann. d'Ocul. 1862, t. XLVIII, p. 265.)

jGi B.NTOZOAIRES A l/l.NTÉRIEl'R L)K LORGANE DE LA VISION.

A limage renversée, l'oplilhalmoscope faisait voir celle opacité sous la forme d'une figure brillante et blanche, de forme ovale, placée obliquement. Derrière, au-dessus d'elle, s'étendait presque à lra\ers tout le corps vitré une vessie allongée, d'un gris bleuâtre, dont la partie antérieure, pyriforme, se présentait comme lêle, le rétrécissement suivant comme cou et la partie plus foncée, nettement délimitée et ovale, comme la partie vésiculaire du cysticerque. Une fine membrane enveloppait tout l'animal.

Quand Tentozoaire est fixé sur la rétine ou qu'il gît sous cetle membrane, les signes ophthalmoscopiques ne sont pas les mêmes. Dans un cas de la première espèce, M. de Graefe a observé à l'ophthalmoscope des altérations très avancées dans la partie centrale de la rétine, lesquelles atteignaient leur maximum sur deux points, à savoir à la papille du nerf optique et un peu en dehors de la tache jaune. C'étaient une décoloration d'un vert clair et une dégénérescence à grosses granulations, qui otaient à la rétine presque toule trace de transparence, et recouvraient non-seulement le tissu choroïdien, mais encore par places les vaisseaux rétiniens. Tout à fait séparée de celte altération, se trouvait, dans la partie inférieure du fond de l'œil, faisant saillie dans l'espace du corps vitré, une vésicule, ordinairement assez arrondie, d'un vert bleuâtre, au milieu de laquelle une partie blanche, réfléchissant plus fortement la lumière, paraissait devoir être une tète, et qui présentait des constriclions ondulées très marquées : celte vésicule avait quatre fois le diamètre delà papille du nerf optique. La tête n'était jamais sortie. Le sac élail fixé au fond de l'œil, dont. les mouvements ne lui imprimaient pas la moindre oscillation. Les vaisseaux rétiniens passaient également sous le sac, de sorle que le cysticerque était situé à la surface interne de la rétine. Dans un cas où Tentozoaire élait situé sous la rétine, l'examen ophthalmoscopique fil voir de fines membranes qui flottaient dans le corps vitré sur toule l'étendue du fond de l'œil. Dans la partie inférieure de celui-ci, on apercevait une place offrant un reflet bleuâtre assez fort, qui ne pouvait être produit que par un cysticerque ou un détachement de la rétine. La forme bien tranchée qui se voyait, dans l'examen à l'image droite, avait déjà presque établi le diagnostic, mais à l'image renversée, on pouvait distinguer une vésicule dont le diamètre était au moins trois fois celui de la papille du nerf optique, et sur laquelle on pouvait voir des contractions ondulatoires pendant lesquelles certaines parties de la vésicule devenaient saillantes. La lêle, de couleur blanche, était placée du côté externe. La rétine formait un pli qui recouvrait le cysticerque, par-devant lequel passaient quelques rameaux vasculaires assez forts. — La partie de la choroïde correspondante au cysticerque élait atrophiée et présentait sur ses bords irréguliers un dépôt pathologique de pigment.

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On voyait aussi dos places atrophiées sur quelques autres points de la choroïde, et les plus marquées (rentre elles dans la partie externe du tond de l'œil.

La présence de cyslicerques au fond de l'œil donne lieu à tous les désordres que peuvent produire les corps étrangers : iritis et iridochoroïdile, rétinite et synchisis, voire même ophlhalmitis. Il faut donc chercher par tous les moyens à les en éloigner. M. de Graefe a, dans une circonstance (voir obs. 280), fait une irideclomie préalable, afin d'éclairer plus fortement le fond de l'œil : quelque temps après, il a extrait le cysticerque du corps vitré au moyen d'une pince à canule introduite à travers une ouverture faite à la sclérotique : l'issue de l'opération aurait été entièrement favorable, n'était la cataracte traumatique qui n'avait pu être évitée. M. Liebreich a réussi complètement en agissant de la même façon, au moyen d'une pince capsulaire dont il pouvait surveiller les mouvements, ainsi que ceux de l'animal, au moyen d'un ophthalmoscope fixé autour de sa tète et qui éclairait l'œil (1). M. de Graefe conseille aujourd'hui de pratiquer l'extraction par la coruée, seul moyen propre, dit-il, à amener des réussites complètes. Il procède par trois temps successifs : 1° iridectomie à la partie inférieure et externe; 2° un mois plus tard, extraction de la lentille; 3° six semaines après, extraction de l'entozoaire par une plaie linéaire de la cornée (voir obs. 282).

Obs. 279 (2>. — Le malade, âgé de 32 ans, tailleur, s'élail aperçu, sept ans auparavant, qu'il y voyait moins de l'œil droit que du gauche; maintenant il peut à peine lire de cet œil, qui se fatigue bientôt, devient douloureux et larmoyant, el oblige le malade à cesser tout effort de vision. La pupille est large et paresseuse, l'iris légèrement décoloré, et sa teinte d'un vert un peu plus foncé et plus sale que celle de l'autre côté ; en même temps, il est poussé en avant : du reste l'organe n'a jamais été enflammé ni douloureux. Quand la pupilie est dilatée par la belladone, on voit au côté interne de l'iris un corps de forme ovale, nettement limité, très brillant, qui paraît situé dans la partie antérieure du corps vitré. Il est verticalement placé, le point le plus élargi de l'ovale en bas, el présente, vers son milieu, des stries et des bandes semblables aux couches concentriques du bois; étranglé vers sa partie inférieure, dilaté ensuite, il présente une sorte de léle. Du milieu de sa face postérieure et profonde part, en se dirigeant vers le centre de l'œil, une espèce d'appendice cylindrique bien moins opaque que le reste et d'une couleur bleuâtre claire et brillante ayant l'aspect de la gaze; après ce court trajet horizontal, sa partie postérieure se redresse supérieurement en angle el se termine par une extrémité arrondie. Les bords sont arrondis el comme onduleux. Le corps principal, mesuré dans son plus grand diamètre, a à peu près 7 milimèlres, el son appendice postérieur environ le tiers de celte- longueur. Examiné sous un jour favorable, il offre une couleur opaline légèrement teintée en jaune verdâlre el paraît transparent. A l'ophlhalmoscopc, le kyste dont ce corps esl formé parait plus transparent que lorsqu'on l'examine à une moindre lumière; mais, sous tous les autres rapports, la vue simple donne les mêmes résultais que l'instrument. Il reste immobile, quels que soient les mouvements que l'on imprime à l'œil. Avec l'ophlhalmoscope, le regard peut plonger entre les parties inférieure et supérieure du corps étranger et les luniques de l'œil, mais à sa partie interne, il semble

(1) Allas d'opblbalmoscopie, p. 18.

(2) Williams. Loc. cit.

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