DÉFINITION DE LA PRESBYOPIE
72. — On sait qu'avec le progrès des années, l'homme est obligé d'éloigner de plus en plus de lui l'objet sur lequel est appelée son attention, s'il veut le voir distinctement. En même temps que ce « punctum proximum » s'éloigne, et s'éloigne jusqu'à l'horizon, on a constaté que le point éloigné, le « punctum remotissimum » ne variait que dans une très faible mesure. Cette modification de la vision consiste donc uniquement dans l'épuisement sénile de la faculté d'accommoder ; la structure même de l'œil y est quasi étrangère.
On a donné à cet état le nom de presbytie ou presbyopie : si on veut le considérer comme une anomalie, ce sera donc une anomalie de la réfraction dynamique ou accommodation, mais non pas de la réfraction statique. Nous le considérerons ici, avec M. Donders, comme une modification physiologique (liée aux progrès des années), et par conséquent régulière, de cette faculté dynamique.
Les considérations développées dans les deux paragraphes qui précèdent montrent suffisamment que, sous le rapport de la réfraction, l'hypermétropie est le véritable état à mettre en opposition avec la myopie, et non la presbyopie, comme on la fait jusqu'ici. Nous verrons en effet, plus loin, que la presbyopie, comme on peut en juger d'après sa définition, peut venir compliquer les trois états différents de la réfraction.
§ II. Anomalies de l'accommodation, ou réfraction dynamique.
73. Classification. — D'après ce que nous avons vu (24 et 25),. l'accommodation repose sur la variation éprouvée dans sa forme par le cristallin, sous l'influence d'une action musculaire (muscle ciliaire).
Les anomalies de l'accommodation ne pourront donc porter que sur le système lenticulaire ou sur le système musculaire, seuls éléments de la fonction.
Les anomalies du système lenticulaire consisteront dans sa présence ou son absence (aphakie), ou dans les troubles visuels que pourraient, sans oblitérer complètement la vision, déterminer des