DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL DES LÉSIONS FONCTIONNELLES DE LA VISION. LVII
opacités plus ou moins accusées dont il peut être ou devenir le siège. Nous les étudierons sous les chefs « aphakie » et « phénomènes de polyopie monoculaire. » On y pourrait certainement faire figurer également quelques-unes des perversions fonctionnelles connues sous le nom d'astigmatisme.
Quant aux anomalies à rattacher au système eiliaire, nous aurons à étudier :
Les affaiblissements (parcsis) de l'accommodation succédant à différentes affections débilitantes; les paralysies plus ou moins complètes qui, probablement sans exception, accompagnent celles du sphincter de l'iris et se rattachent aux paralysies de l'oculo-moteur; enfin, les spasmes qui, quoique plus rares, se rencontrent aussi et dépendent d'actions directes ou indirectes du système nerveux.
§ III. Diagnostic de l'amétropie.
74. — Un œil se présente à l'examen; il n'y voit pas à distance, c'est-à-dire que, mis en face de l'échelle progressive, à 20 pieds de distance, il ne peut en lire distinctement aucun caractère, si ce n'est peut-être vaguement les types des nos 100 ou 200.
Plaçant alors devant lui la petite ouverture du trou d'épingle, ce sujet lit couramment le caractère 20 ou 50 ; l'unité et la transparence ne sont donc pour rien clans le trouble de sa vue.
Pour nous mettre à l'abri d'une dernière cause d'erreur, supposons en outre l'accommodation paralysée par l'atropine.
Cela posé, voilà un œil atteint bien évidemment d'amélropie; les rayons parallèles n'y déterminent, pendant le repos aceommodatif, que des impressions confuses.
Maintenant, à quel genre d'amétropie avons nous affaire?
Suivant alors le procédé de M. Donders pour la détermination du « punctum remotum » (§ 55), nous plaçons successivement devant l'œil du sujet, l'autre étant couvert, une série régulière de verres convexes et concaves, en commençant par les plus faibles.
Le sujet répond que les verres concaves améliorent de plus en plus sa vue, à mesure qu'ils deviennent plus forts, jusqu'à un certain numéro, après lequel l'amélioration reste à peu près la même. Les verres convexes, au contraire, la brouillent de plus en plus. Chacun conclut évidemment que le sujet est myope.
Inversement, si la réponse est favorable pour les verres convexes et défavorable pour les verres concaves, le sujet est déclaré hypermétrope.
Dans le premier cas, il a vu plus nettement, à mesure qu'on lui ôtait de la réfraction, dans le second, à mesure qu'on lui en ajoutait.
LVI1I DIOPTRIQUE PATHOLOGIQUE