‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 47 sur 273 · fc · texte numérisé non relu

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Si, par la méthode directe exposée au (85), nous trouvons (pour les distances marquées dans la troisième colonne) un numéro plus fort que celui qui correspond à l'âge, nous devrons soupçonner l'existence de l'hypermétropie acquise ou un léger degré d'hypermétropie originelle, et nous en assurer par une recherche directe.

Nous remarquerons que, si M. Donders a lîxé à 8 pouces la limite conventionnelle de la presbyopie, il prend, dans la pratique, un terme plus éloigné pour l'usage ordinaire, au moins dans les premières époques de la presbyopie confirmée. Il convient, en elîet, de tenir, autant que possible, au delà de 8 pouces, les objets de l'attention soutenue ou du travail, c'est-à-dire tant que les exigences d'une profession obligée ne pèsent pas sur votre libre choix. La raison n'en est pas dans le péril apporté par un verre approprié à la distance de 8 pouces, mais dans celui qui suit la convergence binoculaire excessive ou même seulement un peu trop prononcée. Voilà pourquoi, dans la première partie de la

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table, nous voyons les dislances de 14, 13 et 1°2 pouces comme celles auxquelles il conviendra de s'en tenir tant qu'il sera possible.

Mais quand l'âge avance, l'acuité diminue non moins que l'accommodation, et celle diminution impose l'obligation de rapprocher beaucoup les objets pour avoir sur la rétine de plus grandes images. Alors nous trouvons dans la table les distances de 9, 8 el même de 7 pouces. Ici on n'est plus maître de régler son choix : il faut obéir aux lois naturelles. Le conseil à donner aiors, dans les classes aisées, sera donc de diminuer d'autant la durée de l'application.

89. Traitement et hygiène. — L'usage des lunettes convexes doitil être conseillé dans la presbytie — à quelle époque doit-il l'être? La question de mesure vidée, se présente la suivante : Y a-t-il, oui ou non, indication, dès que la presbyopie commence à s'accuser, à conseiller l'usage des lunettes? Si l'on consulte les tables de M. Donders, la réponse ne saurait être douteuse : Oui, il faut venir en aide et sans retard à l'accommodation disparue ou affaiblie. Cette situation est en manifeste opposition avec les préjugés régnants : Ne craignez-vous pas, nous dit-on, de perdre par là toute occasion d'exercice habituel de l'accommodation, en lui enlevant désormais tout effort? Nous répondrons que, tant qu'il subsiste encore quelque portion de faculté accommodative, il convient en effet de Yexercer; et on le fait en portant de temps à autre sa vue sur des objets rapprochés, puis, au bout de quelques instants, sur des objets distants ; et ainsi de suite plus ou moins fréquemment.

Mais est-ce un simple entrelien d'une faculté qui s'en va, que de le lier par un effort prolongé et quasi sans relâche (celui d'une occupation suivie) à des conditions qu'elle n'est plus apte à remplir? Comment! jusqu'à 50 ans cette faculté a été constamment exercée, elle a péri à la peine, et c'est à la veille de son décès que l'on voudrait exiger d'elle ce qu'elle ne faisait pas quand elle était jeune. N'est-ce pas folie, ajoute judicieusement M. Donders, que de se condamnera épuiser sa vue en même temps que son cerveau?

90. Traitement et hygiène de la presbyopie dans ses complications étiologiques. — Il y a des presbyopies apparentes qui se déclarent prématurément. On rencontre en effet des individus qui présentent une diminution , relativement à leur âge, de l'étendue de l'accommodation. Il n'est pas rare qu'on l'attribue à des excès de travail.

L'observation enseigne qu'il est exceptionnel que le travail altère l'accommodation d'un œil emmétrope : il n'altère cette faculté que chez l'hypermétrope (aslhénopie, voir ce mot (100), comme d'autre part, ce même travail fatigue et congestionne les membranes profondes dans l'œil myope, mais non son accommodation ; c'est la convergence seule qui parait être en jeu. Il semble même résulter des observations cliniques que la microscopie, l'usage de la loupe, dans les professions qui semblent en entraîner l'abus, ne fatiguent pas l'accommodation, dans l'œil emmétrope. La raison est que, dans ces circon-

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stances, l'œil se met au maximum du relâchement. Quand une asthénopie apparaît dans cet œil, c'est après des maladies, des fièvres débilitantes, une vieillesse prématurée, ou enfin, le glaucome. Quand un malade demande fréquemment à changer de verres, il faut surveiller la tension du globe!

La presbyopie prématurée annonce souvent aussi une cataracte débutante : l'endurcissement des couches corticales allonge, comme nous le savons, le foyer. (Donders).

Un affaiblissement musculaire, une paresse de l'accommodation peuvent être pris pour une presbytie commençante. Mais, comme cette affection marche rarement sans la mydriase, que celle-ci annonce souvent une paralysie de la troisième paire, on a, dans ce cortège, des avertissements différentiels.

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