‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 5 sur 273 · DE L'OEIL CONSIDÉRÉ COMME INSTRUMENT DE RÉFRACTION · texte numérisé non relu

DE L'OEIL CONSIDÉRÉ COMME INSTRUMENT DE RÉFRACTION

SECTION L

RÉFRACTION STATIQUE ET RÉFRACTION DYNAMIQUE. § I. De l'œil considéré comme une chambre obscure.

i. — L'œil, dans ses rapports avec les rayons lumineux qui viennent tomber sur sa face antérieure ou transparente (cornée), représente la chambre obscure des cabinets de physique. Les objets éloignés, ou qui envoient vers lui des rayons parallèles, se peignent sur cet écran en figures renversées, géométriquement semblables à

ces objets.

Dans la chambre obscure des cabinets de physique,un mince faisceau lumineux cylindrique, qui se promènerait sur le contour de l'objet A B, fig. i, en ayant toujours pour base le petit Irou circulaire 0, dessinerait, par son prolongement, sur ia paroi opposée à l'orifice 0, une image b a semblable à A B, mais évidemment renversée par rapport à cet objet.

L'œil dans lequel la pupille serait é'jxes-

szï'emen/ resserrée, ressemblerait absolument à cette chambre obscure tout à fait simple. On sait, en outre, qu'en élargissant l'orifice 0 et y plaçant une lentille, dont la longueur focale égalerait la largeur de la chambre noire, en obtient encore le même effet, mais avec plus de lumière. (Voir la chambre noire des photographes.)

On démontre l'identité de l'œil et de la chambre obscure, au moyen d'un œil de lapin albinos. Sur cet œil frais, les objets qui forment le paysage placé en avant se peignent renversés sur l'hémisphère postérieur.

DIOPTRIQUE PHYSIOLOGIQUE

On observe alors que tous les points de celte image hémisphérique présentent une netteté sensiblement égale. »

Dans la figure n, o représente la projection horizontale d'un fil traversant par son axe vertical l'œil de lapin albinos; A étant une lumière qu'on transporte successivement en B, C, D' (K D'étant parallèle an plan de la cornée), l'image de la flamme se peint, à chaque1 déplacement de la lumière, en a, Fig- »• b, c, d, c'est-à-dire

Constamment dans le plan vertical passant par A, B, C, D et le fil de suspension.

D'autre part, si l'on fixe le regard sur un point de mire précis, et

sans s'en écarter un seul instant, on remarque qu'on a la notion très

nette de la position d'un point mobile bien visible, qu'un assistant

promènerait dans le champ périphérique de la vision. On ne perd ce

point mobile de vue, du côté externe, que presque absolument dans

le plan même delà circonférence de la cornée; du côté interne, on le

suit seulement jusqu'aux limites opposées par la protubérance

nasale. On conclut de ces observations et expériences que :

2. — Le champ visuel périphérique atteint, pour un seul œil, une étendue à très peu près égale à une demi-sphère; en d'autres termes, tous les points de la rétine font partie de la surface focale de l'appareil dioptrique.

5. — Si tout l'hémisphère visible se peint nettement sur l'écran rétinien, il n'y a pourtant, dans toute cette étendue, qu'un point sur lequel se fixe, à un moment donné, l'attention du regard. Ce point, situé au pôle de la surface rétinienne, est le centre d'un emplacement objectivement remarquable et caractérisé par des dispositions anatomiques notables. On le nomme macula lutea, tache jaune. En cet endroit, les vaisseaux deviennent invisibles, mais les cellules nerveuses, bâtonnets et cônes, y montrent un développement remarquable; en son centre est un petit espace (fovea centralis) encore plus remarquable, et caractérisé par l'amincissement extrême de toutes les couches de la rétine, à l'exception de la couche des bâtonnets.

Cette proposition a été démontrée par M. Donders. Ce physiologiste a fait voir, au moyen de l'oplithalmoscope :

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