AVANT- PROPOS
Malgré le légitime succès obtenu par quelques publications récentes, relatant les progrès principaux accomplis par l'ophtlialmologie dans le cours de ces quinze dernières années, le besoin paraissait se faire sentir, dans les pays de langue française, d'un résumé didactique des acquisitions nouvellement faites par la science dans cette voie.
La publication, par les soins de la New Sydenham Society, de la magnifique œuvre de M. Donders, Sur les anomalies de la réfraction et de l'accommodation, montre suffisamment que ce besoin avait été également accusé en Angleterre. D'autre part, cependant, la reproduction, dans notre langue, de ce beau manifeste de ia science dépassait et les besoins et les ressources. On nous demandait, de différentes parts, un travail plus concis que ce bel ouvrage, et contenant, dans un espace restreint, la substance, les idées fondamentales des découvertes modernes, quelque chose sur le modèle du savant traité allemand de Cornélius; mais sans formules surtout, sans calculs!
Or, l'œil n'est ni plus ni moins qu'un instrument de géodésie; et quel instrument! Faire de la géodésie sans calculs, sans formules : voilà ce qu'on exigeait de nous! Malgré la contradiction des termes d'une telle entreprise, nous nous mîmes cependant à ''œuvre. L'essai résumé qui va suivre est le résultat de cette tentative.
(lj Travail original apparlcnant à cette édition.
H DIOPTRIQUE PHYSIOLOGIQUE
Nous nous apprêtions à livrer ce travail au public, sous la forme d'un simple manuel à l'usage des étudiants, lorsque les savants auteurs de la traduction française de Mackenzie offrirent à notre Précis de la réfraction les honneurs de l'hospitalité, dans le Supplément devenu nécessaire à leur première publication.
Nous nous excuserons donc, auprès du public, de la disparité qu'offre un résumé aussi condensé qu'est le nôtre, avec l'ampleur des proportions du monument auquel il a aujourd'hui le périlleux honneur de se trouver annexé. Nous avons dû diriger tous nos soins vers la concision et la simplicité; présenter, sous les aspects les plus dépouillés, des découvertes et des propositions entourées jusqu'ici de précieux développements ; enlever enfin, à notre exposition, tout ce qui eût pu avoir le moindre semblant d'allure mathématique. Espérons que tous ces sacrifices n'auront pas eu lieu aux dépens de toute clarté.
Les lecteurs au courant de la littérature spéciale étrangère trouveront, dans notre travail, de nombreuses réminiscences des œuvres qui répandent tant d'éclat sur les célèbres écoles de Heidelberg, Berlin, Utrecht, Leipsig, Vienne. Ils voudront bien se souvenir qu'il n'est qu'un simple travail de vulgarisation; qu'en toute circonstance importante, nous avons eu le soin de rappeler le nom de l'auteur de la découverte, et que, si parfois cette précaution est omise, ce n'est souvent que pour éviter les répétitions et par égard pour la modestie des auteurs.
Cette élude, à laquelle, dans une vue de simplification et de méthode, nous avons donné autant qu'il a été en nous une forme se rapprochant de la forme aphoristique, comprend trois parties. Dans la première , Dioptrique physiologique, nous avons résumé, en un petit nombre de propositions nettement définies , la physiologie de l'organe, l'histoire de ces deux grandes fonctions : la réfraction et l'accommodation.
Dans la seconde, Dioptrique pathologique, le lecteur trouvera le tableau explicite de leurs anomalies. Nous nous sommes efforcé d'y faire entrer toutes les idées propres à diriger le praticien dans le diagnostic, la thérapeutique et l'hygiène ressortissant à chacune d'elles. Toutes les règles formulées dans le cours de cette exposition sont ensuite rappelées brièvement et appliquées dans un paragraphe spécial, dont le titre indique à lui seul toute l'utilité : Leçon pratique pour l'établissement du diagnostic dans un cas d'affection fonctionnelle de la vue.
Un chapitre intermédiaire contient en outre une exposition théorique, sommaire et complète à la fois, de i'ophthalmoscopie, avec l'indication des règles de son emploi dans les anomalies fonctionnelles, aussi bien qu'à l'état physiologique.
La troisième partie enfin résume, au point de vue physiologique, les lois qui régissent
la vision binoculaire associée.