‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 77 sur 273 · PARALYSIE ET AFFAIBLISSEMENT DE L ACCOMMODATION. CXXUI · texte numérisé non relu

PARALYSIE ET AFFAIBLISSEMENT DE L ACCOMMODATION. CXXUI

§ IV. Du mode d'action des mydriatiques.

134. — Si l'on suit pas à pas les phénomènes que nous venons de résumer, on observe :

1° Que le sphincter de l'iris est graduellement paralysé. Bientôt, mais plus lentement, le même fait se constate dans le muscle ciliaire. Il y a donc premièrement effet stupéfiant produit sur les fibres nerveuses de l'oculo-moteur.

2° Le muscle dilatateur de l'iris se contracte puissamment. (M. Ruele a démontré, en effet, que, dans les paralysies morbides de Toculo-moteur, l'atropine manifestait une énergique action dilatatrice, qui ne pouvait évidemment être produite que par la contraction des fibres radiées.)

Il faut, pour se rendre compte de ce résultat, admettre que l'atropine exerce sur le nerf sympathique une action stimulante. Mais il faut encore admettre que cette action s'exerce par l'intermédiaire des cellules ganglionnaires.

L'effet observé, en effet, est constant, permanent, et c'est le propre des cellules ganglionnaires que le maintien d'une action constante.

D'autre part, pendant l'action maxima de l'atropine, le sympathique (physiologie expérimentale) peut encore être artificiellement excité, et produire ainsi un accroissement de dilatation. Son action est donc encore susceptible de plus et de moins. Nous devons en conclure qu'assurément l'atropine stimule le nerf sympathique et que probablement elle étend son action sur les cellules ganglionnaires (Douders).

Action sur le trijumeau. — L'action de l'atropine sur le trijumeau est, sans doute, narcotisante. Cependant aucun effet direct n'a pu être constaté. Après la division de ce nerf ou sa paralysie d'un côté, les mêmes différences s'observent à droite et à gauche après l'action de l'atropine. Ajoutons, pour terminer, que M. de Graefe attribue à l'atropine une action par diminution sur la tension oculaire. L'effet de l'atropine, dans certaines tensions oculaires pathologiques, semble conduire à cette conclusion.

Cependant, d'autre part, M. Dondersa montré que: si, dans le cours d'une heure et demie, l'instillation est suivie de douleurs et d'injection dans les vaisseaux, la préparation ne convient pas et amène, par son usage répété, une inflammation spéciale. Cette inflammation, au bout de quelques mois d'usage, se montre aussi chez certains sujets. L'usage de l'atropine doit alors être suspendu. Il est rare que, dans de tels cas, d'autres mydriatiques soient mieux supportés. Psous avons tous observé de ces faits; il y a donc encore ici quelque chose d'inconnu et qui doit être étudié: à savoir l'action des mydriatiques et des myoliques sur les vaisseaux. Contrairement aux prévisions les plus logiques, on observe souvent des cas où la tension vasculaire semble diminuée dans l'œil par l'usage des myotiques, ou s'accroître, au contraire, par l'emploi des mydriatiques.

CXXIV DIOPTRIQCE PATHOLOGIQUE.

Quant au mode de pénétration de l'atropine dans l'économie, après son application entre les paupières, les expériences de MM. de Graefe et Donders ont surabondamment démontré qu'elle a lieu par absorption directe opérée par la cornée. Chacun connaît ces belles expériences dans lesquelles l'humeur aqueuse d'un lapin, soumis à l'instillation d'atropine, a pu, au bout d'un quart d'heure, servir de collyre mydriatique pour d'autres animaux.

Plus la cornée est mince, plus l'adion est rapide. Quand, à la suite d'une friction sur le front, la dilatation s'observe, il y a lieu de soupçonner qu'un peu de la substance a touché la conjonclive. Ajoutons que, lorsque l'absorption a lieu par méthode hypodermique, en général les deux yeux en subissent l'influence.

§ V. Effet des solutions à divers titres.

155.— Une solution de ■— (25 cenligr. sur 30 gr.) produit, comme nous l'avons vu, à la dose de 1 goutte, tous les effets qu'on peut attendre de l'atropine sur l'iris et sur l'accommodation. Celle dose de 4 goutte (4) représente 0 milligr., 3 de sulfate d'atropine.

— La solution de jj^ produit une bonnedilalation dans les 30 minutes; l'accommodation est à peu près complètement paralysée en 45 à 60 minutes; après quelques jours, tout est réparé. Une goutte de celle solution représente 0 milligr., 02 (deux centièmes de milligramme du sel). — La solution de yïôô prod u i t la dilatation en 25 à 33 minutes : celle solution ne détruit pas entièrement l'accommodation. Au bout de quelques heures, l'effet produit sur l'iris est déjà en voie de diminution, mais il n'a complètement disparu que le quatrième jour environ. Une goutte de cette solution correspond à 0mm,0!5.

— La solution de lit\00 commence à agir sur la pupille, après 40 minutes environ; de deux à quatre heures après, le diamètre de la pupille s'est accru de 2 millimètres. La contraction reparaît après sept heures, et, le lendemain, il ne reste plus trace de l'effet jnydriatique. Une goutte de cette dernière solution contient 0mm,00009 de sulfate d'atropine (f)r Kuyper) ou, en nombres ronds, = 0mm,0001.

On l'obtient très simplement en laissant tomber dans 420 grammes d'eau distillée, une goutte de la première solution. De cette façon, la première solution peut servir à la fois à obtenir ad libitum soit l'effet complet du mydriatique, soit une simple action déterminée de la pupille pour une observation expérimentale.

Les expériences de M. Follin l'ont conduit, sur la valeur relative des solutions faibles d'atropine, à des résultais très analogues.

Les collyres secs à la gélatine de M. E. Hart, de Londres, présentent des divisions analogues. Le disque colé (,,uoou de grain) représente une goutte contenant elle-même 0mm,0025 de sel. Celui colé — Jj — de grain équivaut à 0mm,0010. Lutin le plus faible, marqué )OU'UO(;, représente 0»,m,0u05. Le papier alropiné deM.Slrealfeild contient, par division de un cinquième de pouceau carré, 0mm,15 de sel.

On emploie encore, à titre de mydriatiques, l'extrait de Datura stramonium ou son alcaloïde la dalurine, et l'extrait de jusquiame. Ce dernier extrait, à la dose de 25 centigrammes dans 4 grammes d'eau, produit tous les effels des solutions faibles citées ci-dessus, celle de — - — en particulier (Coccius). Nous l'avons vérifié également.

(I) IN'oiis supposons que vingt gouttes pèsent 0,70 gr.

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