‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 78 sur 273 · PARALYSIE MORBIDE DE L ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

PARALYSIE MORBIDE DE L ACCOMMODATION

156. — L'accommodation, force active, est, ainsi que nous l'avons vu, sous l'influence directe de la courte racine du ganglion ophthalmique, provenant elle-même de l'oculo-moleur. Les causes de sa paralysie ne devront donc être recherchées que dans celles qui peuvent affecter le moteur oculaire commun.

Nous ne voulons pas dire par là que l'accommodation ne puisse être paralysée, sans qu'on observe en même temps les symptômes de semblable défaillance dans les forces innervées par l'oculo-moteur. Dans nombre de cas, en effet, on rencontre la paralysie limitée aux dépendances de la courte racine, muscle ciliaire et iris. Mais, dans un nombre de cas au moins égal, les autres branches de l'oculo-moteur sont également atteintes. Il est très rare, par exemple, que, celles-ci étant toutes entreprises, l'accommodation ne soit pas aussi compromise.

§ I. Paralysie exclusive de l'accommodation.

157. — La paralysie de l'accommodation seule est plus commune chez les femmes et les enfants. Celle de la 5e paire (y compris l'accommodation) l'est plus, au contraire, chez l'homme, mais après 25 ans. Il est rare qu'elle soit complète, c'est-à-dire qu'il n'y ait plus trace de pouvoir accommodatif. La paralysie exclusive de l'accommodation n'a qu'un symptôme objectif, à savoir : la dilatation et l'immobilité de la pupille. Nulle action réflexe ne peut être obtenue dans la paralysie complète. Mais ces cas sont rares.

Les phénomènes subjectifs jouent ici le grand rôle; et, dans ceuxci, l'état de la réfraction statique marque dès l'abord son influence.

L'emmétrope, par exemple, accuse une impossibilité plus ou moins grande pour les occupations de près. Il n'y voit plus avec netteté qu'au loin. On le distingue alors de l'hypermétrope par l'essai, au moyen des verres convexes, dans la vision à distance. Aucun de ces verres ne peut améliorer sensiblement sa vue.

Chez Y hypermétrope, au contraire, il y a d'abord trouble marqué, de loin comme de près, une confusion réelle à toute distance; ces malades se présentent en général à nous avec une véritable crainte d'être amblyopes. Le verre convexe, employé dans la vision à distance, précise bientôt le diagnostic.

CXXM DIOPTRÏQUE PATHOLOGIQUE.

Le myope est plus favorisé : si le irouble de sa vue à distance est singulièrement accru par la grandeur mydrialique des cercles de diffusion, la vision de près est, par contre, bien moins altérée. Il y a chez lui un point (réunion du point p et du point r) pour lequel la vision est parfaite. Mais ce point est unique ; et si la myopie est légère, c'est-à-dire si r est un point loin du sujet, les occupations de près se trouvent ainsi suspendues.

Nous supposons, dans tous ces cas, que la paralysie soit complète. Mais il n'existe parfois qu'une paralysie incomplète ou paresis. Dans ces cas, le diagnostic est un peu plus difficile.

Chez le myope, les symptômes seront peu apparents, incommoderont peu le malade : ce que nous venons de dire à son sujet l'explique suffisamment. Chez V emmétrope et V hypermétrope, on observera de l'aslhénopie : on devra rencontrer les effets d'un effort plus ou moins pénible pour surmonter le déficit de la force naturelle; cette asthénopie sera prématurée chez l'hypermétrope. En outre, eu égard à cet effort même, le malade accusera souvent de la micropie (152). Enfin, non moins fréquemment, on observe tous les troubles de la polyopie monoculaire. La raison en a été suffisamment exposée (95).

| II. Paralysie de l'accommodation, compliquée de celle des autres branches

de l'oculo-moteur.

158. — Danscettecirconslance,la symplomatologie de la paralysie propre de l'accommodation s'enrichit de toute celle de la paralysie complète ou incomplète de la troisième paire.

Le premier signe apparent est le relâchement de la paupière supérieure et un peu aussi de l'inférieure : la fente palpébrale est inclinée et abaissée. C'est en effet généralement le releveur de la paupière supérieure qui est le'premier atteint, comme c'est, au contraire, l'oblique inférieur qui l'est le moins souvent; circonstance bizarre, car c'est lui qui fournit la courte racine du ganglion, que l'on voit si souvent prise toute seule.

Ce n'est pas ici le lieu de reproduire le tableau séméiolique de la paralysie de la troisième paire; strabisme, diminution ou suspension des mouvements, diplopie binoculaire, discordance des mouvements associés (1).

| III. Etiologie ou causes premières de la paralysie de l'accommodation.

159. — Elles sont évidemment les mêmes que celles des paralysies delà troisième paire. La plus simple de toutes est la paralysie d'origine rhumatismale, légère, celle que l'on peut directement rattacher à un

(1) Voir nos Leçons sur le Strabisme, §§ 51 el suiv.

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