‹ Traité pratique des maladies des l'oeil : (volume 2)Chapitre 82 sur 273 · MODE D'ACTION DE LA FÈVE DE CALABAR · texte numérisé non relu

MODE D'ACTION DE LA FÈVE DE CALABAR

162. — L'humeur aqueuse, extraite d'un œil (le lapin soumis à l'action

CXXX DIOFTRIQLE PATHOLOGIQUE.

un peu en excès de la fève de Calabar, a pu, comme pour l'atropine (quoique beaucoup plus difficilement que dans le cas de cette dernière), devenir un collyre myolique pour l'œil d'un autre animal (de Graefe). Il est donc démontré que le calabar pénètre par absorption directe dans l'œil, comme le fait l'atropine, quoique beaucoup moins rapidement.

3. DE L'ACTION SPÉCIALE DU CALABAR SIR TELLES OU TELLES FIBRES NERVEUSES.

Il résulte des expériences de M. Donders et de ses habiles collaborateurs :

1° Que, sous l'influence de la fève de Calabar, le sphincter de l'iris et le muscle ciliaire entrent en contraction.

Or, ces deux actions sont sous la dépendance plus particulière de l'oculo-moteur et même quelque peu du trijumeau. Néanmoins, lors de leur paralysie complète, la fève de Calabar ne demeure pas sans une certaine action sur ces mêmes appareils ; elle est même plus puissante encore après la section du trijumeau.

2° Le calabar paralyse un peu le sympathique; néanmoins, après la division du cordon ganglionnaire, le calabar exerce une action plus accentuée.

3° Le calabar ne paralyse pas absolument le sympathique ; car, après l'usage prolongé de celle substance, on peut encore, en irritant le sympathique, procurer une augmentation de la dilatation pupillaire.

Il suit de ces expériences, contradictoires en quelques points, qu'aucun nerf, parmi les trois origines du ganglion ophthalmique, ne peut être considéré comme agent exclusif de la contraction myolique. Nous sommes donc conduit à admettre qu'il y a, dans cette circonstance, une action exercée directement sur les éléments intràoculaires, c'est-à-dire sur les cellules ganglionnaires dont la présence y a été constatée.

Nous avons dit, tout à l'heure, que le calabar agissait en quelque mesure par dépression sur le sympathique. On le reconnaît aisément à ce fait que l'iris est beaucoup plus impressionné que l'agent de l'accommodation. Ainsi., la pupille a déjà atteint un degré de resserrement égal ou supérieur à celui procuré par la plus vive lumière et la plus forte accommodation volontaire, quand le point r n'est encore descendu que du tiers ou de la moitié de son parcours. Or, en cet état, le sphincter irien est encore susceptible de resserrement, sous l'influence d'une vive clarté ou de l'accommodation.

D'autre part, l'accommodation revient à son taux normal, bien avant que la pupille reprenne ses dimensions habituelles. Tous ces faits sont peu compréhensibles, si l'on n'y reconnaît un état

Page 1