SUITE
SECTION XXI
IRITIS EN GÉNÉRAL.
Syn. — Jrklitis ; Good. Uveitis; Simeons. Inflammation du globe de l'œil ; Jacob.
Fig. Wardrop, pi. VII], fig. 2 et S. Von Ammon, tlil. I. Taf. XIV, fig. 8, 11,15,11, 17, 21 et 23. Von Ammon, de iritide. Dalrymple, pi. XIX, fi^. 1, 5 et o. Sichel, pi. X, fig. 1 et 5.
La première description exacte de l'iritis n'a été donnée qu'au commencement de ce siècle par un médecin allemand (1). Cependant, les effets de l'inflammation de l'iris paraissent avoir été déjà observés par Hippocrate (2), si l'on s'en rapporte aux expressions dont il se sert à propos de certaine pupille qu'il décrit remplie de lymphe, contractée et déformée par des adhérences; et sans doute d'autres observateurs après lui avaient déjà dû remarquer ces mêmes altérations.
Le fait que l'iris est pourvu de sang, principalement par deux artères complètement distinctes de celles qui appartiennent aux autres tissus de l'œil, nous permet de comprendre comment l'iritis peut exister indépendamment de l'inflammation des autres membranes de l'œil et avoir une existence propre, comme la conjonctivite, la sclérotite ou la cornéite. L'iris reçoit, par les deux artères dont nous avons déjà parlé et par d'autres sources, une quantité de sang rouge considérable relativement à sa dimension ; et il n'est guère permis de douter qu'il ne reçoive des nerfs aussi bien de la vie de relation que de la vie organique: de là une grande disposition à l'inflammation. Un des principaux dangers de l'iritis vient de ce que cette inflammation est de nature adhésive, de sorte que, si elle est négligée ou méconnue, la pupille peut être oblitérée par un épanchement de lymphe plastique. Il existe toujours, conjointement avec l'iritis, un certain degré de
(1) Schjiidt. Ueber Nacbstaar undlrilis nach Staaroperationcn. Wien, 1801.
(2) Pruedictionum, lib. 11,28.
il. 1
rétinite qui constitue un autre danger qui n'est pas moindre que l'autre (1). Elle est aussi le plus souvent accompagnée d'un peu d'inflammation de la sclérotique et de la conjonctive, souvent aussi de celle de l'hémisphère antérieure de la capsule, s'étendant parle - à la choroïde. L'iris est néanmoins hien évidemment le foyer de î morbide et le point qui subit les altérations les plus frappantes, au bord pupillaire que l'on voit débuter la maladie, qui de là s'étei,. au reste de l'iris, à la capsule du cristallin, à la choroïde et à la rétine, tandis que l'inflammation de la sclérotique et de la conjonctive, qui l'accompagne, parait plutôt sympathique. Ce qui démontre d'ailleurs que l'iris est le plus souvent la seule partie qui ait été profondément attaquée, c'est que l'opération de la pupille artificielle rétablit quelquefois la vision dans des cas où l'iritis a déterminé l'oblitération de la pupille naturelle; preuve que la choroïde et la rétine n'ont point été sérieusement endommagées.
Symptômes. — Il y a certains symptômes qui caractérisent l'inflammation de l'iris, quelle que soit la cause qui lui a donné naissance. Ce sont :
1. La sclérotite zonulaire : elle donne lieu à la présence de petits vaisseaux capillaires qui se portent en rayonnant vers la circonférence de la cornée. (T. t. I, fig. 89, p. 649, et fig. 92 B, p. 650.) ■ 2. Le changement de coloration de l'iris. S'il est naturellement bleu, il devient verdàlre; rougeâtre, s'il était brun. Ces changements sont dus d'abord à une augmentation de vaseularité, et ensuite à un épanchement de lymphe dans sa substance ou sur sa face postérieure (2).
[M. Midcllemore dit avoir vu deux fois l'iris, atteint d'inflammation, devenir d'un beau rouge uniforme, comme s'il avait été soumis à quelque injection pénétrante : dans chacun de ces deux cas, l'œil du côté opposé offrait un iris bleu. Des cas semblables sont rapportés par Janin, Béer, Conradi, Robertson et autres auteurs ayant écrit sur les affections oculaires (o). T. W.]
5. La contraction, l'irrégularité et l'immobilité de la pupille.
k. L'épanchement de lymphe coagulable dans la pupille, la chambre postérieure, et quelquefois dans l'antérieure.
5. Les adhérences de l'iris, surtout à son bord pupillaire, avec la capsule du cristallin, et, dans quelques cas rares, avec la cornée.