PHTHALM1TIS POST-FÉBRILE
o. Mercure. — Je suis convaincu que le calomel avec l'opium constitue un des meilleurs moyens, exactement comme dans le traitement de l'iritis rhumatismale ou syphilitique. Celte manière de voir est confirmée par le témoignage de M. Hewson, qni parait s'être borné à ouvrir Tarière temporale et à prescrire trois grains de calomel avec un demi-grain d'opium à prendre chaque soir. Le docteur Jacob a trouvé le mercure si efficace et si certain dans cette affection, qu'il n'a pour ainsi dire pas employé d'autre moyen. Il donnait deux grains de calomel et un quart de grain d'opium, trois fois par jour. Il faut que la bouche se prenne, mais seulement après quelque temps, afin qu'on ne soit pas obligé d'y renoncer trop tôt.
4. Belladone. — La dilatation de la pupille constitue un point essentiel du traitement. On l'obtient en peignant, soir et matin, les paupières et le sourcil avec de l'extrait mou de belladone, dont le malade doit avoir soin d'entretenir l'activité en humectant de temps en temps les parties avec son doigt trempé dans l'eau.
5. Révulsifs. — Après un emploi suffisant de la saignée, les vésicatoires à la tempe et derrière l'oreille rendent de grands services. Ils aident à faire disparaître la douleur, diminuent l'inflammation et rappellent la faculté visuelle.
6. Quinquina. — M. Wallace a beaucoup vanté la supériorité du quinquina dans le traitement de cette affection. 11 lui attribue une action spécifique dans celle maladie. Il le recommande quand le malade est faible et semble réclamer les toniques, et même quand il est en pleine santé ; il soutient qu'on ne peut guérir à l'aide du mercure et croit fermement qu'il doit y avoir quelque erreur dans les cas que M. Hewson prétend avoir guéris à l'aide de ce médicament. Je n'ai jamais employé l'écorce de quinquina , mais les essais que j'ai tentés à l'aide du sulfate de quinine ne m'ont pas donné une haute opinion de l'efficacité de cet agent dans cette affection. Quelques-uns des cas les plus légers ont cédé, il est vrai, à la combinaison du calomel et du quinquina. Dans un cas il a produit de très bons effets; mais dans un autre il a agi très lenlement et très imparfaitement. En résumé, je n'ai point confiance en cet agent, et mes vues sur ce point sont confirmées par l'expérience du docteur Jacob. « Dans deux cas qui se sont présentés à moi, dit-il, après que l'inflammation avait disparu, et dans lesquels la vision était fort imparfaite, comme dans ceux où l'on n'a employé aucun remède, la poudre de quinquina avait été administrée pendant dix jours. J'ai moi-même essayé pendant huit jours le sulfate de quinine dans quatre cas bien dessinés; mais n'apercevant aucune amélioration, j'ai eu recours au mercure qui a amené la guérison dans l'espace de temps ordinaire. »
Je n'ai pas besoin de m'élendre sur les avantages qu'on peut retirer d'un régime convenable et des précautions contre le froid, ni sur lu-
tilité des fomentations chaudes et des frictions anodynes, non plus que sur les effets probables de quelques remèdes que je n'ai point essayés, tels que le tartre émétique, le colchique et la térébenthine (1).
SECTION XXXIX