‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 25 sur 147 · OPHTHALMIES TR AUMATI QUE S · texte numérisé non relu

OPHTHALMIES TR AUMATI QUE S

Fig. Wardrop. pi. \ I, fig. i. Dalrymple, pi. XII, fig. t. [Siehel, p. I, fig. 2, 5, 4, S et fi.]

Dans les sections précédentes de ce chapitre, nous avons expliqué comment chaque tissu de l'œil souffre à sa façon de l'inflammation qui s'y développe sans lésion mécanique ou chimique apparente ; la conjonctive est soumise à des flux puro-muqueux et à des affections éruplives; la sclérotique au rhumatisme et au ramollissement; l'iris à

(I) Voyez pour des observations détaillées d'oplilhalmilis post-fébrile : London Médical Gazelle, Nov. 2<i, I8iô, et le travail du docteur Anderson, que nous avons déjà cilé.

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l'inflammation adhésive ; la cornée à la perte de sa transparence, à l'infiltration purulente et à l'ulcération ; la choroïde à des épanchements fîbrineux et séreux, et à la hernie à travers la sclérotique amincie; la rétine à la perte complète de toute sensibilité à la lumière; chaque tissu en un mot éprouve des altérations différentes.

L'inflammation déterminée par des lésions chimiques ou mécaniques évidentes, et dont nous avons examiné les effets immédiats dans la seconde et dans la troisième sections du chapitre IV, et dans le chapitre XII, peut attaquer un ou plusieurs de ces tissus. Ainsi, l'on peut rencontrer des conjonctivites, des cornéiteset des iritislraumatiques,etc, et, ce qu'il y a de remarquable, c'est que l'inflammation traumatique des divers tissus de l'œil imite, si l'on peut s'exprimer ainsi, les ophthalmies que nous avons déjà décrites.

On voit quelquefois une lésion traumatique provoquer la conjonctivite puro-muqueuse , et fréquemment la conjonctivite pustuleuse ou phlycténulaire est produite par la même cause. L'iritis traumatique (celle par exemple qui survient si souvent après les opérations de cataracte) ressemble beaucoup à l'iritis rhumatismale ; mais chez certains sujets elle n'est autre chose que la maladie que nous avons décrite sous le nom d'iiïtis arthritique. L'inflammation traumatique rend la cornée opaque, ou y donne naissance à un onyx ou à une ulcération ; la même cause fait perdre au cristallin sa transparence et à la rétine sa sensibilité.

Ces observations bien comprises jettent un grand jour sur le traitement des ophthalmies traumatiques. La conjonctivite puriforme, due à une cause traumatique, doit être traitée exactement comme une ophthalmie catarrhale. Dans l'iritis traumatique, les trois préceptes principaux d'abattre l'inflammation par la saignée, de s'opposer à la contraction de la pupille par la belladone et de provoquer l'absorption à l'aide du mercure, doivent être suivis exactement comme dans l'inflammation rhumatismale ou syphilitique de l'iris.

C'est pour cela que j'ai jugé à propos de ne rien dire des ophthalmies traumatiques avant d'avoir complètement décrit les diverses variétés d'inflammation qui peuvent se développer dans chacun des tissus de l'œil sous l'influence des causes atmosphériques et constitutionnelles. Sans la connaissance de ces variétés d'ophlhalmies, il est difficile de comprendre les accidents inflammatoires que les lésions mécaniques peuvent déterminer sur les divers tissus qui se trouvent combinés dans l'œil; mais, à l'aide de celle connaissance, les symptômes et le traitement des ophthalmies traumatiques deviennent des plus simples. Ces symptômes varient sans doute à l'infini, eu égard à leur intensité. Dans certains cas, un seul des tissus de l'œil souffre; dans d'autres, plusieurs sont affectés; néanmoins, les propriétés constantes et spéciales , tant physiques que vitales , de chaque lissu ,

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font que, par quelque cause et dans quelque circonstance que l'inflammation survienne, elle donne lieu aux mêmes phénomènes essentiels.

La gravité et les résultats des inflammations traumatiques de l'œil dépendent de l'espèce des tissus entrepris, de l'étendue de la lésion, de la nature des agents qui l'ont produite, de la force avec laquelle ils ont agi, de la constitution du malade et de sa conduite après la blessure, et enfin du traitement mis en usage.

Dans toutes les blessures de l'œil, il y a une certaine solution de continuité à combler. Dans les simples incisions, la nature accomplit souvent celte réparation sans inflammation ; mais dans les plaies contuses et déchirées, dans les piqûres qui pénètrent profondément, et même quelquefois à la suite de lésions légères et superficielles en apparence, on a à combattre l'irritation consécutive, l'épiphora, la photophobie, l'inflammation et ses conséquences, telles que la suppuration, l'ulcération, etc. Le traitement général consiste dans le repos des yeux et du corps, la soustraction de la lumière, la diète, les purgatifs, la saignée, le calomel avec l'opium, Dans les cas légers, on applique des réfrigérants sur l'œil ; clans les cas plus graves, on a recours aux fomentations chaudes et à la dilatation de la pupille.

Une blessure légère peut être suivie d'une inflammation assez étendue pour mériter le nom d'ophthalmilis traumatique, forme de la maladie dans laquelle, ainsi que dans quelques-unes des variétés d'ophthalmitis déjà décrites, l'œil se gonfle et fait saillie hors de l'orbite. Les paupières sont alors refoulées en dehors, la conjonctive est recouverte d'une exsudation lymphatique, le fond de l'œil rouge; l'hyaloïde, s'infiltrant de lymphe plastique ou de pus, devient verdàtre; la cornée suppure ou se mortifie, l'œil se crève et se réduit finalement à un petit moignon. J'ai vu une petite incision de la cornée provoquer une ophlhalmilis qui s'est terminée par l'atrophie de l'œil.

Dans tous les cas d'inflammation traumatique, il importe de surveiller soigneusement l'état des organes digestifs. C'est en vainque l'on comptera sur la saignée et la salivation pour faire disparaître une inflammation due à une cause traumatique et empêcher la suppuration, si on laisse l'estomac dérangé ou les intestins surchargés d'aliments mal digérés ou de sécrétions altérées. Il faut en pareil cas administrer les purgatifs et les altérants jusqu'à ce que le tube digestif soit revenu à l'état normal.

Les personnes atteintes d'inflammation traumatique sont assez souvent avancées en âge, incapables de supporter beaucoup la saignée, et ont les forces vitales dans un état chancelant qui paraît devoir être amélioré par les toniques. On observe fréquemment une amélioration dans l'état de l'œil des malades quand on a amélioré leur nourriture et administré la bééberine ou la quinine.

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Les abcès delà cornée sont une des conséquences les plus fréquentes de l'inflammation traumatique ; ils sont très souvent suivis de la rupture de la partie antérieure de l'œil, qui amène le staphylôme partiel ou général. Ce symptôme ne cède pas facilement aux moyens employés. Outre la belladone qui exerce une action calmante en même temps qu'elle dilate la pupille, et quelqu'un des toniques dont nous venons de parler, j'ai vu la ponction de la cornée pratiquée à sa circonférence, mais à une certaine distance de l'endroit infiltré de pus, amener un résultat favorable.

Une règle importante dans le traitement des opbthalmies traumaliques, c'est de se tenir en garde contre les accidents les plus graves, contre les affections des tissus internes de l'organe, alors même que la lésion n'a été ou ne paraît avoir été que superficielle. Le traitement doit être en grande partie préventif. Il ne faut pas attendre, pour tirer du sang, qu'il soit survenu une inflammation intense, accompagnée d'une douleur circum-orbitaire aiguë. Il faut saigner chaque fois qu'une lésion grave est survenue. On n'attendra pas non plus que la pupille soit évidemment fermée ; mais on appliquera la belladone pour empêcher ce résultat. De même, on administrera le calomel avec l'opium sans attendre que l'iris change de couleur, aussitôt que la nature de la lésion portera à craindre une irilis. Il ne faut pas borner son attention au tissu qui a été directement lésé, ni à celui qui parait le plus enflammé. J'ai vu une petite parcelle d'acier enfoncée dans la cornée produire une iritis et une sclérotite assez intenses, sans avoir presque enflammé la cornée, et celte cause rester méconnue pendant que l'on dirigeait contre l'iritis un traitement approprié.

Dans quelques cas d'ophthalmilis traumatique, l'énorme gonflement des tissus environnant l'œil, l'épanchement qui survient dans la capsule oculaire et l'œdème delà conjonctive exercent une telle pression sur les paupières, qu'elles s'écartent vers leur commissure interne et que l'inférieure se renverse en dehors et pend lâchement. D'autres fois elles se gangrènenlen partie. Ces inflammations violentes de l'œil, à la suite de blessure, surviennent surtout chez les sujets scrofuleux ou chez ceux dont la constitution est altérée par tout autre cause. Un fait digne de remarque, c'est que des inflammations spécifiques de l'œil, telles que l'iritis syphilitique ou arthritique, peuvent être provoquées par des lésions traumaliques.

Une observation qui n'est pas sans intérêt, c'est qu'après qu'on a fait disparaître tous les autres symptômes d'une inflammation intense de l'œil, suite d'une lésion chimique ou mécanique, à l'aide de la saignée, des révulsifs, du mercure, etc., on voit souvent persister une photophobie très gênante et très opiniâtre, s'accompagnant d'un épiphora qui parait moins dû à un étal d'irritation de l'œil qu'à une sorte d'habitude de suractivité contractée par les paupières et la glande la-

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crymale. Outre les remèdes recommandés contre l'épiphora, je me suis bien trouvé, en pareil cas, de l'usage interne de l'extrait de stramonium.

SECTION XLI

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