‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 51 sur 147 · ARC SÉNILE · texte numérisé non relu

ARC SÉNILE

dépendre ou d'un simple empiétement de la sclérotique sur la cornée, ou d'une perte de transparence par suite d'atrophie de cette dernière. Un pareil état de choses est parfois le résultat d'une lésion traumatique ou de l'inflammation et, en général, l'arc s'élargit avec les progrès de l'âge. Au lieu d'avoir une forme arquée, l'opacité représente parfois un segment de cercle ou deux segments s'unissant à angle.

Lorsque l'on examine soigneusement un arc sénile, on voit qu'il est constitué par deux arcs ou anneaux : l'externe d'un gris blanchâtre, qui parait être un empiétement de la sclérotique sur la cornée ; l'autre, de couleur laiteuse, qui est le résultat de la dégénérescence graisseuse. Ces deux arcs sont séparés par une portion de cornée restée transparente, et qui, en même temps qu'elle paraît déprimée, est probablement plus faible qu'à l'état normal, car je l'ai vue se déchirer et donner naissance à une hernie volumineuse de l'iris chez une personne dont le pouce était venu par accident heurter la cornée. L'arc interne avance quelquefois tellement vers le centre de la cornée, qu'il ne laisse à découvert qu'une portion dont la dimension correspond à celle d'une pupille moyennement dilatée.

M. Canton, dans les cas où l'arc sénile était parfaitement développé, l'a toujours vu accompagné de la dégénérescence graisseuse des muscles de l'œil et du cœur. Lors donc que cet arc existe dans des cas où la circulation et la respiration éprouvent un embarras qu'on ne peut rapporter à aucune lésion manifeste, il doit conduire à soupçonner la dégénérescence graisseuse des fibres musculaires du cœur. Je pense néanmoins que beaucoup de cas de dégénérescence graisseuse du cœur ne s'accompagnent pas d'arc sénile.

[C'est surtout chez l'adulte que l'arc sénile a une grande valeur comme symptôme d'un état morbide de tout le système et comme signe précurseur de la dégénérescence graisseuse de certains organes, et particulièrement du cœur. Jamais Canton n'a trouvé l'arc cornéal chez l'adulte sans qu'il s'accompagnât de cette dernière transformation. Il a constaté aussi, se liant à cet état graisseux du cœur et de la cornée, la dégénérescence graisseuse du foie, des reins, de certains muscles, des os, des artères, des cartilages du larynx et des côtes , et celle de l'artère ophthalmique, que M. Schon a également reconnue. On comprend toute l'importance de cette notion. S'il était vrai que l'état graisseux du cœur et l'état semblable de la cornée se trouvassent souvent réunis, il est évident que l'arc cornéal, chez l'adulte, pourrait servir de signe précieux pour le diagnostic, jusqu'ici impossible, de la transformation graisseuse du cœur et agrandirait ainsi le domaine de la pathologie. « En résumé, dit M. Paget (1), Tare sénile me parait être, avant tout, la meilleure indication qu'il y ait d'une prédis-

[(I) Leclure on Surgicul Palliology.]

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