ARC SÉNILE
position el crime tendance à la dégénérescence graisseuse, partielle ou générale, des tissus. » Il est toujours important, dit encore Barlow(l), de noter la présence ou l'absence de l'arc sénile dans les cas de dégénérescence graisseuse du cœur. Déjà Ton a reconnu l'utilité de celte altération de la cornée pour permettre de diagnostiquer une lésion semblable du cœur; elle peut servir encore à faire présager une attaque d'apoplexie et à éclairer certains cas obscurs de ramollissement cérébral, car ces affections peuvent se lier à cet état morbide de la cornée. » T. W.]
Nous devons au docteur Von Àmmon (2) cette observation que, dans les yeux où il existe un arc sénile sur la cornée, on rencontre un semblable anneau opaque autour du cristallin. La première fois qu'il s'en aperçut, ce fut sur l'œil gauche d'une femme, âgée de 62 ans. La moitié inférieure de la circonférence de la cornée offrait un arc sénile. La moitié supérieure, aussi bien que la cornée droite, était parfaitement transparente. En disséquant l'œil gauche, le docteur Von Ammon fut fort surpris de trouver sur le bord inférieur du cristallin une opacité en croissant correspondant exactement à l'arc sénile de la cornée. La capsule était parfaitement normale (3).
Des recherches ultérieures faites par le docteur Schon ont montré que l'arc sénile du cristallin siège plus fréquemment sur la capsule postérieure que sur la lentille même, mais que, dans quelques cas, la capsule postérieure el la lentille sont toutes deux opaques partiellement et que l'opacité correspond assez exactement, pour la forme et l'étendue, à celle de la cornée. L'opacité de la circonférence du cristallin est en partie constituée par des stries qui se portent en rayonnant de dehors en dedans. Il ne parait pas que l'on ait jamais vu d'arc sénile sur la capsule antérieure. Dans plusieurs cas d'arc sénile externe et interne, le docteur Schon a trouvé l'artère ophthalmique ossifiée.
M.Canton dans ses nombreuses dissections, n'a jamais découvert d'opacités cristallines semblables à celles décrites par les docteurs Von Ammon et Schon ; il est donc porté à croire qu'elles sont purement accidentelles (4).
[(1) Transactions of tlie Pathological Society in Lonrion, 1851, 1852.]
(2) Grafe uml Walther's Journal der Chirurgie und Augenheilkunde ; vol. X III, p. 114; Berlin, 1829.
(5) Op. cit. pp. 119, 151.
[(A) Nous pensons qu'il n'y a que simple coïncidence, Tare sénile et la cataracte non traumalique étant des affections qui se développent toutes deux à une période avancée de la vie, el la cataracte vraie débutant à peu près constamment, sinon toujours, par la circonférence du cristallin. Quoi qu'il en soit, nous pouvons affirmer que l'arc sénile peut exister sans opacité de la circonférence du cristallin, et que celle-ci existe également sans arc sénile; enfin, que les altérations qui constituent en pareil cas l'opacité cristallinienne ne diffèrent en rien de celles que Ton observe dans tous les autres cas de cataracte. (Voir Note sur quelques particularités de la structure du cristallin et de la capsule à l'état normal et à l'état pathologique, par Testelin, Annales d'Ocultslique, t. XXXIV, p. 109, 1855, et t. XXXV, p. 5, Bruxelles, 1856.)
Au point de vue pratique, on a attaché peu d'importance à l'arc sénilc, si ce n'est lorsqu'il s'agit de la section de la cornée, dans l'opération de la cataracte par extraction. On a signalé l'arc sénile étendu comme une contre-indication de l'extraction, à raison de la difficulté avec laquelle l'incision se réunit, si elle porte sur la portion opaque de la cornée. Cette difficulté de réunion n'est cependant point constante, car j'ai vu des sections de la cornée portant sur un arc sénile se réunir avec la plus grande facilité.