‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 7 sur 147 · RIT1S SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

RIT1S SYPHILITIQUE

Le mélange de calomel et d'opium est la meilleure forme sous laquelle on puisse administrer le médicament dans cette maladie. On peut faire prendre le matin, à midi et le soir, une pilule contenant deux grains de calomel et d'un quart de grain à un grain d'opium, jusqu'à ce que les gencives soient manifestement affectées; ensuite on n'en administre plus que deux pendant quelque temps ; et quand la mercurialisation est plus avancée, une seulement au moment du coucher. Telle est la marche à suivre dans les cas graves, lorsqu'il importe d'arrêter sur-le-champ la maladie, d'empêcher l'effusion de la lymphe dans la pupille, ou d'en provoquer la résorption lorsque l'épanchement en a déjà eu lieu. Dans les cas plus légers, une pilule matin et soir suffit dès le commencement.

Le mercure a été employé sous d'autres formes dans cette affection : sous celle d'onctions mercurielles autour de l'oeil surtout, et de sublimé corrosif pris à l'intérieur. Mais l'on ne peut compter sur aucune d'elles quand les symptômes sont pressants, et, dans tous les cas, ils ne valent pas le mélange de calomel et d'opium, l'action calmante et dirigeante de l'opium n'ayant pas une importance légère.

Chez les sujets pléthoriques, l'administration du mercure doit être précédée de la saignée, et accompagnée de l'emploi des évacuants et d'un régime ténu; lorsqu'il y a anémie, on peut l'associer aux préparons de fer.

Le mercure, sous quelque forme qu'on l'administre, doit être continué pendant longtemps, afin d'arrêter non-seulement l'iritis et d'en faire disparaître les effets autant que cela est possible, mais aussi pour que la syphilis constitutionnelle soit complètement guérie. La disparition de l'iritis ne doit point être considérée comme la preuve que la constitution est débarrassée du virus syphilitique ; d'un autre côté, il arrive souvent que l'affection constitutionnelle a disparu, ou paraît du moins avoir disparu, quoiqu'il reste beaucoup à faire pour débarrasser l'oeil, à l'aide du mercure, de l'iritis et de ses conséquences.

5. Ioclure de potassium. — On rencontre parfois des cas d'iritis syphilitique dans lesquels , par suite de circonstances diverses, telles qu'une grande faiblesse du malade, une salivation intense, etc., l'administration du mercure est tout à fait impossible. Le médicament auquel on peut, en pareil cas, accorder le plus de confiance, est l'iodure de potassium , qu'on peut prescrire à la dose de 5 à 10 grains, trois fois par jour, en solution dans l'eau.

6. La térébenthine a été préconisée par M. Ilugli Carmichael, de Dublin, dans l'iritis syphilitique et les autres inflammations profondes de l'œil. Les observations qu'il a apportées démontrent évidemment que ce médicament a quelquefois fait disparaître l'iritis syphilitique, et même rétabli l'état normal des parties, alors qu'il existait déjà de la

lymphe épanchée dans la pupille, et que des tubercules s étaient formés sur la surface antérieure de l'iris. C'est par suite de l'influence connue de la térébenthine dans la péritonite, et de l'analogie présumée entre les effets morbides déterminés par l'inflammation du péritoine et celle de l'iris, (car dans les deux cas c'est une séreuse qui est enflammée, et dans les deux cas aussi des adhérences s'établissent entre des surfaces destinées à rester séparées), que M. C. a été amené à employer cette médication. Comme c'est surtout dans l'iritis syphilitique qu'il l'a appliquée, on peut lui objecter, et il ne l'ignore point, que ce médicament n'a jamais passé pour jouir de propriétés anti-syphilitiques. Il aurait pu répondre par un renvoi au traitement de la syphilis sans mercure, ou au témoignage imposantdes faits qu'il a lui-même recueillis. Néanmoins, il semble d'abord disposé à partager le scepticisme de M. Travers, qui ne sait trop si ce que l'on considère généralement comme une iritis syphilitique est bien réellement une inflammation vénérienne, ou simplement un symptôme qui ressemble à la syphilis, ou une maladie entée sur la syphilis, ou enfin un résultat de l'action toxique du mercure. Mais clans une partie plus avancée de son travail, M. C. se déclare en faveur de la doctrine qui veut que l'action favorable exercée par le mercure, d'une manière si universellement reconnue, dans l'iritis syphilitique, soit due non pas tant à quelque vertu antisyphilitique spéciale qu'à la propriété qu'il possède d'exciter les absorbants; et il revendique en faveur de l'huile de térébenthine une propriété analogue. Cette prétention est parfaitement justifiée par les observations rapportées par M. C. ; il a non-seulement démontré cette propriété, mais il a fait voir que la térébenthine a le pouvoir d'arrêter le processus inflammatoire d'où dépend l'épanchement de lymphe dans l'iritis syphilitique.

Quoique M. Carmichael ait le mérite d'avoir trouvé un nouveau remède d'une incontestable utilité contre l'iritis syphilitique, il ne méconnaît cependant point l'efficacité des autres remèdes. Il reconnaît que le mercure exerce, même à un degré plus efficace que la térébenthine, une action anliphlogistique et résorbante; mais il fait valoir avec raison que la rapidité avec laquelle la térébenthine se répand par tout le corps et agit par conséquent sur la maladie, jointe à ce que son action ne provoque aucune réaction fébrile, rend son emploi d'un intérêt et d'une utilité marqués, bien que l'on puisse obtenir les mêmes effets d'une façon même plus prononcée à l'aide d'autres moyens.

La térébenthine se prescrit à la dose d'un gros trois fois par jour. On peut en corriger le goût désagréable et les effets nauséeux en la donnant sous forme d'émulsion. Si elle détermine de la strangurie, on la combat par une infusion de graines de lin et un julep camphré. La sensation de brûlure qu'elle détermine souvent à l'estomac peut être

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prévenue par l'addition de 10 à 15 grains de carbonate de soude par once de térébenthine (1).

Lorsque l'inflammation locale est intense et qu'il existe dans l'œil et le côté de la tête une douleur aiguë, il ne faut à aucun prix négliger la saignée, bien que M. C. affirme qu'alors même que ces symptômes étaient marqués, il s'est fié à la térébenthine seule, et qu'il en a recueilli les avantages les plus marqués. Il importe aussi de veiller à l'état des intestins , les effets avantageux de la térébenthine paraissant suspendus lorsqu'il y a constipation, pour ne reparaître qu'alors que Ton a triomphé de celle-ci. Le repos absolu, s'il n'est pas complètement indispensable, ajoute au moins beaucoup à l'efficacité de la térébenthine. M. C. dit que chez quelques malades, que leur position particulière obligeait à des occupations actives, on n'obtenait point les mêmes résultats avantageux, et l'influence du remède ne se faisait pleinement sentir que lorsque le repos était gardé.

Dans quelques cas, M. C. employa conjointement avec la térébenthine les sédatifs , tels que l'opium, la jusquiame, et la ciguë. On peut les prescrire à l'intérieur et à l'extérieur; on ne doit surtout pas négliger la belladone.

M. C. établit que la térébenthine n'a presque jamais manqué de procurer la cure parfaite de l'iritis syphilitique etqu'une amélioration sensible s'est presque toujours déclarée dès le lendemain de son administration. La durée du traitement paraît avoir été en moyenne de 11 jours.

D'autres praticiens n'ont point parlé aussi favorablement de ce remède. M. Guthrie (2) dit que, « dans quelques cas, ce moyen lui a réussi admirablement; dans d'autres, il n'a rendu que peu de services, et dans quelques uns, enfin, il s'est montré absolument inefficace. » M. Foote, junior (5), est disposé « à croire que la térébenthine agit en irritant le canal intestinal et l'appareil urinaire. » Il dit que les cas dans lesquels ce médicament a le mieux réussi entre ses mains, sont ceux dans lesquels il est survenu une strangurie intense, et qu'il ne s'est manifesté aucune amélioration dans les cas où l'on n'a pu déterminer celte sorte d'irritation.

[(1) Voici ce que dit à cet égard M. Carmichael : « J'emploie dans celle affection la térébenthine à la dose d'un gros, trois fois par jour. J'ai trouvé que rémulsion d'amandes est le meilleur moyen d'en masquer la saveur désagréable et d'en prévenir les effets nauséeux. Il est indispensable de parer à ce« inconvénients, car ce médicament est si désagréable que, si l'on ne parvient pas a en déguiser la saveur, il n'y a pas à compter que les malades le prennent avec la régularité désirable.

La formule que j'emploie est la suivante : R. Olei terebenlh. rectifical. L'nc.j; vitcllium unitis ovi. Tcre simul et adde gradatim emulsiones amygdalaruni Unc.iv; syrupi corticis aurantii , Unc.ij ; spirilus lavandulœ composili Une iv ; olei cinnamomi gullas très vel quatuor. Misce; sumat cochlearia larga duo ter de die. « (I) T. W.]

(2) London Médical Gazette ; vol. IV, p. 599. London, 1829.

(3) London Médical and Surgieal Journal for Seplember 1851 , p. 229.

(i) Itur.n Carmichael. Observations on tlie Efficacy of Turpenline in the Venereal and other deop-seated Inflammation of lue Eye, etc. Dublin, 182a.

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7. Sulfate de quinine. — Le docteur Colles dit (1) que si l'iritis survient au moment où se déclare une salivation marquée, si Ton a déjà fait usage du mercure pour guérir l'iritis et qu'on a déterminé le ptyalisme sans obtenir d'amélioration dans l'état de l'œil , ou bien encore si le mercure n'a point agi favorablement sur le système, il faut renoncer à ce médicament et en employer d'autres. C'est au sulfate de quinine à doses élevées qu'il a eu le plus fréquemment recours en pareil cas, et le plus souvent avec le plus grand avantage.

8. La belladone doit être appliquée à larges doses sur le sourcil et les paupières, matin et soir; et quand les symptômes aigus ont disparu, on fait tomber plusieurs fois par jour sur la conjonctive quelques gouttes d'une solution filtrée de cet extrait ou de sulfate d'atropine. On doit continuer régulièrement l'usage de ce remède pendant des mois, à moins que la pupille n'ait récupéré sa liberté et sa mobilité naturelles.

9. Les nauséeux, les sudori fi Iques, les diurétiques, les purgatifs, et la révulsion à l'aide de véskatoires, trouvent tous leur emploi dans l'iritis syphilitique. Les vésicatoires se montrent très utiles après la saignée, et lorsque le mercure a agi sur les gencives.

[ 10. La syphilisation. — Nous empruntons à l'ouvrage de M Sperino, l'observation suivante d'iritis syphilitique guérie par celte méthode (2).

Obs. 390. — Chancres. — Tubercules muqueux et excroissances ano-vulvaires. — Syphilide. — Ulcères du tissu cellulaire sous-cutané profond. — Ostéocopie. — Iritis aiguë et grave. — Cachexie syphilitique. — Intolérance des préparations iodiques et mercurielles. — Syphilisation. — Petite dose d'iodure de potassium. — ■ Récision des excroissances. — Guérison. — Placide V., femme C, âgée de 22 ans, tempérament sanguin-lymphatique, constitution médiocre, aménorrhoïque depuis trois mois, entrée au Sypliilicôme le 16 octobre 185t.

Elle a plusieurs chancres : un à la face interne de la nymphe gauche, de la largeur d'environ 3 centimètres, un autre de 13 millimètres près du méat urinaire, et quelques autres plus petits à la vulve et à l'anus: tous sont assez avancés dans la période de transformation ; en outre, on voit quelques tubercules muqueux naissants et des excroissances aux mêmes régions.

C'est sa première infection ; elle date d'environ trois mois, et la malade n'a fait jusqu'ici aucun traitement anti-syphilitique.

Elle a été transportée ici de la province dans un état maladif; elle est grosse, et pendant le voyage elle a souffert de douleurs utérines qui furent calmées momentanément par l'usage de quelques lavements laudanisés ; mais le 25, elles se réveillèrent avec plus d'intensité, et dix jours après son entrée à l'hôpital, elle avorta d'un fœtus de deux mois, mort-né et présentant même déjà des symptômes de putréfaction commençante. L'avor-

(1) PraclicalObserv. onllie Venereal Diseaseand on Ihe Use of Mercury, p. 165. London, 1S57 [(2) Nous ne sommes point en situation de nous prononcer sur la valeur de la syphilisation. D'autres praticiens, des plus recommandables, ont, porté sur elle un jugement sévère, peut- être prématuré. En l'absence de toute donnée fondée sur une expérience personnelle, nous devons nous borner à faire observer que lorsqu'une doctrine médicale, quelqu'étrange qu'elle semble d'abord, estpatronéc par des hommes comme MM. Sperino de Turin et Boeck de Christiania, dont l'honorabilité du caractère et la probité scientifique sont àl'abri de toute atteinte, il n'est point permis de la repousser avec dédain et sans examen sérieux. Nous nous croyons, en conséquence, plus qu'autorisés à publier dans tous ses détails et sous toutes réserves, d'ailleurs, l'observation 590 empruntée à l'ouvrage : De la syphilisation étudiée comme méthode curative et comme moyen prophylactique des maladies vénériennes, par C. Sperino, traduit de l'italien par Tresal. Turin, 1855, p. 445 et suiv. T. \V.]

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lemen.t fui suivi d'une longue el grave métro-perilonite qui empêcha d'entreprendre un traitement anti-syphilitique.

On avait à peine triomphé de cette maladie au moyen des antiphlogistiques, et cette femme commençait à reprendre des forces, lorsque, vers le commencement de janvier 1852, il se déclara une fièvre intense, et au bout de quelques jours, le 9, on vit se manifester une éruption cutanée-papuleuse à papules larges de 3 à 6 millimètres, d'une couleur rouge cuivrée, peu chargée. Sur le front elle affectait la forme confluente, el sur le reste du corps elle était dispersée; mais ces papules étaient plus nombreuses sur les extrémités supérieures. Elles furent le siège d'un peu de chaleur et de douleur pendant tout le temps que dura la fièvre qui en accompagna le développement; on diagnostiqua l'érythème papuleux. Tous les chancres ano-vulvaires étaient cicatrisés, mais les tubercules muqueux et les excroissances persistaient encore. Sur la fin du mois de janvier, on commença un traitement mercuriel externe, en lui faisant des frictions d'onguent napolitain; mais après la quatrième friction, il se manifesta une stomatite gangreneuse très-grave, qui empêcha pendant un mois l'usage de tout espèce de traitement mercuriel. Au commencement de février, il se forma, dans la partie profonde du tissu cellulaire sous-cutané, deux abcès, un sur chaque jambe, vers le tiers moyen de la région externe; ils furent bientôt suivis de deux autres dans les mêmes régions : leur cours fut très-lent. On ne vit d'abord qu'une plaque cuivrée, large d'environ 3 cent., n'occasionnant qu'un peu de douleur et de chaleur: bientôt après, on reconnut la présence d'une matière fluctuante dans l'intérieur de l'abcès dont les parois allèrent peu à peu en s'amincissant, prirent une teinte livide et finirent par s'ulcérer. Vers la moitié du mois de mars, la malade accusa des douleurs osléocopes aux deux acromions, à la moitié supérieure de l'humérus droit, à la rotule et à l'extrémité de l'articulation du genou droit. On reconnut aussi l'existence de périostoses sur tous les points douloureux ; mais la principale siégeait sur la rotule droile.

Le*ler mars, après avoir triomphé de la stomatite par quelques purgatifs salins et un grand nombre de cautérisations de la muqueuse de la bouche et des gencives avec le nitrate d'argent, on recommence les frictions en en faisant une à un jour d'intervalle. On administre en même temps l'iodure de potassium à la dose de 5 décig. par jour. Ce traitement fut continué jusqu'au 20 mars, où l'on dut le suspendre à cause de l'apparition de la stomatite et d'une gastro-entérite compliquée de diarrhée. La syphilide exanthématique avait presque complètement disparu; les tubercules muqueux ano-vulvaires n'existaient plus, et l'on avait coupé les excroissances ; mais il n'y avait point d'amélioration dans les douleurs ostéocopes qui empêchaient cette femme de dormir pendant la nuit, ni dans tes abcès profonds des jambes, dont deux sont près de s'ulcérer, et un s'est ouvert spontanément le 17. Maintenant il offre une cavité ulcérée, noirâtre, environnée d'une large auréole d'une couleur cuivrée livide, à bords minces et décollés qui cachent la grandeur de l'ulcère, sécrétant en abondance un pus sanieux, noirâtre, acre, dont le contact irrite et enflamme le tissu cutané sain qui l'environne. En outre, l'état général de cette femme est misérable ; elle est maigre, faible et atteinte de cachexie syphilitique.

Le 20 mars, la malade commença à ressentir dans la région sourcilière droite une douleur qui alla en augmentant pendant la nuit. Le 21, l'humeur aqueuse de l'œil droit était déjà troublée, la pupille un peu irrégulière; il y avait une injection des vaisseaux de la sclérotique ; le cercle cornéal était plus rouge ; en outre, elle était affectée d'épiphora el de photophobie intense accompagnées de douleurs continuelles aiguës et lancinantes dans les régions endo-oculaire et sourcilière. En un mot, il y avait une iritis syphilitique aiguë diffuse à toute la membrane de l'humeur aqueuse. On prescrivit des purgatifs salins que l'on répéta le 22 et le 24.

25 mars. — La phlogose oculaire augmente ; il s'est fait un peu d'exsudation de lymphe plastique dans la chambre antérieure. On instille plusieurs fois par jour, entre la paupière inférieure et le globe de l'œil, plusieurs gouttes d'une solution d'extrait de belladone préparé selon la méthode d'OEhler. Ce topique, la diète absolue et l'obscurité, diminuèrent de temps en temps les douleurs pendant quelques heures.

27. — Depuis hier, on remarquait que l'exsudation de la lymphe plastique avait augmenté sur la face antérieure de l'iris et dans le champ pupillaire, surtout vers l'angle palpébral interne ; en même temps, tous les autres symptômes phlogistiques persistaient : on prescrivit en conséquence une application de sangsues sur l'apophyse mastoïde droite. Aujourd'hui la photophobie est plus intense, les douleurs plus aiguës, l'épiphora

plus abondant, l'exsudation fibrineuse est augmentée au point de ne plus laisser apercevoir la face antérieure de l'iris, ni la pupille. On fait une nouvelle application de sangsues à la région zygomato-lemporale droite et on continue l'usage externe de l'extrait de belladone.

Mais tous ces moyens ne servent malheureusement qu'à diminuer momentanément la phlogose oculaire. La tension du globe de l'œil fait des progrès continuels, et on craint qu'il n'en résulte des lésions incurables. Quel parti prendre ? La stomatite mercurielle, qui n'est pas encore entièrement vaincue, conlre-indique un traitement mercuriel interne ou externe. La gastro-entérite empêche qu'on emploie l'iodure de potassium, qui est de peu d'utilité dans le traitement de l'irilis.

11 me parut donc que c'était le cas de recourir immédiatement à la syphilisation ; ce que je fis d'autant plus volontiers, que je n'avais jamais eu l'occasion déjuger de l'effet que pouvaient produire les inoculations sur l'iritis syphilitique.

Elle a pris en tout 10 gr. d'iodure de potassium, et on lui a fait 14 frictions mercurielles : elle estaménorrhoïque.

On lui fait trente piqûres, moitié sur la région thoracique latérale droite et moitié sur la même région du côté gauche, avec du pus dont la virulence est certaine.

28. — Il n'y a point d'amélioration sensible : au contraire, la lymphe plastique qui se trouve sur la face antérieure de l'iris a augmenté; il y a fièvre, et la phlogose oculaire se fait sentir davantage pendant la nuit : on prescrit deux petites saignées de 140 grammes chacune, car l'état de cachexie dans lequel se trouve celte femme ne permet pas de lui en extraire une plus grande quantité. On voit naitre vingt-quatre pustules sur les points d'inoculation du 27.

29. — Les douleurs de la région sourcilière ont un peu diminué ; on prescrit 5 centigr. de tartre slibié dissous dans une émulsion de semences froides.

31 . — Les pustules sont ulcérées et un peu douloureuses. L'iritis continue à s'améliorer; peu de fièvre : —pilules d'extrait alcoolique de jusquiame noire avec des feuilles de belladone pulvérisées.

1er avril. — Depuis deux jours, les douleurs nocturnes des acromions et des rotules . sont presque nulles. Deux abcès du tissu cellulaire profond, un sur chaque jambe, passent à l'ulcération; ils offrent le même aspect que celui qui s'est ulcéré il y a quelques jours. On les panse tous avec de l'onguent blanc et des cataplasmes émollients.

Vingt piqûres sur la région thoracique droite, suivies de neuf pustules.

5. — Les douleurs des régions sourcilière et endo-oculaire ont cessé complètement; il y a déjà eu absorption d'une partie de la lymphe plastique déposée dans la chambre antérieure et dans le champ pupillaire ; la malade commence à distinguer les objets; la photophobie a disparu et Pépiphora a beaucoup diminué. Depuis trois nuits elle n'a plus ressenti de douleurs ostéocopes dans l'humérus droit; celles qu'occasionnaient les ulcères du tissu cellulaire de la jambe ont aussi beaucoup diminué. On ne voit plus de trace de l'érythème papuleux; mais on aperçoit çà et là sur le corps, et surtout sur le dos, les cuisses et le cou, quelques pustules ecthymateuses, couvertes de croûtes, qui ont paru, il y a huit à dix jours.

Les chancres artificiels de la première inoculation ont de 4 à 6 millim. ; ils sont plutôt douloureux et sécrètent une grande quantité de pus virulent ; on les panse avec du cérat et des cataplasmes. On fait le même pansement aux ulcères secondaires des jambes.

Vingt-cinq piqûres du côté droit du thorax avec du pus de ses chancres; on n'obtient que six pustules, parce que le pus dont on s'était servi se trouvait mêlé à du cérat.

11. — Il y a diarrhée depuis deux jours; on suspend l'usage des pilules d'extrait de jusquiame et des feuilles de belladone. L'amélioration de l'iritis continue, la pupille est en partie libre.

Les chancres inoculés le 27 mars ont 7 à 8 millim.; ceux qui sont situés du côté droit sont plus douloureux; ceux du côté gauche se couvrent de granulations, et quelquesuns tendent à se cicatriser. Ceux de la seconde inoculation ont 5 millim., et enfin, les pustules produites par les piqûres faites le 5, commencent à s'ulcérer.

14. — La lymphe qui s'était déposée sur la face antérieure de l'iris est absorbée; le champ pupillaire, dans ses deux tiers internes, est occupé par une pseudo-membrane mince. La faculté visuelle n'est pas beaucoup gênée par cet obstacle, car il reste un trou pupillaire qui occupe un bon tiers de la partie externe et supérieure de la pupille. Les

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