ACCIDENTS QUI SURVIENNENT PARFOIS LORS DE SA FORMATION
phlogislique. On pourra employer la belladone lorsque Ton aura eu recours à l'incision ou à l'excision; mais on s'en abstiendra, du moins immédiatement après le décollement. S'il se déclare de la douleur dans l'œil ou autour de l'orbite, on pratiquera une large saignée, suivie d'une application de sangsues. On administrera sans tarder le calomel avec l'opium à une dose capable d'affecter promptement la bouche, et l'on en continuera l'usage jusqu'à ce que tout danger d'iritis paraisse évanoui. L'inflammation provoquée par une opération de pupille artificielle, revêt quelquefois le caractère scrofuleux, et même assez souvent le caractère catarrho-scrofuleux. Il ne faut point, en pareil cas, user aussi largement des déplétifs que s'il s'agissait d'une inflammation interne , et l'on se trouvera même très bien de l'administration du sulfate de quinine.
9. Le degré de vision restituée par une opération de pupille artificielle varie nécessairement suivant l'état dans lequel se trouvait l'œil avant l'opération, suivant l'espèce de pupille formée, et les effets de l'opération sur les divers tissus de l'œil. Si le cristallin a été enlevé soit avant, soit après la formation de la pupille, on devra se servir de verres à cataracte. Si, bien que le cristallin soit intact, le malade est myope ou presbyte, il sera obligé de faire usage, comme par le passé, de lunettes concaves ou convexes. Si la vision éprouve quelque autre défectuosité, aucun verre ne pourra lui rendre le moindre service.
Il arrive souvent que les malades à qui l'on vient de pratiquer- une pupille artificielle n'offrent d'abord que des signes très douteux de sensibilité de la rétine, au point que l'opérateur peut se prendre à désespérer presque complètement du rétablissement de la vision. J'ai vu quinze jours s'écouler après la disparition de tout signe d'inflammation, avant que le malade put distinguer un doigt; néanmoins, la vision finit par devenir passablement bonne.
10. Une pupille située derrière le bord supérieur de la cornée étant le plus souvent recouverte par la paupière supérieure, ne rend jamais autant de service que celle qui occupe toute autre situation. Lorsqu'elle siège derrière le bord temporal , elle oblige le malade à diriger ce côté de sa tète en avant ou à tenir de côté l'objet qu'il veut examiner. Pour corriger jusqu'à un certain point ces inconvénients, on pourrait peutêtre conseiller, dans le premier cas, la section du droit supérieur, et celle du droit externe dans le second, de manière à provoquer un strabisme artificiel. Ce moyen a été recommandé, d'une façon exagérée (1), comme propre à remplacer l'opération de la pupille artificielle dans les cas d'opacité partielle de la cornée. Lorsque, en pareil cas, l'œil est fortement attiré de côté, soit par effort volontaire, soit par la division de l'un des muscles droits, il existe un passage oblique
(I) Cunier. Annales d*Oculi>tique, t. V, p. 200 ; Bruxelles, 1841. Serriî. Ib.; 1er vol. suppl., p. 122; Bruxelles. 1842. Bojcvet. Traité des section» tendineuses, pp. 000,508; Lyon, 1841.
à travers lequel les rayons lumineux viennent frapper la partie latérale de la rétine et déterminer un degré de vision confuse, qui n'équivaut point à ce que fait gagner, dans les mêmes circonstances, rétablissement d'une pupille artificielle. Lorsqu'on est contraint à enlever une portion d'iris de derrière le bord supérieur ou le bord inférieur de la cornée, au lieu d'une vision oblique, on arrive presque à la vision directe, en divisant l'un des muscles droits et en produisant ainsi une déviation permanente de l'œil.
11. Une opération de pupille articielle, celle par décollement par exemple, peut avoir réussi parfaitement; mais le cas est compliqué de cataracte, et une nouvelle opération est indispensable pour la faire disparaître. Celle-ci peut paraître également avoir bien réussi ; on aura, je suppose, pratiqué la divison à travers la cornée. Néanmoins, chez les sujets scrofuleux surtout, le résultat final pourra être désastreux; l'œil, commençant à donner des signes d'atrophie, devient mou et amaurotique.
SECTION XII
SCLÉRECTOMIE.
Fig. Von Ammon, thl. 1, taf. IV, fig. H-IG, taf. XVI, flg. 3.
On a donné ce nom à l'essai que l'on a parfois tenté de former une pupille artificielle en enlevant une petite portion de la sclérotique et de la choroïde, dans des cas où toute la cornée est opaque, et dans l'espoir que le vide formé pourrait être comblé par une membrane transparente. Comme toutes ces tentatives ont échoué, je crois qu'il suffira d'indiquer au lecteur les ouvrages où il pourra trouver des détails à ce sujet (1).
(I) Schmid. De pupilla arlificiali in sclei'oiica aperienda ; Tubingœ, 1814- ; Von Ammon, Zeitsclirifl fur die Ophlhalmologie, vol. I, p. 10!» ; Dresden, 1851 ; Wutzer, lb., p 4-8(3 ; Uu.mann, Ib., vol. Il, p. 125: Dresden, 1852. Nimmo, Glasgow Médical Journal; April, 1855. — Comme se rapprochant de la sclérectomie, j'indiquerai la transplantation de la cornée, sur laquelle on peut consulter Bigger, Dublin Journal of Médical Science, vol. XI, p. 408 ; Steinberg, de transplantationecornrœ, Berolini, 1840; Comptes rendus de l'Académie des sciences, 25 septembre 1845, p. 629 ; 16 octobre, p. 817; la traduction de cet ouvrage en français, p. 22, Paris, 1844 [et p. 160 de la présente Ira Juclion.]
MYOSIS- 597