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ÉTATS ANORMAUX DE L'IRIS, INDÉPENDANTS DE L INFLAMMATION

changement morbide survenu dans les nerfs qui président au mouvement de cette membrane.

Des expériences faites par Pourtour Du Petit et autres, sur le grand sympathique et le nerf vague, et desquelles il résulte que la section de ces nerfs détermine la contraction permanente de la pupille de l'œil correspondant, ont amené les physiologistes à croire que, tandis que les filets qui proviennent du nerf moteur oculaire commun président à la contraction du sphincter de la pupille, d'autres nerfs antagonistes, envoyés aux fibres radiées de l'iris par la portion cervicale de la moelle épiiiière, à travers le grand sympathique et le ganglion lenticulaire, président à la dilatation de la pupille (1). Cette manière de voir indiqueraitcomme cause du myosis quelque affection des nerfs spinaux. Romberg rapporte avoir trouvé dans le tabès dorsalis la pupille contractée au point de n'avoir que la dimension d'une tête d'épingle (2).

[M. Gairdner a présenté à la Société Médico-Chirurgicale d'Edimbourg un homme adulte, affecté d'un anévrysme du tiers interne de l'artère sous-clavière gauche, intéressant peut-être aussi la partie voisine de la crosse de l'aorte, et offrant cette particularité remarquable que la pupille du côté correspondant à cet anévrysme était contractée (5). Un fait non moins intéressant, démontrant l'influence du grand sympathique sur les fibres radiées de l'iris, est rapporté par M. F. Von Willebrand dans l'observation suivante (4) :

Obs. 536. — Un homme de 28 ans souffrait depuis longtemps d"une douleur dans le bras, qu'on avait considérée comme de nature rhumatismale ; c'était, d'après l'auteur, une névralgie du nerf cubital. L'examen de l'œil droit (le malade se plaignait d'y voir moins bien qu'auparavant), ne lit découvrir aucun phénomène morbide dans les parties externes ou internes de cet organe. La seule chose qui frappa le docteur Willebrand, c'est que la pupille était, relativement à l'œil sain, contractée à un haut degré. L'iris avait sa coloration normale et ressemblait à celui de l'autre œil, toutefois il restait immobile, soit que l'œil fût dans l'ombre ou fortement éclairé. Il résulta de cet examen que l'organe visuel n'avait pas perdu de sa netteté, mais que la rétine ne pouvait recevoir l'impression parfaite que du contour des petits objets, et cela alors comme dans l'étal naturel. C'était évidemment l'ouverture peu considérable de la pupille qui nuisait à la vision.

En examinant l'ensemble de la constitution de son malade, l'auteur constata l'existence de nombreux ganglions cervicaux indurés qui étaient placés sous le muscle sterno-mastoïdien. 11 crut pouvoir alors établir le diagnostic suivant : 1° La douleur du bras n'était pas due à un rliumalisme, mais à une névralgie, et elle était produite par la compression des ganglions indurés du cou sur le plexus brachial. 2° La paralysie des fibres radiées de l'iris a été déterminée par la compression qu'ont exercée ces ganglions indurés sur la portion cervicale du nerf sympathique, et la contraction permanente des fibres circulaires de l'iris a été la suite de cette paralysie. Le rétrécissement considérable de la pupille, qui restait insensible à l'action de la lumière, était du à la même cause. Ce dernier point du diagnostic semble bien légitimé quand on se rappelle les recherches qui ont été faites par Waller et Budge sur les mouvements de l'iris, qui démontrent positivement que la motilité des fibres radiées de l'iris dépend du nerf sympathique.

(1) Valent!*, de fonctiombus nervorum, p. 109 ; Bernœ, 1859.

(2) Manualof the Ncrvous Diseases of Man, vol. II, p. 299 ; London, 1855. [(5) Monlhly Journal of Médical Science ; Kdinburgli, Jan., 1835, p. 71.]

[(4) Archiv fur Ophthalmologie, t. I, 1, p. 510; et Annales d'Oculistique, t. XXXII, p. 207.]

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Le traitement par l'ioclure de potassium (it disparaître l'engorgement des ganglions cervicaux, et l'iris reprenant sa molilité, la vision se rétablit comme auparavant. T. W.,]

Causes excitantes. — L'habitude d'appliquer fréquemment et longtemps les yeux à l'examen de petits objets, de ceux surtout qui réfléchissent fortement la lumière, détermine la contraction habituelle de la pupille, et cet état peut se terminer par l'impossibilité de la dilater, même lorsque les yeux sont soumis aune faible lumière. Les personnes qui lisent ou écrivent beaucoup à la lumière artificielle, les brodeurs, les horlogers, les monteurs de bijoux, etc., sont plus exposées que d'autres au myosis.

Traitement. — Le petit nombre de cas bien marqués de celte affection, qui se sont présentés à mon observation, n'ont éprouvé que peu d'amélioration, quelque traitement que j'aie dirigé contre eux. La dilatation temporaire de la pupille à l'aide de la belladone, contrairement à ce que l'on aurait dû attendre, ne fait qu'accroitre la faiblesse de la vue qui accompagne le myosis, ce qui démontre que le désordre qui existe dans l'iris ne constitue pas toute la maladie. On a recommandé les antispasmodiques et les anti-paralytiques dans le traitement de cette affection; mais on se trouvera beaucoup mieux de l'éloignement des causes qui peuvent produire la maladie que de l'emploi d'aucun médicament. On abritera les yeux; on évitera la lecture, l'écriture, et toutes les occupations qui peuvent fatiguer la vue; l'exercice à la campagne sera prescrit, et le malade se couchera "de bonne heure.

SECTION II

MYDRIASIS.

De âp-uopôç, obscur. Syn. — Halycoria, Arclœus. Iridoplegia pupillam expandens.

La dilatation anormale de la pupille s'appelle mydriasis; l'iris ne se contracte plus, même lorsque l'œil est dirigé vers des objets rapprochés ou exposé à une vive lumière. Très fréquemment ce n'est qu'un des symptômes qui accompagnent certaines espèces d'amauroses, telles que l'hydrocéphalique. Il accompagne d'autres fois la paralysie des muscles animés par le moteur oculaire commun. (T. t.l,p. 516.) Une légère divergence de l'œil affecté et un certain degré de diplopie, alors que les deux yeux sont ouverts, indiquent que le droit interne est entrepris aussi bien que l'iris. Parfois la mydriase survient indépendammenlde toute autre affection, et, lorsqu'il en est ainsi, la dilatation est quelquefois portée à un degré tel, qu'on n'aperçoit plus qu'une bande étroite de l'iris. Dans cet état de la pupille, la vision se trome tellement troublée par l'arrivée sans contrôle de la lumière, que le

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malade, surtout en plein jour, ne peut diriger fixement l'œil sur aucun objet, ni en apercevoir aucun distinctement. Les objets rapprochés surtout lui paraissent troubles et confus. Cependant, lorsqu'on le fait regarder à travers une carte percée d'un petit trou, on empêche réblouissement produit par l'arrivée d'une trop grande quantité de lumière, on corrige l'aberration de sphéricité, et la vue de l'œil affecté. se trouve avantageusement modifiée. L'amélioration est souvent si prononcée que le malade peut se remettre à lire. Ce fait constitue un des principaux moyens de diagnostic entre la dilatation sympathique qui accompagne l'amaurose et le mydriasisidiopathique. Un verre convexe remédie aussi à la perte de la faculté de l'accommodation aux distances et permet de voir les objets rapprochés et de lire; mais il faut parfois employer tout à la fois le verre convexe et la carte perforée pour obtenir ce résultat. Demours n'avait jamais vu la mydriase aux deux yeux, ce qui s'accorde avec l'observation générale ; néanmoins, dans des cas rares, les deux yeux sont affectés. Parfois l'affection passe d'un œil à un autre (1), ou se montre périodiquement.

[Un phénomène auquel M. Donders (2) a donné le nom de micropie et sur lequel MM. Van Roosbroeck etWarlomont(o) ont appelé l'attention, accompagne parfois la mydriase. Les malades voient les objets beaucoup plus petits qu'ils ne sont en réalité, ce qui ne laisse pas de les inquiéter souvent beaucoup. Cette particularité s'observe surtout dans les cas de mydriase artificiellement déterminée par la belladone et disparaît avec la cause qui l'a produite. T. W.]

Causes. — Les auteurs ont distingué plusieurs espèces de mydriase idiopathique, telles que la paralytique, due à une paralysie du sphincter de l'iris, et une spasmodique , dépendant du spasme des fibres rayonnées ou droites (4). La mydriase qui succède à l'application de la belladone et de quelques autres narcotiques, et dont on se sert avec avantage dans le traitement de l'irilis, ainsi que pour faciliter l'exécution de certaines opérations de cataracte, est généralement regardée comme une paralysie des fibres des nerfs ciliaires provenant de la troisième paire. Ce qui rend cette hypothèse bien plus probable que celle qui attribue cette mydriase à une surexcitation du grand sympathique, c'est sa fréquence dans les cas de paralysie occupant toute la troisième paire. Une cause accidentelle de mydriase est le passage à travers la pupille d'un cristallin volumineux, dans l'opération de la cataracte par extraction. On suppose qu'en pareil cas la distension excessive de l'iris en détermine l'atonie, qui se dissipe géné-

(1) Bowman. Médical Times and Gazette, June 25, 1853, p. 91.

[(2) Nederlunscli Lancet, Avril 1831, p. 607, et Annales d'Oculistique, t. XXX, p. 217.]

[(3) Annales d'Oculislique, l, XXIX, p. 279.]

[(4) Voir sur Tinfluence respective des différents nerfs sur les mouvements de l'iris, un excelleni rapport adressé par M. Hairion à l'Académie de médecine de Belgique. Annules d'Oculistique, t. XX'XIIl, p. 32.]

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ralement en quelque jours et permet à la pupille de reprendre son diamètre normal. Les coups sur l'œil, les coups et les chutes sur la tête (1), les plaies par incision ou par déchirure du sourcil ou de la tempe, déterminent parfois la mydriase sans qu'il y ait lésion du nerf optique. Il est rare que des désordres cérébraux accompagnent la simple dilatation de la pupille. Lorsque celle-ci est due à des excès vénériens, de tels symptômes existent. La mydriase est parfois compliquée de névralgie des branches de la cinquième paire et spécialement de la branche sus-orbitaire (2). M. Ware fait observer que toutes les personnes affectées de mydriase qu'il a vues avaient été affaiblies par la fatigue ou le chagrin avant qu'on découvrit l'affection oculaire; chez d'autres, elle avait été précédée d'affections de l'estomac et du canal alimentaire. Je l'ai vue survenir chez un sujet affecté de dyspepsie, qui s'était exposé dans une voiture de chemin de fer à un courant d'air froid. Elle parait assez fréquemment liée à une diathèse rhumatismale et cède à un traitement dirigé contre cette diathèse.

L'amaurose s'ajoute parfois à la mydriase. D'autres fois on voit l'amaurose attaquer un œil qui avait été guéri de la mydriase.

Quelque opinion que l'on se fasse touchant le myosis, il est plus que probable que la mydriase dépend de quelque changement spécial survenu dans le nerf de la troisième paire, et agissant par l'intermédiaire du ganglion ophthalmique et des nerfs ciliaires.

Nous devons au docteur Wells et à M. Ware deux observations intéressantes de mydriase.

Obs. 537. — Le docteur Wells fut consulté par un gentleman, âgé d'environ 35 ans, très grand, et tendant à la corpulence. Un mois environ auparavant, il avait été attaqué d'un catarrhe, et lorsque celui-ci le quitta, il fut pris d'une légère stupeur, avec sensation de pesanteur dans le front. Il commença dès lors à voir moins distinctement de l'œil droit et à perdre la faculté de mouvoir la paupière supérieure. On remarqua aussi que la pupille de cet œil se dilatait beaucoup. En quelques jours, l'œil gauche fut affecté de la même façon que le droit, mais à un moindre degré. Avant cela, la vue du malade était si lionnequ'il n'avait jamais fait usage de lunettes d'aucune espèce. En examinant les yeux, le docteur Wells ne put y découvrir aucun autre symptôme morbide que l'état des pupilles, qui étaient beaucoup trop dilatées, la droite surtout, et sur les dimensions desquelles l'action de la lumière influait peu. Il crut d'abord que cet état était dû à un défaut de sensibilité des rétines; mais il fut promptement obligé d'abandonner celle opinion, car le malade lui affirma qu'il était aussi sensible qu'il l'avait jamais été à l'action de la lumière. Le docteur Wells s'enquit si des objets placés à des distances diverses lui paraissaient également distincts. Il répondit qu'il voyait plus nettement les objets distants, et comme preuve il lui dit exactement l'heure que marquait une horloge très éloignée; il ajouta, d'autre part, que les lettres d'un livre lui paraissaient tellement confuses qu'il ne parvenait qu'avec difficulté à en faire des mois. Invité à regarder à travers un verre convexe, une page imprimée, il le lit, et reconnut qu'il pouvait lire facilement. « D'après ces circonstances, fait observer le docteur Wells, il était de toute évidence que ce malade, en même temps que ses pupilles s'étaient dilatées et ses paupières paralysées, avait acquis la vue d'un vieillard, par suite de la perte subite de la faculté d'accommodation à l'aide de laquelle l'œil parvient à voir les objets rapprochés. On sait que l'œil est dans l'étal de relâchement pour la vision

(1) Brodie. Médico-Chirurgical Transactions, vol. XIV, p. 554-, London, 1828.

(2) London Modical Gazetle ; vol. XXII, p. 68.

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des objets éloignés, et qu'au contraire ses muscles se contractent pour la vision à courte distance (1). »

Obs. 538. — M. Ware a rapporté le cas d'une dame, âgée de 30 à 40 ans, chez laquelle la pupille de l'œil droit se dilatait presque toujours jusqu'au niveau de la circonférence de la cornée, chaque fois qu'elle lisait ou travaillait à l'aiguille; lorsque au contraire elle regardait un petit objet situé à neuf pouces de distance, en moins d'une minute la pupille se contractait au point de devenir aussi petite qu'une tête d'épingle. Celle du côté gauche n'était point affectée comme celle du droit; mais, à toutes les distances et quelle que fût la quantité de lumière, elle restait toujours plus contractée qu'elle ne l'est chez d'autres personnes. La vision n'était pas précisément semblable des deux yeux; à droite, elle était un peu courte, et les verres concaves amélioraient cet état, mais sans agir sur l'œil gauche. La dilatation remarquable de la pupille droite existait depuis vingt ans. Une grande quantité de remèdes avaient été employés en divers temps pour la corriger, mais aucun d'eux n'avait produit d'effet.

M. Ware insiste d'une façon toute particulière sur ce fait, que pour que la contraction de la pupille dilatée survînt, il fallait que l'objet regardé fût situé juste à neuf pouces de dislance de l'œil. Plus rapproché ou plus éloigné, il ne produisait plus cet effet. On remarqua aussi que la continuation de la contraction de la pupille dépendait, jusqu'à un certain point, de l'état de la santé de la dame; car, bien qu'elle ne persistât jamais longtemps après que la dame avait cessé de fixer un objet rapproché, néanmoins, lorsqu'elle était en proie à quelque indisposition, la durée de cette contraction était moindre que dans l'état de santé parfaite (2).

Pronostic. — Demours (5), qui parait avoir écrit sur la mydriase avec beaucoup plus d'expérience personnelle que la plupart des autres auteurs, considère le pronostic de cette affection comme assez favorable. Il dit que, hors les cas où elle avait succédé à une contusion ou à une blessure grave de l'œil, il Ta généralement vue céder en six mois dans la moitié des cas, même chez ceux qui n'employaient aucun traitement. Chez les autres, elle a disparu beaucoup plus lentement. lia vu la pupille revenir à ses dimensions naturelles, même après une contusion de l'œil, bien que la guérison soit en pareil cas extrêmement rare. Le résultat de ses observations est que sept cas sur neuf marchent vers la guérison, même sans aucun traitement, point qu'il importe de ne pas perdre de vue, lorsque l'on veut apprécier l'efficacité des remèdes , et enfin que l'on ne peut guère qu'accélérer la cure, surtout par l'emploi de stimulants externes.

Traitement. — Lorsque le malade présente des signes de congestion vers la tète, et qu'il est robuste, la saignée, les sangsues, un régime ténu, avec le mercure pris à doses altérantes, constituent le traitement à suivre.

Dans les cas où le rhumatisme est pour quelque chose dans l'affection, de petites doses de calomel et la poudre de Dower se montrent utiles; il en est de même du vin de colchique. La teinture ammoniacale de valériane, à la dose d'un demi -gros à deux gros deux fois par jour,

(t) Philosophical Transactions ; vol. CF, p. 578; London, 1811.

(2) Ibi.l.. vol. CIII, p. 56; London, 1815.

(3) Traité des maladies des yeux, t. I, p. 444 ; Paris, 1818.

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rend des services. Chez les sujets faibles, on prescrira les toniques amers.

On frictionnera matin et soir le sourcil et la tempe avec un Uniment stimulant ou la teinture de noix vomique. On appliquera des vésicatoires au front et à la tempe , et parfois il sera bon d'étendre sur leur surface dénudée un dixième à un cinquième de grain de strychnine. M. Guthrie recommande la vératrine comme un remède efficace : on en fait dissoudre six à huit grains dans une once d'alcool et l'on en peint la paupière supérieure et le front (1). On peut tous les jours pendant quelques minutes tirer de l'œil et des parties voisines, ou diriger vers elles alternativement de petites étincelles électriques ou appliquer sur le front l'un des pôles d'une machine électro-magnétique, tandis qu'avec l'autre on touche le globe de l'œil.

On a aussi recommandé l'ergot de seigle pris à la dose de trois à vingt grains trois fois par jour, ou prisé comme du tabac. Les effets paraissent en avoir été très avantageux dans certains cas, nuls dans d'autres (2).

Demours dit que, si l'on fait tomber sur un œil affecté de mydriase quelques gouttes d'un liquide acre, alors même que la dilatation de la pupille est portée au plus haut degré, cette ouverture se contracte instantanément de près de moitié, et le malade recouvre la faculté pour une minute ou deux de voir les petits objets qu'il n'apercevait auparavant qu'en regardant à travers le trou d'une carte. Il n'existe aucun spécifique possédant une propriété opposée à celle de la belladone, et qui puisse faire contracter la pupille. Il ne paraît donc pas y avoir d'importance à préférer un stimulant à un autre pour produire la contraction temporaire de cette ouverture. L'eau même produit cet effet jusqu'à un certain point. Le vin d'opium, pur ou dilué, est celui qu'on emploie le plus souvent : on en fait tomber dans l'œil une goutte une ou deux fois par jour. La même préparation d'aconit, d'après ce que l'on a observé dans les expériences de toxicologie , doit produire le même effet, mais n'a aucune propriété spécifique (5).

M. Serre d'Uzès a essayé de traiter la mydriase par l'application du nitrate d'argent sur la cornée, près de sa jonction avec la sclérotique. Dans un mémoire qu'il a présenté àY Académie Royale de Médecine, il rapporte quatre cas de succès à l'appui de l'efficacité de sa méthode. La commission académique chargée de l'examen de ce travail a obtenu trois succès par l'application du caustique suivant la méthode de M. Serre. Le caustique ne s'applique que pendant une seconde. 11 détermine l'injection des vaisseaux externes de l'œil, suivie d'une abon-

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(Imite sécrétion de larmes et de mucus nasal, et une vive douleur dans le front et la joue. Le léger nuage qui se montre sur la cornée à la suite de cette application, se prolonge rarement, dit-on, au delà de quelques jours. Le cylindre de nitrate d'argent doit être taillé en crayon, dans le but, je présume, de ne toucher qu'un seul point de la conjonctive; néanmoins, celte application si peu étendue et d'une si courte durée peut être suivie d'une violente irritation (1).

Un moyen plus sur d'amener l'iris à se contracter, est celui employé par le docteur Fronmiïller, et qui consiste à faire lire, chaque jour, le malade pendant un certain temps, de l'œil affecté, et à travers un verre convexe , en commençant par le foyer le plus éloigné qui permette de voir distinctement les lettres, soit, par exemple, celui de 12 à 14 pouces, et en passant graduellement, à mesure que la pupille récupère la faculté de se contracter, à ceux d'un foyer plus long, jusqu'à ce que la maladie ait complètement disparu. Le stimulant, dans ce mode de traitement , est appliqué à la rétine, transmis au cerveau et réfléchi de là au nerf de la troisième paire et aux nerfs ciliaires (2).

[M. Graefe, partant de ce fait que la pupille se rétrécit dans le mouvement qui produit le rapprochement intense des paupières, conseille comme un moyen qui pourra concourir puissamment à la guérison de la mydriase , l'exercice, souvent renouvelé, qui consiste à ouvrir et à fermer avec force les paupières (5).

M. Desmarres recommande au malade de s'exercer à voir un objet de petit volume, tel que la tête d'une épingle, qu'il a soin de placer à la gauche et près du nez , si l'œil droit est malade, et réciproquement. On obtient ainsi peu à peu des contractions plus énergiques du muscle constricteur de l'iris et un rétablissement plus rapide. Cet exercice orthophthalmique peut être encore plus complet si le malade se place alternativement en face d'une lumière éclatante pendant quelques secondes, puis tout aussitôt dans l'obscurité. M. Desmarres se sert pour cela d'une lampe à réflecteur, placée sur une table et séparée du malade par un écran de carton noir percé de petits trous. Le patient passe rapidement l'œil devant ces petites ouvertures, qui doivent être séparées les unes des autres par une distance de 1 à 2 pouces au plus. La première idée de cet appareil, ou d'un appareil semblable, appartient à M. Gensoul, de Lyon, qui l'a appliqué avec succès à quelques anesthésies de la rétine (4). T. AV.]

(1) Archives générales de médecine; t. XVII, p. 507 ; Paris, 1828.

(2) Annales dOculistique, t. XXIV, p. 197; Bruxelles, 1850.

[(5) Areliiv fur Ophtalmologie, t. I, 1, p. 515, et Annales d*0culistique, t. XXXII, p. 206.] [(4) Desmarres. Op. cit., t. II, p. 499.]

TREMBLEMENT DE L'iRIS. 605

SECTION III

TREMBLEMENT DE L'iRIS. ( TREMILUS IRIDIS. )

Syn. — Iridodonesis. Detpk, iris, el Sovsw, je secoue.

Les cas dans lesquels l'iris est affecté, à chaque mouvement de l'œil, d'un tremblement particulier ou d'un mouvement ondulatoire, varient et ne sont pas rares. Quelquefois le mouvement d'ondulation est manifeste ; d'autres fois, on ne l'aperçoit que lorsque l'œil se remue vivement, et même, en pareil cas, il peut être assez léger pour qu'il faille y regarder de près pour s'en apercevoir. La texture de l'iris ne parait point altérée et la pupille a généralement sa forme naturelle; mais cette membrane conserve rarement la faculté de se dilater et de se contracter. Je l'ai vue néanmoins suivre sympalhiquement les mouvements de la pupille de l'œil sain et se mouvoir vivement et largement.

Le tremblement de l'iris est fréquemment, mais pas toujours, lié à l'amaurose. On le rencontre combiné avec la cataracte et surtout avec la cataracte capsulo-lenticulaire. Il succède fréquemment à l'opération qui a pour but de faire disparaître une cataracte capsulo-lenticulaire. Je l'ai vue succédera l'extraction la plus heureuse d'une cataracte lenticulaire ordinaire, sans que la vision en fût le moins du monde affectée. Il se montre fréquemment à la suite d'un coup sur l'œil et s'accompagne ordinairement, en pareil cas, d'une insensibilité partielle ou totale de la rétine et d'opacité du cristallin. Je l'ai vue succéder à une petite blessure accidentelle de la sclérotique et de la choroïde, située immédiatement derrière la circonférence de la cornée; à la ponction pratiquée pour l'extraction à travers la sclérotique, d'une cataracte capsulaire secondaire, le muscle ciliaire et les procès ciliaires ayant probablement été intéressés, l'incision ayant été faite trop près de la cornée. Dans ce dernier cas, la vision ne parut point souffrir. On rencontre souvent le tremblement de l'iris chez les individus qui naissent amauroliques ou affectés de cataracte congéniale ; elle s'accompagne alors de l'oscillation du globe de l'œil. (T. t. I, p. 574.) Lorsque celte affection de l'iris est compliquée de cataracte, celle-ci est aussi assez souvent tremblotante, et, au bout d'un certain temps, il est probable qu'elle s'enfoncera dans l'humeur vitrée dissoute. Ce mouvement ondulatoire se présente fréquemment sur des yeux qui ont subi l'opération de la cataracte, dont l'humeur vitrée était diflluente, ou dont une grande quantité de cette humeur s'est perdue pendant l'opération.

Dans presque tous les cas de tremblement de l'iris, il paraît y avoir dans la chambre postérieure une plus grande quantité d'humeur aqueuse qu'à l'état normal ; dans plusieurs d'entre eux, toute la cavité

située derrière l'iris est remplie d'eau par suite de la destruction du tissu hyaloïde. L'iris pend lâchement et se trouve incapable de résister aux ondulations de l'humeur aqueuse, qui surviennent chaque fois que l'œil se porte d'un côté à l'autre. Ce n'est guère qu'alors que le tremblement de l'iris est perceptible. On ne l'aperçoit point tant que le malade fixe son attention sur le même objet; les efforts nécessaires pour accommoder l'œil à la perception d'objets placés à une distance variée, mais, sur une même ligne droite, ne paraissent point déterminer ce mouvement.

Cette affection de l'iris a, jusqu'à présent, été considérée comme incurable ; elle indique certainement un état peu favorable de l'humeur vitrée et doit faire suspecter une maladie de la rétine.

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