‹ Traité pratique des maladies des l'oeil :Chapitre 99 sur 147 · HALLUCINATIONS DE LA VUE (SPECTRAL ILLUSIONS · texte numérisé non relu

HALLUCINATIONS DE LA VUE (SPECTRAL ILLUSIONS

Les phénomènes que l'on comprend sous ce titre peuvent être simplement rapportés dans une première série de cas, à ce que l'œil reste insensible aux impressions directes d'une lumière faible; tandis que ceux d'une seconde série doivent être considérés comme des symptômes dune affection morbide de l'appareil nerveux qui préside à la vision, ou de la partie du cerveau avec laquelle il se trouve en rapport.

I. Sir David Brewster fait observer que, lorsque l'œil regarde fixement des objets qui ne sont éclairés que par une faible lueur, cet organe se trouve dans un état presque aussi douloureux que s'il y avait excès de lumière. La transmission des impressions cesse d'avoir lieu , l'objet que l'on regarde disparait et l'œil est agité par le retour d'impressions trop faibles pour permettre l'accomplissement de ses fonctions.

Ces faits « peuvent servir, à expliquer, dit Sir David, quelques-uns de ces phénomènes de disparition et de réapparition des objets, et de changement de forme des objets inanimés, qui ont été attribués par le vulgaire à des causes surnaturelles, et par les philosophes à l'imagination. Lorsque, dans une nuit obscure par exemple, nous entrevoyons à l'improviste un objet quelconque, soit en repos, soit en mouvement, nous éprouvons naturellement un vif désir de nous assurer de ce qu'il est, el notre curiosité appelle en action toutes nos facultés visuelles.

(1) Prœlectiones publicœ de morbis oculorum, p. 62 ; Gotlingœ, 174-6.

[(2) Cet article sur les mouches volantes est ceriainement le plus complet qui ait été écrit sur la matière. Aussi, malgré les lumières nouvelles apportées par l'ophthalmoscopie à leur étude, avons-nous jugé convenable de n'y rien ajouter, de peur d'en altérer l'ensemble si bien conçu. Ce que l'ophthalmoscope nous a d'ailleurs appris sur ce symptôme protéiforme est loin de donner la clef de toutes les variétés connues de mouches volantes, et il nous a semblé plus prudent de ne point introduire ici les données incomplètes révélées par son emploi, bien que, dans notre pensée, il doive, dans un avenir qui n'est pas éloigné, en faire modifier radicalement la nomenclature existante. T. W.]

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Cette ardeur, toutefois, ne sert qu'à rendre vains nos efforts. La rétine, excitée par une faible lueur, ne peut permettre la vision permanente de l'objet, et pendant que nous fatiguons nos yeux à en découvrir la nature, il disparait entièrement, puis reparait et s'évanouit alternativement (1). »

II. Certaines illusions de la vue accompagnent, comme on sait, le delirium tremens ou mania à potu. Le malade s'imagine voir dans sa chambre des chats, des serpents et des spectres, et souvent il appelle pour qu'on vienne l'aider à les chasser. Il s'imagine que son lit est couvert de vermine et s'efforce de la ramasser; ou bien il étend fréquemment la main, comme s'il voulait saisir un objet flottant dans l'air devant lui. Dans la plupart de ces cas, les sens et le jugement sont également affectés ; mais dans d'autres les sens seuls sont malades. Dans ce dernier cas, le malade est promptement convaincu qu'il est en proie à des illusions ; mais dans l'autre son délii e l'empêche d'acquérir cette conviction.

L'explication que l'on donne généralement des illusions des sens, soit pendant le delirium tremens, soit dans d'autres circonstances que je signalerai dans le paragraphe suivant, c'est que, la perception s accompagnant dans les cas ordinaires de quelque mouvement ou changement inconnu du cerveau, dans le delirium tremens et dans divers autres états morbides, le cerveau a éprouvé une altération telle, que s'il arrive de penser seulement à une impression passée, il s'effectue dans le cerveau le même changement que si l'impression était actuelle.

III. Les spectres, ou des ressemblances avec des objets naturels, se présentent souvent eux-mêmes, pour ainsi dire, à l'œil, dans des cas où la lumière est suffisante et l'état de la santé générale en parfaite intégrité. Nous devons beaucoup au docteur Ferriar(2), de Manchester, pour la lumière qu'il a répandue sur cette espèce d'illusions de la vue. Admettant la réalité des impressionsd'où résultent les spectres survenant sans aucun agent sensible externe, il considère comme loi générale du système auquel on peut rapporter l'origine de ces sortes d'impressions, qu'elles consistent dans le renouvellement d'impressions réelles qui ont agi autrefois sur le sensorium, et il a appliqué ce principe à l'explication des visions et des apparitions. Ce sujet a été poussé plus loin parle docteur Hibbert, dans ses Sketches of the Philosophy of Apparitions . Il attribue ce phénomène à une grande variété de causes, telles qu'un état d'extrême excitation de certains tempéraments, l'hystérie, l'hypochondrie, l'oubli d'émissions sanguines périodiques accoutumées, les affections fébriles inflammatoires, l'inflammation du cerveau etc.

Les illusions de la vue, dont nous parlons, sont infiniment variées; quelquefois elles se présentent sous l'aspect d'une seule personne ou

(1) Edinburgh Journal of Science, vol. III, p. 209; Edinbûrgli, 1823.

(2) Essay towardsa Theory of Apparitions ; London, 1815.

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