LIVRE II
DES MOYENS DE RECONNAITRE LES MALADIES DE L'ENFANCE ET DES MOYENS D'EXPRESSION DES ENTANTS
Ce n'est pas chose facile que de s'entendre avec une chétive créature qui semble d'abord n'avoir besoin que de nourriture et de sommeil, dont l'intelligence commence à s'ouvrir, et qui cherche à prendre connaissance de tous les corps inconnus qui l'entourent. Si la tache devient moins pénible à une époque plus avancée, il faut cependant convenir qu'elle reste encore difficile, tant que la parole ne vient pas en aide aux malades embarrassés pour exprimer leurs sensations.
Jusque-là le médecin qui examine un enfant qui souffre n'a que faire du langage articulé, puisqu'il est insuffisant; il doit avoir recours à d'autres moyens. Vvant la parole, Dieu a donné à l'enfant un langage qui est le langage des signes. Le médecin doit le connaître, et je dirai même le cultiver en artiste, pour éviter de commettre les plus graves erreurs. L'intelligence de ce langage lui est surtout précieuse dans l'observation des maladies de l'enfance; là, devant un personnage muet, son coup d'oeil doit le diriger pour appliquer les ressources de la médecine.
Chez l'enfant, pour être le sage interprète de son langage naturel, il faut étudier sa physionomie, ses gestes et son attitude, son développement, son embonpoint, son cri; si l'on joint à cette étude, d'une part l'observation de certains caractères tirés de l'état d'agitation ou de calme chez les petits enfants, et de l'autre les résultats de l'inspection de quelques signes extérieurs importants, tels que l'examen des yeux, de la bouche, du ventre, de la poitrine et de la respiration, de la circulation et de la calorification, des produits de sécrétion, des vomissements, des selles, etc., on aura toutes les notions suffisantes pour bien juger delà plupart des maladies de l'enfance.