HÉMORRHAGIE CÉRÉBRALE ET APOPLEXIE DES NOUVEAU-NÉS
11 y a chez les enfants plusieurs maladies que Ton peut décrire sous le nom d'apoplexie cérébrale. Ainsi dans l'accouchement, l'état apoplectique des souveau-
(1) Gibb, Gazette des hôpitaux, 17 février 1859-
nés, espèce de congestion cérébrale passive qui vient les frapper au moment de la naissance, pouvant produire l'effusion du sang et les hémorrhagîes des méninges ou du cerveau pendant l'allaitement.
Il faut cependant bien distinguer ces états morbides qui n'ont rien de commun et qui se développent dans des circonstances spéciales et à des âges différents.
L'état apoplectique des nouveau-nés se manifeste au moment même de la naissance, sous L'influence d'une parturition difficile ou d'une position vicieuse du fœtus : c'est ce que l'on appelle la mort apparente etïasphyxie des nouveau-nés. J'ai fait connaître tout ce qui a rapport à ce sujet dans mon chapitre consacré à l'asphyxie.
L'apoplexie cérébrale et l'apoplexie méningée se développent au contraire à un âge plus avancé et sous l'influence de traumatisme, d'embolie ou d'état cachectique.
L'une est caractérisée par une congestion vive de l'encéphale, habituellement sans hémorrhagie intérieure et sans foyer sanguin de ses enveloppes.
L'autre n'existe qu'à la condition de l'hémorrhagie cérébrale, ventriculaire ou méningée.
Il faut décrire isolément l'état apoplectique des nouveau-nés et l'hémorrhagie des méninges ou du cerveau de la première enfance.
§ I. — Etat apoplectique des nouveau-nés, ou congestion cérébrale.
L'apoplexie des nouveau-nés est décrite avec l'asphyxie par Paul Dubois, Cazeaux, et par tous les accoucheurs sous le nom de mort apparente ou d'état apoplectique ou apoplecti forme. Nous l'avons fait connaître dans le chapitre consacré à l'asphyxie et auquel nous croyons devoir renvoyer pour les détails.
Symptômes. — Les enfants ont la peau, et particulièrement celle du visage et de la tête, toute cyanosée, d'un rouge livide, couverte de taches bleues. Les lèvres sont \iolettes et pendantes, les yeux fermés, les battements du cœur faibles, et la respiration ne peut s'établir.
Si cet état se prolonge, la mort en est la conséquence. Quand, par les résultats des soins que l'on prodigue, les mouvements de la respiration s'établissent, on voit la coloration livide de la peau disparaître. Elle est remplacée par une teinte rose, d'abord manifeste sur les lèvres et sur la face avant de devenir générale. Le cœur bat avec plus de force ; ses mouvements se régularisent et donnent plus d'action aux forces respiratoires ; désormais la vie est sauve, si une rechute causée par les cris de l'enfant ne vient renouveler la congestion cérébrale et interrompre de nouveau l'action du cœur et des poumons.
Lésions anatomîques. — Lorsque les enfants succombent, on retrouve les méninges très-fortement congestionnées et les vaisseaux de la pie-mère énormément distendus. Il y a quelquefois du sang épanché dans ces membranes. Le cerveau paraît gonflé, tant l'infiltration de son parenchyme par le sang est grande. Si l'on coupe cet organe, les surfaces opposées se couvrent d'une multitude de gouttelettes de sang qui se réunissent bientôt pour former des gouttes plus larges.
Il n'y a point de déchirures du tissu ni de foyer apoplectique bien déterminé.
Toutes les parties molles de la tête sont gorgées de sang. Dans les viscères, il n'y a que les poumons qui présentent cette altération à un degré prononcé.
L'état apoplectique des nouveau-nés s'observe dans les cas de parturition laborieuse, lorsque la tête du fœtus est restée longtemps engagée dans le bassin, et dans une flexion considérable relativement au reste du corps; dans les cas d'entortillement du cordon autour du cou, au moment de sa compression par la tête