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ÉTAT APOPLECTIQUE, OU CONGESTION CÉRÉBRALE

dans le passage ; enfin, dans Je cas où il y aurait interruption de la circulation placentaire, comme cela peut arriver dans le travail lorsque le placenta est implanté sur le col de l'utérus.

L'état apoplectique est fort grave s'il dure longtemps. La vie ne tarde pas a s'éteindre. Cela se conçoit, puisque la compression cérébrale produite par la congestion sanguine occasionne la paralysie du cœur et des muscles de la respiration.

L'état apoplectique des nouveau-nés doit être rapproché d'une forme particulière d'asphyxie que l'on observe au moment de la naissance. Ces deux états diffèrent l'un de l'autre par la forme extérieure, et ne sont au fond que des variétés de l'asphyxie. Il me paraît convenable de les désigner sous les noms cY asphyxie apoplectique et d'asphyxie ordinaire.

Dans l'asphyxie ordinaire des nouveau-nés, l'enfant est pâle, ses lèvres sont pendantes et décolorées, sa peau est blafarde, les membres sont immobiles, les battements du cœur sont presque nuls et il n'y a point de respiration apparente ; la faiblesse est extrême, l'anémie générale, et la vie ne peut se manifester, puisque le sang, qui en est la source, n'a point les qualités vivifiantes nécessaires pour communiquer au cerveau l'excitation provocatrice de la ferme impulsion du cœur et du premier mouvement respiratoire.

La vie, au contraire, s'éteint chez les enfants apoplectiques, non plus par leur défaut, mais par surcroît d'excitation de l'encéphale. Elle est comprimée à son essor par la violente congestion sanguine du cerveau, dont les efforts sont paralysés.

Traitement. — Il faut, pour remédier à l'état apoplectique des nouveau-nés et mettre l'enfant dans des conditions favorables à la manifestation de son existence, faire cesser la compression du cerveau et l'engorgement des poumons. On laisse le cordon ombilical sans ligature, de manière à permettre l'écoulement d'une certaine quantité de sang, et au besoin on favorise cette évacuation en mettant l'enfant dans l'eau tiède. Si malgré ces précautions, le sang coule avec peine, si l'on ne peut en retirer une ou deux cuillerées, il devient nécessaire d'appliquer une sangsue derrière chaque oreille pour arrêter le sang au bout d'un quart d'heure avec le perchlorure de fer. »

Dans cette affection, on met souvent en usage les divers excitants extérieurs qui peuvent lutter avec avantage contre la torpeur des enfants. Ainsi les applications de linge chauffé, l'exposition à un feu clair, les bains tièdes et aromatisés stimulent convenablement la peau. Les frictions sèches et aromatiques, la flagellation des fesses, les frictions sur la poitrine concourent au même but et peuvent faciliter l'établissement de la circulation et de la respiration.

Il faut employer également les agents capables d'exciter les nerfs respirateurs. Les insufflations sur le visage avec l'eau vinaigrée et avec L'eau-de-vie, l'excitation de la muqueuse nasale par le vinaigre, l'éther et L'ammoniaque, la projection dans les narines d'une petite quantité de fumée de papier : tous ces moyens réussissent quelquefois à provoquer des efforts qui amènent L'enfant a faire un mouvement respiratoire.

On a aussi conseillé de pratiquer L'insufflation pulmonaire. Cette opération, quoique fort utile, doit être laite avec une certaine réserve, il n'\ a pas d'inconvénient ;i souffler dans la bouche des enfants, après leur avoir fermé les narines, en leur comprimant et relâchant alternativement les parois thoraciques.

Il pourrait y en avoir, si, en prenant le tube laryngien, et dans le but d'envoyer un air plus épuré dans le poumon, on voulait pratiquer celle insufflation avec un soufflet Pour remédier à un accident déjà fort grave, on en déterminerait un autre qui est L'emphysème des poumons.

Le galvanisme, proposé dans cette circonstance, n'a jamais été suivi de succès bien éclatants. Des aiguilles doivent être placées dans les muscles inspirateurs et surtout dans le diaphragme, qui est le plus puissant de tous. On les met ensuite en contact avec les deux pôles d'une pile médiocrement chargée. Cette excitation suffit chez quelques enfants pour établir la respiration.

Il faut mettre, dans le traitement de l'état apoplectique des nouveau-nés, une grande persévérance, et continuer longtemps l'emploi des moyens qu'on a déclarés convenables. C'est après de nombreuses tentatives qu'on arrive à un résultat favorable qui semblait d'abord inespéré. Au reste, comme je dois traiter ce sujet avec plus de détails dans le paragraphe consacré à l'asphyxie des nouveau-nés, je m'abstiendrai de le 'développer ici.

§ II. — Hémorrhagie cérébrale.

Outre ce qu'on appelle état apoplectique des nouveau-nés, et qui vient d'être décrit, il y a chez les enfants une apoplexie cérébrale caractérisée par l'effusion du sang dans la substance du cerveau.

Cette hémorrhagie est très-rare. Vernois en a vu un cas chez un nouveau-né. Parrot en a cité 34 exemples, 1 1 chez des avortons nés avant terme ; les autres chez des enfants cachectiques où arrivent des thromboses veineuses multiples principalement dans les sinus et les veines méningées. Guibert, Payen, Amiral, Tonnelé, Burnet, Serres, Lallemant, Constant, en ont publié d'autres relatifs à des enfants de quatorze ans, douze ans, sept ans, deux ans, un an, trois mois, trois ans et onze ans. Comme on le voit, les faits existent ; mais ils sont exceptionnels eu égard à la fréquence de l'hémorrhagie cérébrale chez les vieillards.

Dans les faits étudiés par Parrot le sang épanché se trouve dans cinq régions différentes. Ce sont, en allant de la périphérie vers le centre :

1° La cavité de l'arachnoïde ;

2° La région sous-arachnoïdienne ou pie-mérionne ;

3° Le tissu nerveux proprement dit ;

4° La paroi des ventricules latéraux sous l'épendyme ;

5° Les cavités ventriculaires.

Sur 34 cas, l'hémorrhagie s'est faite 5 fois dans la cavité arachnoïdienne, et cela, par rupture du feuillet viscéral de ce revêlement, car il y avait eu d'abord un épanchement pie-mérien ; sans exception, le sang occupait toujours les parties déclives et postérieures.

L'hémorrhagie de la région sous-arachnoïdienne est beaucoup plus fréquente et plus abondante. Je l'ai vue quatre fois. M. Parrot l'a notée 26 fois. Une seule fois, il a trouvé un foyer complètement circonscrit par la substance nerveuse. — L'hémorrhagie péri-ventriculaire ou sous-épendymaire est fréquente, mais peu étendue ; son siège est constamment entre la couche optique et le corps strié, sous la laine cornée, au point d'émergence d'un gros tronc veineux, qui est l'aboutissant d'une partie des vaisseaux rampant sous l'épendyme de l'étage inférieur du ventricule. — Cinq fois, le sang avait fait irruption dans les ventricules, pénétrant des latéraux dans le moyen, ©l de ce dernier, par l'aqueduc de Sxlvius, dans le quatrième. De là, il peut gagner le bulbe et le canal rachidicn.

En résumé, trois faits méritent d'être signalés dans rhémorrhagie encéphalique du nouveau-né: 1° dans le plus grand nombre de cas, celle-ci est bilatérale; 2° quand elle n'existe que d'un côté, le droit est atteint plus fréquemment que le gauche ; 3° elle a une prédilection marquée pour les régions déclives.

HÉMORRHAGIE CÉRÉBRALE, "lu

Les foyers hémorrhagiques pie-mériens varient en nombre et en étendue ; ils sont ordinairement multiples et symétriques. Souvent le sang peut faire subir un certain degré de ramollissement à la substance nerveuse avec laquelle il est en contact ; dans tous les cas, il est quelquefois difficile de se rendre compte si l'épanchement a eu son point de départ dans la substance nerveuse elle-même ou sur la périphérie. A ce sujet, des erreurs ont dû être souvent commises.

La substance nerveuse comprimée par le caillot subit des altérations nutritives consistant, au début, dans une stéatose diffuse ; puis, quand le caillot s'est durci, dans la présence de taches d'une teinte jaune, dues à l'atrophie graisseuse de la substance encéphalique .

Le siège de l'épanchement dans la substance nerveuse, dans la grande cavité de l'arachnoïde, etc., ne présente pas de particularités spéciales au point de vue anatomique. Les foyers de la paroi des ventricules latéraux sont ordinairement peu étendus, gros comme le noyau d'une cerise, de forme ovoïde, renfermant du sang toujours liquide. Ils se rapprochent de ceux de la périphérie, étant compris, comme ces derniers, entre la substance cérébrale proprement dite et le revêtement membraniforme, comparable aux méninges, qui la recouvre.

Parmi les lésions concomitantes, il faut signaler la congestion des veines piemériennes, la présence assez fréquente de masses rouges, isolées ou groupées, disparaissant quand on les comprime, grosses comme une petite tête d'épingle ; celles-ci sont constituées par un vaisseau dont la gaine lymphatique contient du sang, tandis qu'il est lui-même vide et rétracté au niveau de la tumeur. Les autres altérations sont la pneumonie, les congestions viscérales diverses, la thrombose veineuse, quelques épanchements ecchymotiques sous les séreuses et dans les muscles.

Par conséquent, les hémorrhagies encéphaliques des nouveau-nés offrent de grandes différences avec celles des autres âges :

Dans celles-ci, foyers unilatéraux, uniques le plus souvent, ayant pour siège la substance nerveuse, provenant des artères qui se rompent par suite d'une altération protopatbique et ancienne de leurs tuniques, se révélant par des paralysies caractéristiques ; dans celles-là, foyers multiples, symétriques, occupant la surface des circonvolutions, sous l'arachnoïde, ou la région sous-épendymaire des ventricules latéraux; foyers provenant des veines qui, dans le cours d'une maladie aiguë, se distendent et se rompent, ne s'annonçant par aucun symptôme.

Les hémorrhagies araclmoïdiennes des nouveau-nés ont leur source dans une hémorrhagic pie-mérienne ; dans les autres âges, le sang arrive dans la cavité arachnoïdienne, quelquefois d'un foyer intra-cérébral, mais presque toujours consécutivement à une pachyméningite(l).

L'hémorrhagic inlra-crànienne ne se manifeste pas, chez les nouveau-nés, par aucun symptôme caractéristique. Quelquefois il 5 a des convulsions, de la contracture, du coma, mais ces symptômes sont très-variables.

Chez les enfants plus âgés et dans la seconde enfance, les hémorrhagies cérébrales •ont primitives ou seconda ires, en foyer ou en infiltration, forme qui a été désignée sous le nom d'apoplexie capillaire.

Quand l'hémorrhagie est en foyer, le sang est épanché sur différents points de la masse encéphalique, dans le centre ovale de Yieusseiis, dans les couches optiques, les corps striés, le cervelet, etc. Sa masse varie de IT> a 500 grammes, et il présente une couleur noire très-prouom iée, semblable à du raisiné de Bourgogne.

(1) Arck. de locoloc/ie, janvier, mars et mai 1875,

v2iS PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE.

Elle forme un caillot peu consistant, entouré de substance cérébrale dilacérée, frangée, ramollie, et infiltrée de petits foyers sanguins capillaires.

Peu à peu le caillot diminue, sa partie liquide se résorbe, et la fibrine se désagrège et disparaît. Les parois du foyer s'égalisent ; les irrégularités s'affaissent ; une membrane vaseulaire de nouvelle formation se forme, et c'est par elle que s'accomplit l'absorption du caillot sanguin épanché. Il en résulte une cicatrice cérébrale formée de tissu blanc jaunâtre, où l'on reconnaît, avec le microscope, un assez grand nombre de fibres de tissu cellulaire.

Quand l'hémorrhagie se fait par infiltration, et qu'il y a ce qu'on appelle apoplexie eapillaire, le sang n'est pas réuni en foyer et se trouve disséminé par petits foyers noirâtres confluents dans la substance cérébrale. Cette forme d'hémorrhagie cérébrale se manifeste surtout autour des tumeurs cérébrales, tuberculeuses ou autres.

Dans les cas d'apoplexie avec foyer hémorrhagique, il y a paralysie de la face et de tout le côté correspondant du corps, dans le côté opposé à la lésion du cerveau, comme chez L'adulte ; mais dans le cas d'apoplexie par infiltration, les enfants tombent dans un coma incomplet, des convulsions et surtout des contractures, comme dans l'encéphalite. C'est en effet la une encéphalite donnant lieu a un ramollissement circonscrit de la substance cérébrale dans laquelle se font des hémorrhagies capillaires.

Causes. — Les causes des hémorrhagies cérébrales sont très-difficiles à saisir. Elles dépendent soit du spasme des vaisseaux, soit de l'encéphalite, soit de l'insolation, soit de 1 inflammation des sinus de la dure-mère et des obstacles à la circulation du sang dans le cerveau, soit d'une embolie suite d'endocardite, soit des tumeurs tuberculeuses de l'encéphale, de la méningite tuberculeuse, etc. La thrombose des sinus et des veines méningées est la cause la plus ordinaire, mais il n'en est pas question dans ces recherches de Parrot que je viens d'analyser.

Pronostic, traitement. L'hémorrhagie cérébrale chez les enfants est encore plus grave que celle de l'adulte. Presque tous les sujets succombent, ce qui laisse peu d'espérance aux efforts de la thérapeutique.

Y ne ou plusieurs sangsues à l'oreille ou à l'anus, suivant l'âge des enfants, des lavements purgatifs, de petites purgations, des sinapismes, de la teinture de mélisse ou d'arnica a l'intérieur, tels sont les moyens à employer contre l'hémorrhagie cérébrale de la première enfance.

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