NÉVROSES CONGESTIVES DE L'ENCÉPHALE
ladir sans nom dans la pathologie. Mais mon scepticisme et ma réserve ne samaient aller jusqu'à empêcher ma raison de conclure dans ce sens qu'indiquent des symptômes aussi fortement accusés que ceux que je viens de décrire. C'est ici une névralgie cérébrale épanouie sur la branche ophthalmique de la cinquième. De plus, c'est une névralgie congestive, malgré ces signes extérieurs de chlorose et d'anémie qui existent chez ces enfants, et je vais, si difficile que soit le diagnostic de ces deux cas morbides, le démontrer. En effet, chez Camille B..., en même temps qu'elle souffre de la cinquième paire, les paupières offrent une hypérémie très-prononcée de la peau. Donc, il y a névralgie congestive palpébrale ; mais j'ajouterai il y a névralgie congestive oculaire, car avec l'ophthalmoscope on voit une hypérémie du nerf optique cachant les contours de la papille et différant de l'hyperhémie de la méningite par défaut de congestion choroïdienne.
Chez Jeanne D..., il en est de même, et dans le dessin du fond de l'œil qui a été fait et que vous avez sous les yeux, il y a également une hyperhémie du nerf optique avec excavation centrale, et ni la rétine, ni la choroïde ne sont congestionnées, ce qui distingue cette forme de névrite optique de celle qu'on observe dans la méningite aiguë.
Si l'on a bien suivi l'analyse clinique des faits qui viennent d'être présentés , on doit être convaincu qu'il ne s'agit pas chez ces malades d'une méningite aiguë ordinaire, qu'il n'y a eu chez elles qu'une névralgie chlorotique de la cinquième el du cerveau provoquant la pseudo-méningite, enfin que cette maladie représente une névrose congestive de l'encéphale , affection sympathique et réflexe due à l'état d'aménorrhée et d'inertie utérine.
Au reste, ces faits de pseudo-méningite ne sont pas les premiers que j'observe. C'est là une maladie réflexe de l'encéphale que plusieurs causes concourent à produire et dont vous rencontrerez assez souvent des exemples. Dans les cas que vous venez de voir, la forme est inusitée, exceptionnelle ; mais là où vous trouverez la pseudo-méningite avec ses caractères habituels, c'est dans l'état cérébral réflexe de l'enfance produit par l'angine tonsillaire aiguë, par certaines maladies éruptives et inflammatoires et par les affections vermineuses.
.le ne parle pas ici de ces méningites avortés ou poussée* méningitiques que j'ai mentionnées (1), et que les médecins de l'enfance ont vues comme moi. Je ne mets en discussion que les pseudo-méningites réflexes de l'amygdalite aiguë commençante et des affections vermineuses. Celles-ci sont très-communes , et sans rappeler mes observations personnelles, je vais vous en citer une qui a pour titre : Accidents produits par des oxyures et simulant lu méningite (2) : on \ voit que deux médecins, M. Vignard et M. Mahot, avaient cru voir tous les symptômes d'une méningite dans n\\ cas où l'expulsion de nombreux oxyures lit aussitôt cesser ces accidents, .l'ai vu l'an dernier, dans ce service, deux cas analogues produits par des ascarides, el mon livre (3) en renferme bien d'autres.
Que l'impression morbifique inconsciente vienne de l'utérus comme chez un de nos deux malades, qu'elle vienne de l'intestin rempli de vers, ou des amygdales qui commencent à s'enflammer, l'action réflexe est la même, l'impression transmise par le grand sympathique à la moelle et au cerveau se transforme ici en action motrice convulsive, là en action hyposthénisaute des capillaires, c'est-à-dire paralysie vasomotrice de l'encéphale, et il en résulte de la céphalée, des \omisseinenls, de la con-
(1) Bouchut, Traité des maladies îles nouveau-nés, article Méningite.
ri) Vignard et Mahot, Bulletin de thérapeutique.
(3) Bouclmt, Traité des maladie* des nouveau-nés, article Entozoàires.
stipation, des cris, de l'agitation, de la fièvre, tout ce qu'il faut enfin pour faire , ;,,,,,. ;, m,,, ptuegmasie méningée qui n'est qu'une pseudo-méningite. Connu. • je ne sont que des nni>r>:<s'0i>s transformées ». Il \ a donc diverses tonnes de pseudo-méningite ou névroses congestives de
épbale :
[-;| | léningite utérine ou cMorotique, celle dont je viens de parler .
La pseudo-méningite intestinale vermineuse ; La pseudo-méningite gastralgique;
La pseudo-méningite de L'angine tonsillaire et des maladies aiguës. Il \ en a peut-être d'autres encore; mais, quant a présent, je ne parle que de
que j\ïi obeei Cela, étant dit. je reviens à mes o - je confirme mon diagnostic par
la preuve thérapeutique.
Il s'agit d'une néi - >ti\<' de l'encéphale, ai-je dit ; eh bien, nous avons
un médicament qui passe pour posséder la vertu de décongestionner le cerveau,— • 'esl le sulfate de quinine. Ce serait même a l'anémie cérébrale qu'il entraîne que l'on attribue la surdité, l'amaurose et les trouble-, cérébraux que produit son emploi ;, i,rlIit.' do--. Toul cela esl «rai, et je suis le premier qui en ail fourni la démonstration à l'aide de la cérébroscopie(2).
J'ai \ouln faire connaître l'effet de tous les poisons sur la circulation de la rétine du nerf optique <-i d ■ la chon - ladé que, dans cette expérience, j'appréciais
. ment la circulation du cerveau et des méninges. Eh bien! qu'est-il arrivé? l'ai \u que l'opium congestionnait la rétine qu'il eu était de même d'' la narcéine, ,i,. la papai la morphine et de 1m codéine; j'ai vu qu'il en était de même
d-- l'atropine; mais j'ai constaté que le sulfate de quinine pâlissait le fond de l'œil, et j'ai cru que c'était là une pren > action décongestive de l'encéphale et
Cette année même, dans un cas de méningite avec dilatation énorme des m ânes rétiniennes, j'ai pu constater, sous l'influence d'une forte dose de quinine, une diminution considérable du diamètre de CCS reines.
admettant donc cette propriété du sulfate de quinine, il esl évident qu'il i avait indication a l'employer chez nos deux malades.
Je l'ai doue prescrit a la dose d- ! gramme par jour, en même temps (pie '(■administrai I centigramme d'opium, avant chaque repas, contre la gastralgie, l'influence de ce médicament, la névralgie de la cinquième a disparu, ainsi que la rougeur des paupi i • ■ = i v malades onl repris de l'appétit et des Ion
j'ai pu, pour achever leur guérison, les envoyer a la campagne. I. i résumé :
Les faits prouvent l'existence (\'\\m' névro stive de l'encéphale simulant
la méningite et dépendant de la chlon
l. 8 , . -s de L'encéphale, ayant forme de pseudo-méningite, sont
des iu.iI.kIi'-> raso-motriees par action réflex< Il \ a diverses formes d.- , g ~ti\.- de l'encéphale, selon le point de
i de l'excitation réflexe dans l'utérus, dans l'intestin, dans l'estomac on sur les amygdales.
Dan res d ■ l'encéphale et dans la pseudo-méningite, le
sulfate de quinine est l'agent de l'indication physiologique, mais autour de lui. se
I Bouchât, Nouveaux éléments de pathok • édition. Pari»,
■: i.. Bouchot, Du diagnostic » du système nerveux céréb
an vol. in pie médicale et de cérébroscopie. Pari», i
i] itre Psei do-méhÛigite,
NÉVROSE THYRO-EXOPHTHALMIQUE. 273
Ion qu'il j a chlorose, affection vermineuse ou phlegmasie tonsillaire, il faut employer les préparations feifugineuses, les courtes affusious froides, le calomel et la santonine, enfin, les révulsifs aux extrémités inférieures et les gargarisme* astringents.