LARYNGITE
L'inflammation de la membrane muqueuse du larynx constitue la laryngite. Elle est rare chez les nouveau-nés, mais elle est un peu plus fréquente chez les enfants à la mamelle et dans la seconde enfance. On l'observe sous deux formes : à l'état aigu et à l'état chronique.
Elle est la conséquence de l'impression du froid et débute par un coryza. Elle est quelquefois en rapport avec la syphilis congénitale. Ailleurs elle succède à l'ingurgitation d'un liquide bouillant et constitue la brûlure du larynx, accident que j'étudierai un peu plus loin dans un chapitre spécial.
§ I. —Laryngite aiguë.
La laryngite aiguë est annoncée par l'enrouement, l'aphonie de la toux et de ]a voix, le sifflement laryngé, une grande gène de la respiration et un affaiblissement considérable du murmure vésiculaire avec ou sans fièvre.
Chez les jeunes enfants la maladie simule le croup, c'est-à-dire la laryngite pseudo-membraneuse, et peut comme elle amener la suffocation, l'anesthésie et l'asphyxie. C'est à ce point que l'on a pu faire plusieurs fois la trachéotomie dans des cas de ce genre, et l'on a été fort surpris de ne pas trouver dans le larynx les fausses membranes qu'on croyait devoir y rencontrer.
Chez les enfants plus âgés, la laryngite aiguë n'a pas les mêmes inconvénients ni les mêmes dangers. Elle n'a pas de symptômes de suffocation, et l'aphonie de la toux et de la voix sont ses symptômes caractéristiques.
L'aphonie et l'enrouement durent assez longtemps , et il est rare queces phénomènes se dissipent en moins de quinze à vingt jours.
OEDÈME DE LA GLOTTE. ± 9 l
La laryngite aiguë doit être combattue par des sinapismes an devant du larynx, par (1rs sangsues, par l'émétique ou l'ipécacuanba à dose vomitive , par les gargarismes émoDients et par les fumigations émollientes.
Chez les enfants qui succombent, la membrane muqueuse du larynx est rouge, violacée, L'épigiotte semble épaissie, et les cordes vocales tuméfiées rétrécissent notablement l'entrée du larynx. Dans quelques cas, dos ulcérations superficielles linéaires peuvent se produire sur les cordes vocales ou dans les ventricules laryng 53 mais cela est rare.
§ II. — Laryngite chronique.
La laryngite chronique est très-rare chez l'enfant, à moins de complications de tuberculose pulmonaire. J'en ai vu quelques exemples, une fois chez une fille qui, ayant mangé du pain fabriqué pendant le siège de Paris et qui renfermait de U
paille d'avoine, eut par accident une de ces pailles pointues qui blessa le larynx et produisit une laryngite chronique avec aphonie ; une autre fois chez une fille qui eut une aphonie par refroidissement du cou, et ailleurs dans le cours de la syphilis ou de la tuberculose pulmonaire.
Elle existe sans fièvre, avec de l'enrouement, une altération de la toux et une aphonie plus ou moins marqu
Quand il y a en même temps phthisie pulmonaire, c'est une laryngite chronique ulcéreuse ou tuberculeuse absolument semblable a celle de l'adulte. Mais on ne voit jamais chez l'enfant de la laryngite chronique produisant la phthisie laryngée. Quand il y a consomption , c'est qu'il existe en même temps de la phthisie pulmonaire.