‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 148 sur 472 · ŒDÈME DE LA GLOTTE · texte numérisé non relu

ŒDÈME DE LA GLOTTE

On en trouve quelques exemples dans Billard. Veedème de la glotte est une maladie fort grave, et presque toujours mortelle. Elle commence, comme un simple rhume, par une petite toux qui devient sifflante et par une gêne considérable de la respiration. Il en résulte un état d'asphyxie qui nécessite l'opération d« la trachéotomie.

.l'en ai \u deux exemples constatés a l'autopsie.

Observation I. — Un enfant opéré du croup par la trachéotomie était mort au troisième jour de l'opération. 11 y avait des fausses membranes dans le larynx, mais l'épigiotte et les ligaments aryténo-épiglottiques, pâles, gontles, demi-transparents, infiltrés de sérosité, fermaient le larynx et lui donnaient l'apparence du gland qui forme l'extrémité de la verg

En voici un plus curieux que l'on doit a M. Ulain-Dupré :

SERVATION II. — Un enfant de cinq ans paraissait depuis trois ou quatre jours être atteint d'une affection catarrhale avec enrouement, lorsque des accès de suffocation annoncèrent un œdème de la ululte. Pendant trois ]o\w>. on mit en œuvre divers moyens, mais sans résultat. Cependant les menaces d'asphyxie augmentaient ; le pouls était insensible; le délire survint. On rut alors recours à la trachéotomie. L'opération réussit ; la respiration s'établit peu à peu. Mais elle était constamment troublée par des quintes de toux. I..- lendemain amélioration, qui alla en augmentant les jours suivants. La canule livrait passage à beaucoup de mucosités expectorées pendant les accès de toux. Au bout de huit jours, on enleva la canule. Aucun actidonJ

immédiat ne s'ensuivit; seulement, les crachats continuaient à être expectorés par la plaie que l'on n'avait pas entièrement fermée, et même, lorsque le malade prenait quelques aliments liquides, les seuls qu'il put encore supporter, il en sortait une certaine quantité par l'ouverture de la trachée, ce qui lit penser à une perturbation des fonctions de l'épiglotte. On remédia à cet inconvénient par une position convenable. Mais le malade se plaignit de douleurs abdominales, puis rendit plusieurs vers par la bouche, et finit par refuser absolument de prendre de la nourriture. Enfin, il fut pris d'un rhume assez intense ; la toux apparut avec des crachats muqueux très-abondants, que bientôt il n'eut plus la force d'expectorer, et le malade mourut le cinquième jour après l'enlèvement de la canule, le treizième après l'opération.

Autopsie. — Les poumons étaient pâles et exsangues. Les ramifications bronchiques étaient gorgées de mucus en très-grande abondance. L'épiglotte paraissait racornie et n'avait pas son élasticité naturelle. Elle recouvrait difficilement la glotte. Celle-ci, rouge et injectée dans toute son étendue, ne présentait aucune trace de fausses membranes. Les replis supérieurs de la glotte, plus volumineux que dans l'état normal, étaient ridés et flasques ; et leur boursouflement rendait bien compte d'un état œdémateux antérieur. Pas de suppuration ni d'ulcération. Les tissus environnant la plaie étaient indurés, et, dans quelques cas même, ils criaient sous le scalpel. Le tissu cellulaire, également induré, présentait un aspect granuleux. — Rien du côté des organes de la digestion (1).

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