‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 154 sur 472 · FAUX CROUP, <)( LARYNGITE STRIDULEUSE · texte numérisé non relu

FAUX CROUP, <)( LARYNGITE STRIDULEUSE

tant ; leur respiration est à peine gênée, et l'on entend dans la poitrine des râles dont nous avons parlé pins haut. Cet état n'est jamais bien grave, les enfants sont guéris au bout de quelques jours.

Terminaison. — La laryngite striduleuse se termine presque toujours d'une manière favorable, et la plupart des enfants guérissent très-rapidement. Les uns reviennent complètement à leur état de santé, ce qui est rare; les autres conservent un peu de fièvre, offrent des symptômes d'angine tonsillaire simple ou de bronchite, pendant quelques jours ; quelques-uns, enfin, succombent au moment de l'accès, asphyxiés par l'occlusion spasmodiqué du larynx. Cette terminaison est tout exceptionnelle. J urine, Vieusseux, en ont observé quelques exemples, mais cinq ou six faits de cette nature contre des milliers de laryngites striduleuses guéries ne doivent pas inquiéter sérieusement le médecin.

Diagnostic. Comme on le voit, la marche de cette maladie est essentiellement différente de la marche du vrai croup. On trouve dans la laryngite striduleuse, vers minuit, une invasion soudaine de symptômes effrayants de suffocation, qui diminuent, se montrent de nouveau avec moins d'intensité, pour disparaître enfin d'une manière définitive. L'intermittence ordinaire est bien caractérisée. De plus, les premiers accès sont les plus forts, et ils diminuent à mesure que la maladie se prolonge. Dans leur intervalle, la santé ne paraît pas avoir subi de profondes atteintes; il y a un peu de fièvre, pas d'albumine dans les urines, comme cela se voit trèssouvent dans le croup.

Le croup pseudo-membraneux est, au contraire, caractérisé par un étal morbide charpie jour plus grave; et lorsque les accès de suffocation se manifestent, les premiers sont à peine sensibles, mais ils deviennent de plus en plus violents, au point d'occasionner la mort par asphyxie. Dans leur intervalle, les enfants ont de l'albuminurie, sont en proie à une gêne excessive de la respiration, et la coloration violacée de leur usage indique bien l'existence d'un obstacle qui s'oppose à l'exercice des fonctions respiratoires.

Enfin, l'examen de l'arrière-bouche ne fournit aucun résultat dans la laryngite striduleuse; il indique, au contraire, la nature de la maladie dans le vrai croup, puisqu'on observe souvent sur la muqueuse les fausses membranes qui en sont le caractère irrécusable.

Il faut donc admettre, avec la plupart des médecins, l'existence d'une maladie qui se rapproche un peu du croup par quelques symptômes, et qui n'est cependant pas le croup, puisque la marche et la nature de l'affection sont toutes différentes. Celle maladie, c'est la laryngite striduleuse.

Il est important de la reconnaître pour ne pas la combattre par les moyens qu'on emploie contre la laryngite couenneuse ou le vrai croup. C'est, du reste, ce qui est fort souvent arrivé et ce cpii sans doute ne se reproduira plus.

La laryngite striduleuse, avec son accès de suffocation bruyant, avec sa respiration sonore, rauque et sifflante, se distingue du phréno-glotlisme, c'est-à-dire des convulsions phréno-glottiques, en ce que dans cette maladie la respiration, presque

il obile, ne l'ait pas (h1 bruit, el c'est à la lin de l'accès qu'un seul bruit sonore

annonce l'entrée de l'air dans le larynx el la lin de la convulsion ph rénique.

Pronostic. — La laryngite striduleuse est une suffocation fort grave en apparence; elle semble compromettre la vie des enfants; on dirait qu'ils \ont périr d'asphyxie au milieu de l'accès : mais il est plus ordinaire de voir la maladie cesser d'elle-même ei disparaître rapidement sous l'influence d'une médication appropriée, ou se prolonger, au contraire, lorsque l'on a mal choisi les moyens de traitement.

Traitement. — Il faut combattre la laryngite striduleuse simple a l'aide des

moyens expectorants, sédatifs et antispasmodiques ordinaires administrés en potion ou en lavement. L'ipécacuanha, 30 à 40 centigrammes, les juleps gommeux, éthérés, el renfermant une petite quantité de teinture de musc ou d'extrait de valériane, sont fort utiles. Ils calment rapidement l'agitation des enfants et favorisent leur repos. On donne dans le même but les lavements de valériane ou d'asa fœtida : 25 à 50 centigrammes de ces substances pour 100 à 150 grammes d'eau. A ces moyens il faut joindre l'usage des excitants cutanés, tels que les pédiluves irritants ou les sinapismes à la moutarde. Les vésicatoires sont entièrement inutiles à employer dans cette affection.

Lorsque la laryngite striduleuse se manifeste chez un enfant atteint de bronchite, il faut apprécier le degré de cette maladie et tenir compte de l'état fébrile. Les moyens qui précèdent doivent être mis en usage, mais consécutivement à l'administration d'un vomitif, l'ipécacuanha de préférence, à la dose de 30 ou 40 centigrammes dans du sirop de gomme, pour les jeunes enfants. Ce médicament produit toujours une grande amélioration.

Le faux croup nécessite rarement l'emploi de la saignée locale ou générale. La perte de sang est inutile, sauf les cas de complications inflammatoires des bronches ou du poumon. Elle est même nuisible, car le sang est le régulateur du système nerveux, sanguis moderator nervorum, et si cette déperdition n'a point pour résultat la prolongation de l'accès, elle jette les enfants dans un état de faiblesse qui les rend malades pour plusieurs jours.

Tels sont les moyens qu'il est convenable d'employer dans la laryngite striduleuse. Ils sont encore assez nombreux et assez variés. Il faut apporter de grandes précautions dans leur choix, pour ne pas mettre en usage les plus énergiques d'entre eux contre un accès qui va cesser tout naturellement. Ces derniers moyens conviennent surtout dans le cas de complications importantes, la bronchite ou la pneumonie. Le vomitif est alors très-avantageux à employer. Quant aux vésicatoires et aux saignées, il faut les réserver pour les cas les plus graves, et ne les prescrire que d'après les indications toutes spéciales.

Àphorismes.

126. Un' accès nocturne et subit de suffocation accompagné de toux sèche, rauque, sifflante et sonore, annonce le faux croup.

127. Le faux croup, très- violent à son début, s'amoindrit en quelques heures ; tandis que le vrai croup va sans cesse augmentant d'intensité, jour par jour.

128. Deux ou trois accès de suffocations, de moins en moins violents, à vingtquatre heures d'intervalle, caractérisent le faux croup.

120. Le faux croup guérit très-facilement au moyen d'un vomitif.

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