FAUX CROUP, OC LARYNGITE STRIDDLKOSE
imminente et il n'y a pas dans les voies aériennes d'obstacles considérables à l'hématose
1 19. Ouvrir la traclu'-e d'un enfant atteint de croup avant l'apparition de l'anes- (hésie, c'est faire une opération inutile parce que l'on combat une asphyxie qui n'existe point.
120. Dans le croup. L'asphyxie a eu lieu, tantôt d'une manière apparente avec cyanose et suffocation, tantôt d'une façon latente, sans cyanose ni suffocation appréciable, et c'est l'anesthésie seule qui montre l'imminence de la mort et la nécessité de la trachéotomie.
1:21. Le croup, arrivé à la période des accès de suffocation et d'anesthésie complète, e>t presque toujours mortel.
1-2-2. Il y a des croups qui guérissent, et d'autres que l'on guérit.
123. A ses débuts, le croup doit être traité par l'émétique répété coup sur coup et a la dose de -2ô milligrammes matin et soir.
124. Les croups accompagnés d'albuminurie diphthéritique et de leucocythose sont ordinairement plus graves que les autres.
125. Un croup arrivé a la période de suffocation et d'anesthésie où la mort semble prochaine, doit être immédiatement traité par la trachéotomie.
FAUX CROUP, or LARYNGITE STRIDDLEDSE
On donne le nom de faux croup ou de laryngite striduleuse a une affection nerveuse du larynx qui a la plus grande analogie de symptômes avec le croup, et dont il est facile de la distinguer. On l'a aussi désigné muis le nom d'asthme de Kopp> d'asthme de Millar, d'asthme thymique, de spasme de la glotte, etc.. mais ces noms sont autant d'erreurs qui fout double emploi avec le phi glattisme, état morbide tout différent que j'ai décrit à propos des maladies de l'appareil cérébro-spinal (page 98). La laryngite striduleuse du faux croup est une névrose du larynx caractérise par le spasme de la glotte seul, tandis que l'asthme de Kopp. également appelé l'asthme de Millar. l'asthme thymique, est un spasme île la glotte et du diaphragme a la fois. Cette maladie se présente rarement toute seule: elle se développe, au contraire, en même temps que l'angine, la bronchite et les affections inflammatoires des organes delà respiration.
Elle est caractérisée par un accès de suffocation qui se montre tout a. coup, et peut déterminer l'asphyxie des .■niants.
Pendant longtemps on a combattu cette division de la laryngite couenneuse et de la laryngite striduleuse, et l'on a commis de fréquentes erreurs en rapportant a la présence des fausses membranes du larynx des accès de suffocation, purement nerveux, (lie/ des enfants qui n'avaient pas le croup. On s,- refusait a admettre la distinction fondamentale entre ces deux maladies, sj essentiellement différentes par leur nature, quoique similaires par quelqnes-uns de leurs symptômes. Lobs, -nation est enfin venu démontrer leur existence, (.'est a Hrelonncau et a Guersanl que revient l'honneur, de cette découverte, car jusqu'alors le croup pseudo-membraneux et le faux croup étaient sou\ent confondus dans l'esprit des médecins. Beaucoup s'imaginaient avoir guéri devrais croups, lorsqu'ils n'avaient triomphé (pie des accidents nerveux de suffocation qui se tussent insensiblement apaisés.
Causes. La laryngite striduleuse est assez commune. Elle n'affecte que les enfants du premier Age, et surtout les enfants à la mamelle. Elle peut se présenter plusieurs fois chez les mêmes enfants. Quelques-uns ont toujours, au début, de l'amygdalite simple, de la bronchite et de l'angine laryngée inflammatoire, un ou deux accès de laryngite striduleuse. Comme le fait remarquer Guersant, il est probable que certains cas de récidive de croup cités par les auteurs appartiennent au faux croup simple, qui récidive avec une grande facilité, etqueJurine et Albers ont commis une erreur à cet égard en confondant des maladies différentes.
Symptômes. — La laryngite striduleuse débute ordinairement vers minuit, chez les jeunes enfants qui s'étaient endormis dans un parfait état de santé ou qui avaient seulement une simple affection catarrhale des bronches. Elle se manifeste aussi, mais très-rarement, au milieu du jour. On l'observe enfin comme complication dans le cours de la pneumonie.
Les enfants éprouvent tout à coup une sensation profonde, en apparence trèspénible ; ils se réveillent fort agités, avec une gène considérable de la respiration qui devient bruyante et dont l'inspiration devient sonore; leur toux est éclatante, sèche, rauque, et sifflante ; elle ressemble quelquefois à un aboiement et revient par quintes prolongées qui chaque fois les menacent de suffocation ; ils se lèvent convulsivement de leur lit, la tête tournée en haut, les yeux hagards ; le visage est gonflé, rouge, violet ; ils sont dans l'angoisse la plus profonde et tombent fatigués, pales et couverts de sueur. A chaque quinte, ces phénomènes se reproduisent ; puis les accidents disparaissent, et les enfants retrouvent leur calme nature!.
Le pouls conserve une notable fréquence, la voix est enrouée, mais distincte ; la toux est à peine altérée, et la respiration s'accomplit paisiblement.
Si l'on examine le fond de la gorge, on y observe un peu de rougeur, quelquefois le gonflement des amygdales, mais pas de production fibrineuse semblable à celles du croup pseudo-membraneux, et il n'y a pas d'engorgement des ganglions sous-maxillaires.
L'auscultation ne révèle, en général, aucune altération du poumon. Elle permet d'entendre du râle sibilant et du râle muqueux, qui appartiennent à la bronchite. Dans quelques cas fort rares, on entend les bruits anormaux de la respiration, qui se l'attachent à la pneumonie.
L'accès de suffocation du faux croup dure environ une ou deux heures. Les accidents, d'abord très-graves en apparence, diminuent peu à peu d'intensité, et disparaissent complètement. Leur marche est toute différente dans le vrai croup. Ils augmentent, au contraire, de moment en moment jusqu'à la mort.
Lorsque l'accès est terminé, l'enfant repose avec calme jusqu'à production de nouveaux accidents qui reparaissent quelquefois, mais très-rarement, dans la même nuit, le second accès ne revient, en général, que dans la nuit suivante ; il esl toujours moins fort que le premier et dure moins longtemps que lui. On observe ainsi trois ou quatre accès de suffocation pendant trois ou quatre jours consécutifs. Ils sont de jour en jour moins graves et moins prolongés.
La laryngite striduleuse se termine très-souvent après un seul accès de suffocation, quelquefois au deuxième ou au troisième accès sans laisser d'autres traces de son passage qu'une légère amygdalite simple, sans qu'il se développe de bronchite ni de lièvre.
Ordinairement la laryngite striduleuse signale le début d'une affection catarrhale légère des bronches. Alors, à la suite des accès, les enfants conservent un peu de fièvre, ils continuent à tousser, mais leur toux ne présente aucun caractère impor-