POLYPES DD LARYNX
il en est de même du ras publié par M. Bouchaud(l), clans lequel le début remonte à l'âge de dix-huit mois.
En fait de tumeur épithéliale datant de la naissance, no n'avons connaissance que d'un seul eas, c'est celui du docteur Dufour (2).
L'extrême rareté des polypes chez reniant fait qu'il est très-difficile de porter un diagnostic, et qu'on ne suppose cette affection qu'avec réserve
En voici un exemple observé par M. Triboulel :
Observation. — Polype congénital du larynx (épithéjiome papi informe) ; bronchopneumonie; trachéotomie. Mort. — Le 5 janvier 1866 est entrée à l'hôpital Sainte- Eugénie, au n° 9 tle la salle Sainte-Marguerite (service de M. Triboulet), une petite tille de deux ans et demi, nommée Marie S...
Cette petite fille a été élevée au sein par sa mère jusqu'à l'âge de neuf mois. La première dentition s'est effectuée sans présenter aucun phénomène anomal.
Elle a toujours été aphone depuis sa naissance, elle a toujours eu la respiration un peu gênée, et elle toussait de temps en temps ; depuis deux mois ces symptômes ont pris plus d'intensité, et il y a eu en outre des accès de suffocation qui se manifestent le soir; dans l'intervalle de ces accès, l'enfant s'est bien portée, les fonctions digestives ont conservé toute leur intégrité.
État actuel. — Sa respiration est haute, fréquente, accompagnée d'un sifflemenl laryngé-trachéal sourd, étouffé, mais ayant cependant un certain degré de rudesse.
L'enfant est complètement aphone, et présente par instants une toux rauque, sèche, un peu stridente, comme la toux croupale.
La conformation du thorax est excellente; la percussion n'y démontre rien d'anomal, et l'auscultation permet de constater seulement un affaiblissement assez notable du murmure vésiculaire qui parait d'ailleurs avoir conservé toute sa pureté ; le cœur n'offre aucune modification tant dans son rhythme que dans ses bruits.
L'examen de la gorge ne fournit que des signes négatifs, et nous ne constatons aucun engorgement ganglionnaire voisin.
La peau est un peu chaude et moite; le pouls marque 11(3 à la minute.
Pendant l'examen de la petite malade, ce matin, à cinq heures, il y a eu un accès de suffocation assez intense avec teinte violacée de la face.
Des accès de suffocation se produisirent à chaque instant; ils furent bientôt compliqués de pneumonie et l'état devint si grave, qu'on crut devoir faire ta trachéotomie.
La mort eut lieu quelques heures après, et, en outre des lésions de la pneumonie, on trouva dans le larynx les lésions suivantes :
En regardant son orifice supérieur, on voit qu'il est presque complètement obstrué par des grumeaux blanchâtres, caséiformes, que l'on enlève facilement avec la pince et qui ne sont autre chose que des débris de la végétation dont nous allons parler. Le larynx, ouvert par une incision faite sur sa face postérieure, nous montre que sa cavité est remplie presque en totalité par une tumeur mamelonnée en forme de chou-fleur, d'aspect blanchâtre et de consistance assez ferme. Cette tumeur, du volume d'une petite noisette, présente un diamètre vertical de 7 millimètres et un diamètre antéro-postérieur de 8 millimètres; elle est insérée sur toute la longueur de la corde vocale inférieure gauche et un peu au-dessous par un large pédicule allongé d'avant en arrière et aplati de haut en bas. On voit des petites saillies d'aspect rosé, arrondies et grosses comme la tête d'une épingle, continuer la tumeur sur la commissure glottique postérieure et un peu sur la corde vocale supérieure.
Le ventricule correspondant est sain, mais son orifice est masqué par la tumeur. Sur la face postérieure de l'épiglotte, on aperçoit une petite plaque mamelonnée d'aspect rosé , et sur la corde vocale inférieure droite on voit de toutes petites saillies comme papillaires qui sont appréciables au toucher.
(1) Bouchaud, Bulletins de la Société anatomique, 1862.
(2) Dufour, Gazette médicale, 21 octobre 1865.
EOUCHUT. — NOUV.-NÉS. — 7e ÉDIT. 22
3o8 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE.
L'exailien microscopique l'ait avec M. Legros>, el confirojé par H. Cli. Ilobin, démontre Ja nature épithéliale de la tumeur, qui esl constituée par un»' prolifération des cellules épithéliales pavimenteuses qui existent normalement sur la face interne des cordes vocales; seulement ces cellules pavimenteuses, qui constituent la tumeur, sonl plus volumineuses et leur noyau est également plus gros; quant aux petites saillies qui sont sur la face postérieure de l'épiglotte où l'épithélium est normalement cylindrique, ('lies sont aussi constituées histologiquemenî par une agglomération de cellules épithéliales pavimenteuses semblables aux précédente .
Dans ies deux endroits, c'est-à-dire sur la petite plaque mamelonnée de l'épiglotte ii ur 1<; tumeur, l'arrangement des cellules est le même : elles constituent parleur ensemble des saillies, de forme conique, à sommet arrondi, qui ressemblent tout à fait à des papilles.