ASTHME
L'asthme débute tout à coup, souvent la nuit, quelquefois le jour, par un accès d'étouffement qui tient les enfants assis dans leur lit, respirant avec peine, pales ou livides, à demi suffoqués et faisant entendre à distance un sifflement bronchique plus ou moins caractérisé. Cet état dure une ou plusieurs heures, s'améliore peu à peu et disparaît entièrement sans laisser de traces ou en donnant lieu à une expectoration mucoso-purulente qui dure quelques jours. Il se reproduit plus ou moins souvent pendant une ou plusieurs années, selon la cause du mal, et il peut rester tout à fait, passer à l'état chronique ou entraîner la mort au milieu de l'accès.
J'ai été consulté pour des enfants qui, ayant un asthme avec emphysème pulmonaire et de la bronchite chronique, ont conservé ce mal jusqu'à l'âge adulte. J'en ai vu guérir tout à fait, mais j'en ai connu d'autres qui ont succombé.
Au milieu de l'accès, le visage, pâle ou livide, exprime l'angoisse, la douleur et l'effroi, il est souvent couvert de sueur et les extrémités sont froides. La peau est parfois insensible. Le pouls est assez fréquent, autant par émotion que par la lièvre, et, à l'auscultation, le murmure vésiculaire est très-souvent couvert par des raies sibilants, sonores ou humides, et crépitants, plus ou moins nombreux.
Rien n'est difficile comme le diagnostic de l'asthme chez les enfants, car la maladie n'est jamais qu'un symptôme : 1° de la compression des bronches ou du nerf pneumogastrique par des tumeurs tuberculeuses ou par des abcès du médiastin ; 2° de la tuberculose pulmonaire ; 3° de la bronchite chronique avec emphysème des poumons; 4° des tumeurs du thymus comprimant la trachée; 5° enfin des maladies organiques du cœur. Toutefois avec beaucoup d'attention et, sauf quelques cas rares, on arrive à triompher des difficultés que présente ce diagnostic.
Le traitement de l 'asthme est très-compliqué et se compose de deux indications l'une relative à l'emploi des moyens exigés par la cause du mal, et l'autre qui a trait aux moyens à employer pour combattre l'état spasmodique de la maladie.
Les moyens qu'il faut opposer à l'emphysème des poumons, à la phthisie pulmonaire, ii la phthisie bronchique, diffèrent peu de ceux qu'il faut conseiller aux maladies du thymus et aux maladies du cœur. Je ne parlerai ici que du traitement de l'asthme en lui-même, ou plutôt de l'état spasmodique des bronches qui le constitue, lorsqu'il dépend de la bronchite chronique, de l'emphysème et de l'adénite bronchique. L'asthme cardiaque est indiqué plus haut.
Au moment des étouffements subits de l'asthme, il faut donner :
De l'hydrate de Moral 1 à ^ et 3 grammes en une fois dans de l'eau sucrée, selon l'âge des enfants.
Faire brûler une feuille de papier nitrê dans la chambre des malades, ou faire fumer des cigarettes de datura stramonium et des cigarettes Espic.
Du sirop de goudron, du sirop th y inique, du sirop phenique, de Y état i ne, du Sirop de tolu et tous les résineux ou balsamiques connus.
Des bains (Fait- comprimé ou raréfié pendant une heure tous les jours.
Du sirop d'èther <>u de chloroforme par grandes cuillerées.
Donner de la teinture de lobé-lie enflée, vingt gouttes dans une potion à prendre par cuillerées toutes les heures.
Prescrire le foie de soufre, 50 centigrammes dans une potion par cuillerées toutes les heures.
Donner de Valcoolature d'aconit, I à 2 grammes dans une potion à prendre pat
cuillerées toutes les heures.
Toucher légèrementle pharynx avec un pinceau à peine mouillé d'ammoniaque
Donner, selon l'âge des enfants, ± à 10 centigrammes d'opium en pilules ou en potion tous les jours.
Ao'2 PATHOLOGIE SPÉCIALE DE LA PREMIÈRE ENFANCE.
Donner v2 à 10 centigrammes d'extrait de belladone, de jusquiame ou de datura stramonium en pilules ou en potion.
Faire vomir avecVipécacuanha ou avec le tartre stibié s'il n'y a pas de maladie organique clans le cœur.
Donner de la liqueur d'Hoffmann 2 à 4 grammes, du sirop d'étker 30 grammes, ou de sirop de chloroforme à la même dose.
Appliquer des sinapismes aux membres inférieurs, des vésicatoires aux cuisses ou à la poitrine.
Enfin, prescrire l'usage des eaux du Mont-Dore ou de Royal en boisson et en inhalation, puis le séjour du Midi pendant l'hiver.