‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 184 sur 472 · APOPLEXIE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

APOPLEXIE PULMONAIRE

L'apoplexie pulmonaire, considérée comme maladie primitive, est rare chez les enfants ; mais à partir de dix ans on en observe des exemples qui ne diffèrent pas de ceux qu'on observe chez l'adulte. Elle est excessivement rare chez le nouveauné. Je n'en connais qu'un exemple publié par Budin et je vais le reproduire.

Un enfant de 2,200 grammes, né sans difficulté, offrit au troisième jour de sa naissance de l'œdème aux membres inférieurs; en même temps, ses extrémités étaient cyanosées, et il respirait plus fréquemment.

Le lendemain au matin, il présentait les mêmes symptômes ; de plus, la face était un peu violacée; les mains, les pieds étaient froids. Il avait bien tété depuis la veille, ses fonctions digestives paraissaient bonnes. On ne trouva aucun symptôme anormal, ni à la percussion, ni à l'auscultation du cœur et de la poitrine.

Le soir du même jour, après avoir encore pris le sein plusieurs fois dans la journée, l'enfant succomba.

Les deux poumons étaient le siège d'hémorrhagies par infiltration multiples. Le lobe supérieur du poumon gauche présentait un noyau hémorrhagique ayant envahi le tiers de son étendue environ, et qui partant de la superficie, s'enfonçait jusque près du bile. Dans le reste de ce lobe et dans le lobe inférieur du même poumon, on trouvait un grand nombre de petites hémorrhagies disséminées à la surface et ayant la forme des lobules.

Le poumon droit était le siège d'altérations semblables ; près de la moitié de son lobe supérieur était envahie par l'infiltration sanguine; dans tout le reste de l'organe, il existait un grand nombre d'hémorrhagies beaucoup moins considérables.

Il n'a été possible de trouver aucune lésion dans les autres parties du corps. Le péricarde et le cœur étaient absolument sains. Le foie était congestionné, la rate avait son volume à peu près normal. Les reins étaient gorgés de sang, mais n'offraient aucune hémorrhagie; l'estomac et l'intestin étaient sains. Les méninges, le cerveau, le bulbe, la moelle, n'étaient le siège d'aucune lésion.

Il n'a pas été possible de trouver la cause de cette apoplexie pulmonaire, vraiment considérable comme étendue.

Il y a une autre forme d'apoplexie pulmonaire bien plus commune chez les enfants nouveau-nés et de la seconde enfance, c'est l'apoplexie pulmonaire consécutive à la diphthérite, au croup, aux maladies typhoïdes et septicémiques accompagnées d'endocardite végétante. Celle-là je l'ai décrite. en l'article Diphthérite et Crolp. Je n'ai pas à y revenir ici.

VICES DE CONFORMATION DU CŒUR. ï~>o

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