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CHAPITRE III

La cyanose des nouveau-nés est caractérisée par une coloration bleuâtre des téguments, due à la gêne de la circulation veineuse et au mélange du sang artériel et veineux. C'est la cyanose cardiaque ou maladie bleue. Elle se développe quelques jours ou au plus tard un mois après la naissance ; pa^sé cette époque, la cyanose est très-rare chez l'enfant, et survient d'une manière accidentelle à la suite de circonstances particulières qui rendent le cœur malade, et déterminent la communication anormale de ses cavités, ou une très-grande gène de la circulation.

La cyanose est héréditaire comme les lésions organiques qui la provoquent, et on la rencontre beaucoup plus souvent chez les individus du sexe masculin que chez les autres.

Chez le jeune enfant, la cyanose résulte toujours de la gène de la circulation veineuse, et du mélange des deux sangs causé par les diverses altérations organiques du cœur que j'ai indiquées précédemment, à propos des vices àz conformation de cet organe. On trouve assez habituellement une communication des oreillettes parle trou de Botal ou une communication des ventricules. C'est le cas le plus ordinaire et qui est le mieux compatible avec l'entretien de la vie, mais ailleurs c'est un rétrécissement de l'artère pulmonaire avec persistance du trou de Botal ou communication des ventricules.

symptômes. — La cyanose s'annonce par une coloration bleuâtre des lèvres, de la face et des extrémités, qui envahit toute la surface du corps, et augmente avec les cris et par les efforts de l'enfant. Elle s'accompagne de tendance a la s\ncope, de défaillances et de paroxysmes dans lesquels la peau devient livide et où la mort semble imminente, il y a une grande tendance au refroidissement. Les conjonctives sont injectées, les yeux proéminents; la respiration calme, mais gênée dans ses mouvements; les battements du cœur assez forts, avec ou sans frémissements vibratoires et accompagnés de souffle plus ou moins prononcé.

En même temps que la peau est bleuâtre, la choroïde est très-injectée et les veines de la rétine plus nombreuses et plus dilatées que de coutume. Cela se voit

CYAK S - NOUVEAU- .

à lopbtha - Dans ces cas (4), œil est extrêmement curî r. La

papili- >>r rougi , très- - inesflexiie sesl ges, tres-n . ses,

et le fond de l'œil est n- «initie. — Cet état correspond à une hyperhémie cérébrale le la substance gris si g - semblable

a la substance blanche devenue Ihri

- Peacock. sur 150 cas de I - igénkale du cœur d nre,

s - nt en un h ment plu- toins - trifice

de l'artère pulmonaire. Sur ces s, 28 avaieut dépassé quinze ans. et sur

s 28, était 24 atteints stegnose. 1 suite que, en cas de dia-

i - génitale, surtout s stâg s teans,

ou peut la supposer arec la | s g le probabilité dans l'artère pulmonaire. On entend alors a la hauteur du mamelon, entre lui et le sternum, un fort bruit - tolique. qui se propage surtout dans la direction de cette artei - -dire de la

s du cœur vers le milieu de la dai ins la partie supérieur-

du sternum. S ss - sidérable, il est gné le plus

it dune perforation de la cloison interveiitrieulaire. et l*a it son sang

des deui ventricules. Alors il peut exister dans l'aoïle ascendante un bruit systonque qui modifie les antres à% s. Ordinairement dans ce cas. cette artère st 1 grande, et par s ction sur les valvules il - ut peudant la diastole un

second bruit clair, sensible surtout à la partie su; In sternum. A côté «3

symptômes on trouve ceux dune hypertrophie avec dilatation du cœur dr : flux veineux dans la jugulai:

-qu'on a reconnu une coarctation de 1 [limonaire, on peut

admettre en même temps une ouverture dans la cl s rventriculaire ou la

non-oblitération du trou ovale, car Tune ou lautr. s lésions

nt. 1/aut ss g ter h

s signes - :it que i s-g s; quant à la

■maître aucun moyen de la di>ti*. âtivement, ainsi que

les aur s lésions

iquefois il y a de la dyspnée et de véritabk - es sull tiou intermitss int d'une manière subite, ou quelquefois provoqué par une agitation s; il y a de la tendance aux faiblesses étalas - , s rent interrompu pai - ils en sursaut; la chaleur est faible et la température a

S r un jeune enfant soumis - les choses s - taient ainsi

que y 1 n'y avait pas de matité et la main sentait a b région pi

un faible ss ment vibratoire san> que l'oreille entendît un soufl&V

- mdant bien s .Ce bruit ai: s sais

- . r l'enfant Dans d Ires s, que de la se. g - - nul bruit i

■ iable à la région du « œur ce qui s'etptiqn

.Dans - neiit de l'orifice artériel

pulmonaire il y a toujours un bru ^

s suivant :

kTIOW. — ' • cinq mois qui me fut

: ii* Verneui I rfaitement

caractérisés, il y avait en outre, de la matib ir. un frémissement

vibratoire intense, et un bruit du souffle à la poi: irant le premier

:r mon Atlas tfophlhalmoscopie.

- v k, \rmdf. Kindurknnkkeittn, 1856, n- 5 d

liruit du cœur. A force de soins, et à l'aide d'un régime végétal et lacté, L'enfoui a vécu jusqu'à l'âge de cinq ans ; elle resta un peu cyanosée, les accès de suffocation avant presque disparu, mais le souffle précordial persista toujours. Elle est morte de fièvre typhoïde avec complication d'apoplexie pulmonaire. La nécropsie n'a pu être pratiquée.

Dans un autre cas de cyanose par rétrécissement de l'artère pulmonaire produite par l'agglutination des valvules réunies qui forment quelque chose comme le méat urinaire d'un petit gland d'enfant. Il y avait insuffisance tricuspide et large perforation de la cloison ventrieulaire d'où un souille très-intense au niveau du sternum. L'observation et la pièce ont été présentées de ma part à la Société anatomique en 187.").

La cyanose des nouveau-nés qui résulte de l'embarras de la circulation veineuse et du mélange des deux sangs, et qu'on peut appeler la cyanose cardiaque, doit être distinguée de la coloration bleuâtre des téguments qui survient quelquefois dans l'asphyxie par la bronchite capillaire ou catarrhe suffocant, et dans certaines maladies convulsives, lorsque le cerveau ou le pneumo-gastrique sont comprimés. Ces colorations bleuâtres constituent des cyanoses accidentelles, peu marquées, généralement de courte durée, et qu'on désigne quelquefois sous le nom de cyanose pulmonaire et de cyanose encéphalique. Ces sortes de cyanoses ne ressemblent point à la cyanose cardiaque. Cette dernière vient graduellement après la naissance ; elle est permanente et augmente un peu tous les jours. La dyspnée n'existe pas toujours, ou n'existe que par accès, et elle n'est jamais la conséquence des mouvements convulsifs .

Diagnostic. — La cyanose qui s'accompagne de souffle à droite du sternum et à l'appendice xyphoïde avec frémissement vibratoire dépend d'un rétrécissement de l'artère pulmonaire. Celle qui n'a qu'un faible bruit de souffle au niveau des membres ou qui n'a pas de souffle, dépend d'une persistance du trou de Botal.

Je ne parle pas ici de la cyanose pulmonaire produite par un catarrhe suffocant suite de bronchite capillaire, maladie aiguë anesthésique promptement mortelle, ni de la cyanose cérébrale produite par une lésion des pneumo-gastriques, ni de la cyanose du nitrate d'argent. Ces cas n'ont absolument rien de commun avec la cyanose cardiaque que je viens de décrire.

Pronostic. — La cyanose des nouveau-nés doit donc être considérée comme un phénomène fort grave, eu égard à sa cause organique. Elle présage de nombreux accidents pour l'avenir, une faiblesse de santé très-grande, un état morbide continuel, entrecoupé de palpitations, d'étouffements et de syncope avant d'arriver lentement à la mort. C'est, comme on le voit, un des plus inquiétants phénomènes qu'on puisse découvrir chez un individu. Cependant, si la plupart des sujets succombent de bonne heure, quelques-uns, en petit nombre, peuvent vivre; j'en ai vu un parvenir a l'âge de onze ans ; il y en a qui vivent jusqu'à vingt, trente et même cinquante-sept ans, d'après .T. P. Frank. On en a vu guérir, dit-on, à la suite d'une hémoptysie, mais ce cas est encore plus rare et devait être interprété autrement qu'on ne l'a fait.

Peacock a cherché d'après les faits connus a établir les chances de viabilité des enfants atteints de cyanose d'après la nature des lésions congénitales du cœur. Sans être arrivé a des résultats bien concluants, il y a dans ses recherches un intérêt considérable et je vais en donner le résumé :

Si l'irrégularité de structure du cœur est petite, par exemple, s'il n'existe qu'une ou deux petites ouvertures dans la cloison interauriculaire ou interventriculairc, elle est de peu d'importance. Il n'en est pas de même dans le cas contraire. Quand

l'artère pulmonaire est atteinte (l'une stegnose moyenne, sans perforation de la cloison et sans autre anormalité, des contractions plus énergique du ventricule droit peinent suffire pour vaincre la résistance de cet obstacle et amener une bonne santé. Dans le cas de Hamillon Roe, il s'agit d'un messager rural parvenu à l'âge de trente ans; dans celui de Graham, c'était un homme mort à quarante-quatre ans et qui avait travaillé jusque six semaines avant la mort, soit comme batelier, soit comme ouvrier du chemin de fer.

Quand le trou ovale est ouvert, l'orifice de l'artère pulmonaire est ordinairement plus rétréci que dans le cas précédent, la vie doit donc avoir moins de durée. Il existe néanmoins d'assez nombreux exemples d'une certaine longévité. Ainsi 9 malades ont atteint l'âge de 15 ans et au delà; 4 autres celui de 29, 34, 40, 57 ans.

Lorsque avec le rétrécissement de l'orifice de l'artère pulmonaire il existe en même temps une perforation de la cloison interventriculaire, de sorte que l'aorte est plus ou moins en communication avec le ventricule droit, la vie est plus courte. De 40 malades de cette catégorie, 15 seulement ont dépassé 15 ans, sur lesquelles 2 ont atteint la 16e, 1 la 18e, 2 la -20e, 3 la 21e, 4 la 22e, 1 la 23e et 2 la 25e année.

Sur 29 cas où l'artère pulmonaire était oblitérée, 9 malades sont morts avant le ;> mois, 2 entre le 3e et le 6e mois, 3 entre le 6e et le 12e, 3 entre 1 et 2 ans, 2 a la 10e et un à la 12e année. Deux autres enfants sont morts au 9e et au 11e 1/2 mois. Dans le cas de Ramsbotham, où l'artère était notée comme manquant tout à fait, elle existait, mais à l'état rudimentaire, et le malade atteignit la 10e année.

Quand le cœur ne consiste qu'en un ventricule avec une ou deux oreillettes, la vie ne peut consister que peu de temps. Dans 1 1 de ces cas à deux oreillettes, la mort est survenue l fois à- la naissance, 1 fois au 2e, 1 fois au 11e jour; 4 fois la 6e, la 10e, la 17e et la 21e semaine. Chose remarquable, les 4 autres devinrent âgés de 11, 16, 23 et 24 ans. Le malade du docteur Hare atteignit le 20e mois. Dans 5 cas à un ventricule et une oreillette, la vie ne s'est prolongée que jusqu'à la 78e, la 79e heure, le 7e, le 10e jour, et le 10e, 1/3 mois; mais chez ces deux derniers, le cœur était plus développé que chez les autres.

Ces données ne peuvent être regardées comme loi ordinaire de la vitalité, parce que tous les malades qui ont dépassé le premier temps de la vie sont de véritables curiosités, bien reconnues, tandis que sur la foule d'enfants qui meurent à la naissance, ou peu de temps après, il en est certainement beaucoup d'atteints de ces lésions, mais ignorés, faute d'autopsie. La seule conclusion positive à en tirer est celle-ci : que la vie est d'autant plus courte, que l'obstacle à la circulation est plus considérable, et qu'il n'existe peut-être pas de lésion, quelque grave qu'elle soit, qui soit absolument incompatible avec une existence plus ou moins prolongée, même pendant des années.

Dans les autres lésions du cœur et des grosses artères qui en naissent, la vitalité dépend du degré et des complications de la lésion. .Nous noierons seulement la transposition des artères aorte et pulmonaire, qui ne permet pas une longue durée de la vie. Sur \i\ enfants ainsi conformés, 3 moururent dans la \ , I dans la 2e, 1 dans la 3 semaine, 2 après 2 mois, 2 après 10 semaines, I après 5, 1 après 7,

1 après 10 mois; les i autres vécurent 15 mois, I ans 6 mois, 2 ans 7 mois, et

2 ans 9 mois.

Traitement. — La cyanose d.'s noii\eau-nés, qui dépend ainsi de la communication des cavités du cœur et du mélange des sangs;, est une affection qui ne peut guérir qu'avec le temps, par suite des efforts de la nature, et si l'oblitération des

ouvertures fœtales vient à s'effectuer. En conséquence, il n'y a lieu de lui opposer aucun traitement actif. Il convient seulement de régler le régime des enfants, de ne leur donner à teter que toutes les trois heures, de ne pas les tenir dans un lieu trop échauffé, de ne pas les agiter violemment, et s'ils vivent, de ne pas exciter leur joie par des moyens brusques et fatigants. Il faut les laisser teter jusqu'à deux ou trois ans, et ensuite ne leur donner que du lait, des légumes en purée et des fruits. On ne doit pas les laisser refroidir, car on sait qu'ils ont une grande tendance au refroidissement. Il faut en outre leur donner du sirop de lauriercerise 10 gouttes pour 00 grammes de sirop, deux cuillers à café par jour, ou bien du sirop de digitale 8 à 10 gouttes dans de l'eau matin et soir, tenir le ventre libre à l'aide de légers purgatifs administrés à des intervalles peu éloignés.

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