‹ Traité pratique des maladies des nouveau-nésChapitre 189 sur 472 · HYPERTROPHIE DL' CŒUR · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE DL' CŒUR

oreillettes sont fort épaissies, celles des ventricules sont hypertrophiées; elles ont I centimètre d'épaisseur.

La cloison ventriculaire a -j centimètres de hauteur et 15 centimètres d'épaisseur à la pointe du coeur.

En enfonçant un stylet dans la fosse ovale, il pénètre dans l'oreillette du côté opposé à l'orifice du trou de Botal qui a conservé 1 centimètre de diamètre.

La cloison ventriculaire va en diminuant d'épaisseur du sommet des cavités ventriculaires à leur base; elle cesse d'exister à 2 centimètres environ de la paroi inférieure des oreillettes interceptant ainsi entre les deux ventricules un orifice anormal de 2 centimètres de diamètre.

L'artère pulmonaire n'offre point d'altérations de ses valvules; elle a la consistance d'une artère.

L'aorte à la base du cœur et à sa sortie du ventricule gauche a 15 centimètres de diamètre; celte artère entre normalement dans le ventricule gauche.

A la suite du développement incomplet de la cloison ventriculaire, l'aorte se trouve à cheval sur 1rs deux ventricules. Elle correspond donc an ventricule gauche d'une part, et d'autre part pénètre dans le ventricule droit en côtoyant la valvule tricnspide.

Le- valvules sigmoïdes sont saines. Les valvules auriculo-ventriculaires sont à l'état normal. Le thymus est fort petit. Les poumons sont refoulés ; ils sont un peu congestionnés, affaissés; ils reprennent par l'insufflation leur volume et leur normaux.

Toutes le> hypertrophies du cœur dont je viens de parler sont le résultat de vices de conformation, et ont leur point de départ dans la vie intra-utérine.

En voici une plus curieuse, et qui s'est développée probablement après la naissance.

Observation IL — Une fille de huit mois et demi entra à l'hôpital Necker pour une pneumonie fort ancienne : elle mourut au bout de huit jours.

Autopsie. — Outre les nombreuses altérations du parenchyme pulmonaire on trouva de nombreuses adhérences des plèvres, et le péricarde énormément dilaté pour contenir le coeur, dont les dimensions étaient considérables.

Cet organe avait environ trois fois le volume du poing du sujet. Les parois du ventricule étaient fortement épaissies, et la cavité ventriculaire notablement diminuée. Les orifices étaient libres.

Le ventricule droit ne présentait aucun épaississement de ses parois, ni aucune altération dans les diamètres de sa cavité. C'était donc, comme on le voit, une hypertrophie concentrique du ventricule gauche.

Les symptômes qui pouvaient faire reconnaître cette affection étaient, d'une part, l.i voussure énorme de la région précordiale, et le timbre des battements, qui étaient assez forts, mais peu retentissants et assez éloignés de l'oreille. Us étaient d'ailleurs difficiles à entendre, tant à cause du bruit de la respiration que d< s mouvements el des cris de l'enfant, fort agitée par l'exploration dont elle était l'objet.

J'ai vu, en 1855, un autre exemple d'hypertrophie du cœur à l'hôpital Sainte- Eugénie, cbe/. un enfant de deux ans; mais avec l'hypertrophie des ventricules existait un bruit de souille au niveau de l'origine de l'aorte suis dyspnée ni cyanose. C'était une hypertrophie avec rétrécissement de l'orifice aortique <l<>nt je ne pus découvrir ni l'âge ni la cause occasionnelle.

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